En construction 

  

     DE LA STRUCTURE

         DES FLEURS

 Forme et évolution de nos fleurs familières

          Mouron rouge                                   

TABLE DES MATIÈRES

Introduction

Les fleurs trimères

      Les Liliales

      Les Asparagales     

      Les Lis "évolués"

      Les Orchidées 

Les fleurs pentamères

      Les Ranunculales

      Les Rosidées

      Les Astéridées

La stratégie des inflorescences

      Les fleurs en ombelles

      Les fleurs composées

      La radiation périphérique

      L'euphorbe

Les ancètres introuvables  

Index  

  

Introduction  

Rousseau

La botanique est l’étude d’un oisif et paresseux solitaire.Il se promène, il erre librement d’un objet à l’autre, il fait la revue de chaque fleur avec intérêt et curiosité, et sitôt qu’il commence à saisir les lois de leur structure, il a à les observer un plaisir sans peine aussi vif que s’il lui en coûtait beaucoup.                                   

Les rêveries du promeneur solitaire. J. J. Rousseau. 1782.   

On peut ne pas être d’accord avec les idée sociales de Rousseau mais ce dernier était bon botaniste et enseignait cette science aux marquises. A son exemple, si l’on peut dire, nous avons voulu attirer l’attention du lecteur sur ce qu’il nommait les lois de la structure des fleurs, lois qui n’intéressent manifestement pas nos contemporains car pour la plupart d’entre eux les fleurs ne sont que des tâches de couleur, éventuellement parfumées.  

L’architecture des fleurs 

Dans la mesure où l’on considère une fleur comme un édifice structuré, il est raisonnable de parler ici d’architecture. Et pourtant, cet édifice est un ensemble d’organes sexuels. Contrairement aux animaux chez lesquels ces derniers sont informes et peu esthétiques, chaque fleur obéit à des règles géométriques particulières qu’il est enrichissant d’étudier même si le pourquoi de cette disposition nous échappe encore totalement. 

Pour voyager parmi les fleurs sans trop se perdre, nous proposerons au lecteur deux lignes directrices lui permettant de s’orienter, un peu comme un guide touristique mentionne les styles visibles dans une église (roman, gothique, baroque, ..),  tout en indiquant par quelle évolution a pu se faire le passage de l’un à l’autre, ce qui se fait aussi en histoire de l'art.  Comme disait Charles Darwin en 1859 : La morphologie (....) est l’une des parties les plus intéressantes de l’histoire naturelle, et l’on peut presque dire qu’elle en est l’âme.   

             Le nombre des pièces florales 

Le premier fil d’Ariane, car il s’agit bel et bien d’un labyrinthe, concerne le nombre de pièces visibles dans une fleur (pétales, étamines, etc..). Nous verrons se dégager deux types dominés l’un par le nombre trois, l’autre par le nombre cinq. 

Ces fleurs sont ainsi dites trimères et pentamères.

            Les inflorescences 

Le second fil d’Ariane concerne l’évolution des inflorescences. Les fleurs solitaires, comme la tulipe des fleuristes sont extrêmement rares; elles ont plutôt tendance à se grouper en inflorescences plus ou moins compactes. Nous nous efforcerons dans ce cas d’attirer l’attention du lecteur sur un phénomène extraordinaire qui fait que des fleurs minuscules et nombreuses finissent souvent par s’assembler en imitant une grande fleur solitaire. La marguerite en est l’exemple classique.   

L’arbre généalogique des fleurs 

Depuis bien longtemps, les botanistes se sont évertué à classer les plantes à fleurs en fonction de l'un ou l'autre critère plus ou moins visible. C'est ainsi que ces plantes ont été subdivisées (et le restent) en fonction du nombre de cotylédons (premières feuilles) observés au début de la germination. On parle ainsi de monocotylédonées (monocots) et dicotylédonées (dicots).

Cependant, comme nous ne nous préoccupons ici que du nombre de pièces florales nous les avons subdivisées d'office en fleurs trimères et pentamères, division qui recouvre à quelques notables exceptions près la division classique en monocts et dicots.  

Depuis moins d'une dizaine d'années, les botanistes ont réussi à étudier en profondeur la cellule végétale (en particulier les ribosomes et les chloroplastes). Le classement que nous présenterons dans cet ouvrage se base sur les travaux les plus récents. Le lecteur ne s’étonnera donc pas trop si ce classement des plantes à fleur ne correspond en aucune manière à celui de ses encyclopédies. Dans cet arbre, nous nous sommes permis d'éliminer les groupes (ordres) de plantes rares ou aux fleurs insignifiantes.

Arbre ok

A la fin de l'ouvrage, un index reprend pour chaque fleur habituellement connue la famille et l’ordre (famille étendue) dans laquelle elle est actuellement classée, ainsi que quelques considérations qui auraient alourdi l'exposé.  

Nous avons essayé de convaincre le lecteur que, pour sentir en profondeur la vérité de l’évolution, il n’est nullement nécessaire de se rendre dans un musée pour admirer les squelettes des dinosaures ou le crâne de nos ancêtres. A nos pieds, les fleurs les plus banales nous montrent à l’évidence ce prodigieux phénomène.  

 LES FLEURS TRIMERES  

Le chiffre trois est fort présent dans notre culture, mais existe aussi dans la nature. 

Une de ses plus belle représentation se trouve dans les cristaux de neige sous la forme de divers multiples de trois. 

Pour les voir se former: http://dailygeekshow.com/2014/03/01/contemplez-la-naissance-eblouissante-des-flocons-de-neige-au-microscope/  

  Neige

  LES LILIALES 

Les liliales forment parmi les fleurs trimères un ordre de fleurs fort ancient. Elles sont très connues chez nous pour leur taille et leur beauté, les plus typiques étant le lis et la tulipe.

Le lis

Pour entrer dans l’intimité des fleurs trimères, il convient d’en choisir une qui soit à la fois aisément disponible, de grande taille et bien structurée; si elle est belle, cela ne gâte rien. Dans cet esprit, le Lis (Lilium) est à nos yeux la fleur idéale. Nous conseillons donc au lecteur de se rendre chez le fleuriste le plus proche et de lui acheter une branche de lis (inutile de trop investir). S’assurer qu’il n’a pas enlevé les étamines sous prétexte que le pollen tâche les vêtements (ce qui est vrai). 

Ce qui frappe au premier regard dans la fleur du lis, ce sont évidemment ses six grands pétales.     

             Lis asiatique mont blanc r00010330587 0    Evolution

Au centre de la fleur, l’on remarque sans peine six étamines entourant une sorte de pilon, le pistil (du latin pistilla :pilon) 

Un simple coup d’oeil montre que les six pétales forment en réalité une double enveloppe constituée de trois pétales intérieurs et trois pétales extérieurs, ce qui saute aux yeux si l’on observe la fleur en bouton. Il en est de même, quoique de façon moins évidente, pour les six étamines qui sont disposées sur deux cercles concentriques imaginaires que les botanistes nomment cycles. Les étamines vont ainsi par trois, comme les pétales. 

Placé au centre de la fleur, le pistil est en réalité l’ensemble de trois organes femelles accolés et soudés formant l'ovaire Ces organes sont des sortes de feuilles repliées, les carpelles (de karpos: fruit), effectivement destinés à devenir le fruit si tout se passe bien. L’on remarque que chaque carpelle se termine par un lobe gluant, l’ensemble des trois lobes constituant le stigmate. Cette disposition se remarque encore mieux lorsque la fleur se transforme en fruit.     

La tulipe

Les nombreux cousins et cousines du lis sont bien connus. Chez sa sœur la Tulipe (Tulipa), on peut regretter que la sélection des horticulteurs ait souvent donné à cette fleur superbe une allure de "tulipe" autrement dit généralement fermée. Pour l’observer, il vaut mieux se tourner vers celles que l’on qualifie curieusement de “botaniques ». On remarquera, par rapport au lis, que les stigmates sont immédiatement superposés à l’ovaire.

        Tulipe         Pistil  

 

Une trimérie parfaite

Des fleurs bien moins connues méritent un coup d’œil car même leur nom  évoque parfois la trimérie.   

Le Trillium est une plante des sous-bois humides, malheureusement presque introuvable dans nos pays, simplement parce qu’elle y est rarement commercialisée.  Imaginons une tige unique, un peu comme celle de la plupart des tulipes, développant trois feuilles en étoile. Cette tige se termine par une fleur possédant trois pétales verts, trois pétales colorés, six étamines et un pistil à trois stigmates. C’est Linné qui lui donna son nom; il ne pouvait mieux dire, car c'est chez les plantes le triomphe du chiffre 3.  

 Images 43   Red trillium 27527

Le Tricyrtis est une plante d’ombre que l’on peut se procurer en jardinerie. On le nomme aussi “lis crapaud” (toad lily), sans doute à cause de ses fleurs généralement finement tigrées de mauve qui fleurissent en automne. Beaucoup de personnes la prennent pour une orchidée, ce qui n’est pas du tout le cas bien que comme chez ces dernières pistil et étamines forment une sorte de colonne

Les 3 pistils fourchus se présentent devant les 6 étamines rabattues vers le bas. Son nom botanique lui vient du fait curieux que la base des trois pétales extérieurs se termine en forme de glandes (cyrtos). 

Macro tricyrtis x tojen 

LES ASPARAGALES

L'ordre des Asparagales regroupe des fleurs apparemment plus récentes que le lis car on y voit l'évolution en oeuvre dans des directions diverses. 

Le narcisse (Narcissus) 

 On connaît le Narcissedont les espèces à fleur jaunes sont les jonquilles.  Ici, au centre de la fleur se présente une sorte de couronne.  

 Nar

Certaines espèces de narcisses montrent des tendances évolutives marquées montrant que la fameuse couronne n'est qu'un ensemble de 6 pétales soudés. De plus le nombre d'étamines se réduit parfois à trois.

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Chez le narcissus viridis, se remarque la même tendance. De plus les pétales sont verts révélant la vraie nature des pétales, à savoir des feuilles.

 Narcissus viridiflorus

L'hymenocallis 

Chez l'Hymenocallis ou Ismene, très proche du Narcisse, la couronne n'est qu'une membrane (hymen) ("lis araignée").    

     Images 50

 Le Tigridia 

 Le Tigridia ou oeil de paon est une superbe fleur tachetée de 10 cm de diamètre malheureusement introuvable chez le fleuriste car sa fleur ne dure qu'un jour. L'évolution a fait disparaitre trois des étamines. Ici, le pistil à trois stigmates et les trois étamines rescapées forment une colonne, comme chez le tricyrtis.  

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L'Iris

La fleur de l’Irisqu’on trouvera chez le fleuriste, mais surtout dans les jardins ou à l’état sauvage au bord de l’eau, a subi une évolution disons “ très poussée”. Une vue de face n’en donne malheureusement aucune idée si ce n'est sa fixation sur le chiffre trois. Le lecteur doit prendre cette fleur en main et la décortiquer car aucune photo ne peut montrer la disposition interne qui est la suivante:

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Les trois pétales intérieurs sont dressés, contrastant avec les trois extérieurs largement étalés. L’on remarque, appliqué contre chacun de ces derniers, ce qui semble être un pétale supplémentaire. Il n’en est rien. Il s’agit en réalité des trois stigmates du pistil mais transformés en pétale; pétaloïde comme disent les botanistes.  

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Si on écarte ces deux pièces l’une de l’autre, l’on découvre une des trois étamines. Au dessus de l’étamine, on remarque une bande gluante qui n’est autre que la partie fertile du stigmate. 

Le moins qu’on puisse dire est que cette disposition n’est pas fort favorable à la fécondation directe puisque l’anthère et le stigmate tous proches se tournent le dos; heureusement les gros insectes qui visitent la fleur transportent le pollen d’un pied à l’autre.   

LES LIS "ÉVOLUÉS" (Poales, Commelinales, Zingiberales )

Les Poales montrent clairement une évolution de certaines plantes tropicales (le bromelia et apparentés) vers des plantes aux fleurs dégénérés, pollinisées par le vent et présents dans le monde entier (graminées, jonc, roseaux, bambous).

Les Commelinales forment un ordre intermédiaire. 

Les Zingibérales sont des plantes exotiques dont les fleurs complètement déformées par l'évolution laissent à peine apparaître la trimérie primitive..

LES POALES

Le Bromelia et ses cousines.

On trouvera chez n’importe quel fleuriste des plantes en pot, cultivées uniquement pour les lames support colorées de leurs fleurs (bractées). Elles portent des noms barbares et variables: BromeliaBillbergia (ou Aechmea), Tillandsia (ou Vriesia) et Guzmannia, mais on les repèrera sans peine.  

Les fleurs en bourgeon sont serrées entre des bractées dures et impénétrables soigneusement alignées ou enboîtées l’une dans l’autre. Il faut parfois attendre longtemps pour voir timidement se pointer ces fleurs dont on ne voit que trois des pétales, les trois autres plus petits restant invisibles.

Ce sont bel et bien des fleurs trimères avec six étamines et un pistil à trois carpelles. Le lecteur devra faire usage de procédés chirurgicaux pour les observer complètement.   

 Bro

Une des espèces proche est l’Ananas, originaire d’Amérique tropicale, dont il est bien difficile d’observer les fleurs mêmes cultivées en appartement. L’ananas, vit au sol, une exception parmi les Bromelias et apparentés.  

 Ananas   Ananas 1 

En fructifiant les ovaires se soudent entre eux ainsi qu’aux bractées, formant cet  entassement de petits fruits indistinct que nous nommons un “ananas”.  

Les "graminées, joncs, roseaux, bambous"

A une époque inconnue, des fleurs proches du Bromelia se mirent dans la tête de se passer complètement des insectes et de confier leur pollen au vent. Dans cette perspective, les fleurs devinrent petites, perdirent toutes leurs couleurs et virent les bractées se simplifier.

Elles devinrent ainsi ce que nous appelons graminées, joncs , roseaux et bambous. 

Un coup d'oeil (à la loupe) à la fleur d'un Jonc montre toujours une symétrie trimère mais cette dernière est clairement mise à mal dans celle du Seigle et apparentés. Les fleurs de Bambous n'apparaissent pratiquement jamais, une impasse de l'évolution de ces dernières.

 Image 7       Image

               Jonc                    Seigle

 

LES COMMELINALES

Nous conseillons au lecteur de se rendre chez le fleuriste et de lui acheter une “misère” en fleur ce qui ne sera pas trop facile. Si le fleuriste se pique de botanique, demander un Tradescantia ou un Zebrina ou même un Commelina, cela revient au même. Il s’agit de petites plantes rampantes des régions humides de l’Amérique centrale, au feuillage souvent panaché.   

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Le Tradescantia, bien que  fort évolué, est très typique de la trimérie avec sa fleur de toute beauté   trois pétales et six étamines garnies de touffes de poils bleus contrastant avec les anthères jaunes.   Ce n’est qu’en la retournant, que l’on remarque les trois pétales arrières fort petits et surtout devenus vert et un peu diaphanes. Ces feurs sont disposées en grappes pendantes dont les boutons s’ouvrent successivement car elles se fanent en un jour, d’où le nom d’Ephémère de Virginie que l’on donne à l’espèce la plus courante.   

LES ZINGIBERALES    

Les zinziberales sont la grande famille du Gingembre(Zinziber), dont nous connaissons fort bien le rhizome au goût inimitable, mais rarement la fleur qui ressemble à celle du lis. On trouve dans cet ordre essentiellement tropical des fleurs trimères fort évoluées comme celles du Bananier, du Strelitsia ou du Canna

L’Oiseau de paradis (Strelitzia)   

Il nous faut demander au lecteur de se rendre chez le fleuriste chez qui il devra investir pour s’acheter un “oiseau de paradis”. Le Strelitzia, comme on le nomme généralement, est une sorte de bananier originaire d’Afrique du Sud. Ce que l’on voit est en réalité une inflorescence comprenant deux ou trois fleurs disposées en éventail (ici une seule). Pour la comprendre, il va falloir la dépecer.    

Oiseau paradis beau 0   

Dans la fleur, trois pétales extérieurs oranges laissent apparaître une sorte de bec bleu. Ce dernier n’est autre que l’ensemble des trois pétales intérieurs soudés. On distingue encore deux pétales repliés en gouttière et, à sa base, un vestige du troisième pétale. En écartant délicatement les bords de cette gouttière bleue, on remarquera cinq étamines (la sixième a disparu), ainsi qu’un long style prolongé par des stigmates dépassant la gouttière. L’ensemble déborde littéralement de nectar, mais seules les chauve-souris tropicales sont capables d’aspirer ce dernier en récoltant au passage les grains de pollen reliès entre eux par un réseau de fils gluants. On comprend que l’on ne puisse espérer obtenir en appartement les fruits du strelitzia!

Le Canna 

En été, le lecteur remarquera dans les parcs publics ces grandes plantes tropicales à larges feuilles et aux fleurs en panache rouges ou jaunes connues sous le nom de “cannas”; on disait autrefois “balisier”. Ce genre est tout proche du gingembre, qui lui n’est pas rustique.  

  Canna   

  Canna 1

Observées de près, ces fleurs semble bien confuses. On note trois pétales extérieurs très étroits surmontés de trois autres plus grands.  On observe à la base de la fleur un renflement qui signale l’ovaire mais le style se réduit à une lame colorée.    

Les six étamines sont complètement métamorphosées! L’une a disparu et les cinq autres sont transformées en faux pétales. Une demi anthère survit, accrochée au bord d’un de ces faux pétales. 

Il est évident que l’évolution ne peut aller plus loin dans cette voie sans que cette plante disparaisse à jamais. Pourtant, même sous notre climat, le canna, pourtant issu par hybridation de diverses espèces d’Amérique tropicale, fournit sans problème de beaux fruits secs à trois lobes contenant de grosses graines extrèmement dures dont on peut faire des colliers. Il faut dire que généralement cette fleur se pollinise elle-même. 

Notons que la transformation d’étamines en pétales se produit spontanément dans bon nombre d’espèces et a été mis à profit par les horticulteurs pour sélectionner des fleurs dites « doubles » ou « pleines ». Le phénomène est particulièrement visible chez les Roses, les Oeillets et les Pivoines doubles.    

 

LES ORCHIDÉES:
UNE FAMILLE DE TORDUS  

L'évolution procède comme un bricoleur qui pendant des millions et des millions d'années, remanierait lentement son oeuvre, la retouchant sans cesse, coupant ici, allongeant là, saisissant toutes les occasions d'ajuster, de transformer, de créer.

                            François Jacob. Le jeu des possibles.1981 

Quand je pense à mes adorables orchidées,[…..], il me semble incroyablement monstrueux de regarder une orchidée comme si elle avait été créée telle que nous la voyons aujourd'hui."  Charles Darwin.1861   

Une orchidée ne laisse personne indifférent. La plupart des gens la trouvent belle, mais d’une beauté étrange; on ne sait trop dire pourquoi. Généralement, on ignore le nom de cette fleur; on dit simplement « une orchidée », mais ce n’est qu’un nom de famille inventé autrefois par les botanistes qui pensaient à l’orchis, une des modestes orchidées qu’ils trouvaient dans nos prés.

Bien que placée dans l'ordre des Asparagales, car il s'agit d'une fleur trimère, on l'a souvent considérée comme une plante à part classée autrefois dans l'ordre des Orchidales.

Se procurer une orchidée    

On ne s’en rend pas bien compte, mais parmi les nombreux aspects originaux des orchidées, le moins connu est leur extraordinaire diversité de forme et de comportement, ce qui a obligé les botanistes à les classer en 800 genres. Autrement dit, les orchidées portent officiellement huit cent noms différents impossibles à retenir. De plus, ces genres ont été divisés en près de 30.000 espèces. A vrai dire, ces chiffres n’ont que fort peu de sens car les caractères génétiques de ces fleurs sont toujours très proches, ce qui leur permet de s'hybrider entre elles avec une facilité déconcertante entre espèces, mais aussi entre genres. 

Les orchidées ne sont donc pas fort concernées par la litanie actuelle concernant la perte de bio-diversité: si quelques espèces disparaissent de temps en temps (comment le prouver?), les botanistes en découvrent de nouvelles chaque année en explorant de nouveaux biotopes ou tout simplement en modifiant leur classification. Pas de panique.  

Autour de nous, il est certes possible de repérer deux ou trois de la centaine d’espèces européennes qui poussent un peu partout, mais le lecteur novice a peu de chance de les repérer car elles ressemblent de loin à de nombreuses autres fleurs. Inutile également de jeter un coup d’œil intéressé dans le jardin du voisin. Il n’en cultive pas. 

Pour observer une fleur d’orchidée, la seule solution sera donc de mettre la main à la bourse et d’en acheter chez le fleuriste. Il se fait que l’orchidée de très loin la plus cultivée dans le monde et dont le nom est le seul vraiment connu de tous n’est autre que la Vanille (Vanilla), mais, pour des raisons que nous verrons plus loin, votre fleuriste sera incapable d’en fournir la moindre fleur. Inutile d’insister. Par contre, c’est la seule orchidée dont on puisse se procurer le fruit, la gousse de vanille, à vrai dire noire, fermentée et desséchée.  

Force est donc de se rabattre sur trois orchidées tropicales qu’il est généralement possible de se procurer, en l’occurrence le Cattleya,  l’Oncidium et le Phanaeopsis.       

        Images 34 Oncid

                     Cattleya                                                Oncidium 

   Orchid phalaenopsis hybrid  

                                                     Phanaeopsis                                        

La belle sud-américaine Cattleya est la grande fleur qui, solitaire dans un emballage  transparent, représente dans notre inconscient l’orchidée-type, rare et chère. Elle passe manifestement de mode.  

Par contre,  on trouve, vendu en pots, l’Oncidium aux toutes petites fleurs jaunes et surtout le Phanaeopsis blancs ou mauve. Ne pas donner plus de 10 euros pour un pot.  

Ce qui devrait frapper l’observateur attentif, c’est l’absence totale de pistil et surtout d'étamines, du moins en apparence. Ces organes sont en réalité “fondus” en une sorte de colonne casquée placée au milieu de la fleur. 

L’évolution des orchidées  

L'ancêtre des orchidées nous est inconnu, nul ne s’en étonnera. Pourtant, s’il fallait remonter le temps et en tracer le portait robot, se serait sans nul doute une sorte de fleur trimère évoquant le lis. Nous allons essayer d’imaginer comment l'architecture étrange de la fleur d’orchidée a pu jaillir de cet ancêtre hypothétique.  

D’abord, au risque de ressasser, rappelons que le lis possède six pétales, six étamines et un pistil résultant de la soudure de trois carpelles.  

Evolution 1   

Chez l’orchidée, on remarque fort bien les six pétales, mais leur forme est souvent fantaisiste, surtout le pétale intérieur du dessous. Les botanistes, trouvant que ce dernier ressemblait souvent à une lèvre, l’ont nommé labelle (labellum). 

Comme on le voit ci-dessus, ce labelle est en forme de cornet chez le Cattleya. Il est à 3 lobes chez le Phanaenopsis et largement aplati chez l'Oncidium. Chez l'Orchis bouc, orchidée sauvage de nos près calcaires, le labelle à trois lobe est manifestement démesuré.   

   Orchis 1 

L'arrière du labelle des orchidées  est très diversifié, allant d'une légère bosse à une longueur considérable. Darwin, tout en nommant "nectaire" cet éperon, ne pouvait que constater à regret l'absence de nectar dans celui des orchidées anglaises qu'il pouvait se procurer.

Par contre, il est célèbre (entre autres) pour le portrait robot qu'il fit d'un insecte puisant du nectar au fond d'un éperon d'une longueur incroyable. Il suffit de le citer: 

Je crains de fatiguer le lecteur, mais je ne puis entièrement passer sous silence l'Angraecum sesquipedale dont les grandes fleurs à six rayons, semblables à des étoiles formées d'une cire blanche comme la neige, ont excité l'admiration des voyageurs à Madagascar. Un nectaire vert, semblable à un fouet et d'une longueur surprenante, pend sous le labellum. Sur quelques fleurs que m'a envoyées M. Bateman, j'ai vu des nectaires longs de 11 pouces et demi (30 cm), mais pleins sur une longueur d'un pouce et demi (4 cm) seulement. » 

 3447607294 824746137c o    Filenhm xanthopan morgani

Darwin imagine qu'un grand papillon inconnu à très longue trompe pourrait servir de pollinisateur: Si l'espèce de ces grands papillons venait à s'éteindre à Madagascar, assurément il en serait de même de l'Angraecum.   

Ce papillon, en fait une mite,  fut trouvé des dizaines d'années plus tard. D'une envergure de 25 cm, il porte le doux nom de Xanthopan morgani praedicta.  On voit sur la video exceptionnelle ci-dessous, prise de nuit, l'insecte attiré par l'odeur s'approchant de l'orchidée.

Voir: http://whyevolutionistrue.wordpress.com/2011/12/12/darwins-orchid-film-of-the-missing-pollinator/

   Image

C’est, semble-t-il, de cette époque que date l’habitude de considérer que toute disposition d’une fleur a nécessairement un but ou une utilité, ce qui est plus que douteux comme nous essayerons de le démontrer.    

A force de transformations, le labelle de certaines de nos orchidée a fini par ressembler à un être vivant (papillon, grenouille, singe et même homme ). Chez l’Ophrys, dont le labelle est bombé et velu, on parle plutôt d’araignée, d’abeille, de mouche, de frelon, etc..  

 

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Il est certain que des mâles d'insectes peuvent être trompés par la ressemblance et s'accouplent avec la fleur, ce qui, d'après leurs déclarations, ne leur apporte que peu de satisfaction. L'on prétend également que la fleur imite l'odeur de la femelle mais ici la prudence s'impose. Si, comme on le suppose, chaque espèce d'ophrys correspond à un insecte particulier, cela explique que les hybrides soient rares.   

La colonne: un organe mixte  

La colonne de l'orchidée est le résultat de la soudure des 6 étamines et des trois carpelles de la fleur trimère encestrale.

Cette disposition est déjà fort visible dans des fleurs trimères comme le Trichiris et le Tigridia.

La disposition des organes sexuels de la fleur d'orchidée est quasi impossible à décrire mais nous allons tout de même essayer. Nous utiliserons dans ce but  une coupe de la fleur de Cattleya datant de plus d'un siècle car elle fut dessinée par Charles Darwin.

Une seule des six étamines subsiste. Les grains de pollen reliés par des fils gluants sont généralement agglomérés en deux masses que les botanistes nomment pollinies. La base de ces pollinies est gluante. On trouve les pollinies logées dans le haut de la colonne. 

Un des stigmates, stérile, a pris la forme d'une sorte de bec  séparant efficacement les pollinies des deux autres stigmates (fertiles) qui forment une surface gluante . 

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  Cattleya 1       Abeille

L'étamine reposant sur le dos du bec, la pollinisation directe c.à.d. le contact entre les anthères et le stigmate fertile est impossible.  

Si un insecte s'introduit dans la fleur, en prenant appui sur le labelle, sa tête heurte immanquablement les pollinies. Ces dernières  restent collées à la tête de l'animal. Lors de la visite d'une autre fleur, ces pollinies heurtent la surface fertile du sigmate et fécondent la fleur. 
 

L'autofécondation

Les ophrys comme la plupart des orchidées sont certes un superbe exemple de pollinisation croisée, mais Darwin fut désolé de constater que l'Ophrys abeille (Ophrys apifera), un de ceux qui ressemble pour nous le plus à un insecte n’en avait nul besoin car il se pollinise toujours lui-même. En effet, les pollinies, aux pieds flexibles, s'abaissent d’eux même jusqu'à toucher le stigmate fertile au moindre souffle de vent.

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Darwin fut obligé de reconnaître que ce mécanisme fonctionne bien mieux au point de vue de la reproduction puisqu'en observant de nombreux plants il remarque: 

"J'ai trouvé de une à quatre et parfois cinq capsules (fruits) c.à.d autant de capsules qu'il y a de fleurs. Il est bon d'observer quel contraste présente ce cas avec l'Ophrys mouche qui demande l'intervention des insectes et dont quarante neuf fleurs n'ont donné que sept capsules. (….) En raison de ce que j'ai vu chez les autres orchidées anglaises, la découverte de la fécondation directe me causa une telle surprise, que durant plusieurs années j'observai l'état des masses polliniques dans des centaines de fleurs; mais je n'ai jamais rencontré, pas même une seule fois, des motifs pour croire que le pollen ait été transporté d'une fleur à l'autre". 

Avec son honnêteté intellectuelle habituelle Darwin conclu:"Le cas est aussi embarassant que possible, puisque nous avons étudié chez une même fleur des mécanismes disposés dans deux buts précisément contraires ". 

L'exemple de l'Ophrys abeille n'est pas unique, d'autres orchidées se pollinisent elle-mêmes. Par exemple, des 40 espèces présentes au Danemark, la moitié se passent totalement des insectes. Cette tendance est poussée à sa conclusion chez certaines orchidées qui n'ouvrent jamais leurs fleurs (fleurs cleistogames). D'autres espèces, comme la Nigritella. vont même jusqu'à voir leurs fruits se développer sans pollen. Elles peuvent aussi croître, fleurir et fructifier entièrement sous terre (Epipogium, Neottida, Limodorum). 

Le vanillier 

Nous avons déjà fait allusion au vanillier, orchidée native du Mexique. Elle est différentes des autres; c’est peu dire, car il s'agit d'une grande liane tropicale pouvant atteindre 20 mètres de long. Cette disposition ainsi que ses fleurs jaunes verdâtres et sans attrait n'encourage pas les horticulteurs à les cultiver comme plante ornementale.

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Pour que l’ovaire devienne la gousse de vanille, il faut qu’il soit fécondé; or on constate que le rostellum empêche désespérément tout contact entre le pollen et le stigmate fertile. En fait, la fleur de vanillier comme celle de l’ophys abeille se pollinise elle-même. Elle a simplement besoin qu’un insecte un peu costeau la visite en écartant le bec de la colonne ce qui est le cas. Notons toutefois que la fleur est exceptionnellement éphémère (un jour au plus) et la pollinisatuon peu fréquente. 

Comble de malheur, la vanille est une immigrée. Dans des régions où on la cultive généralement, ses insectes pollinisateurs n'existent pas. Heureusement pour nos glaces à la vanille (si elles en contiennent), un ex-esclave de l'île de la Réunion trouva en 1816 un truc rapide permettant la pollinisation directe. Il "suffit" de déchirer le labelle et, à l'aide d'un outil pointu, d'écarter le bec, ce qui permet d'appliquer la pollinie sur le stigmate fertile. 

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 Les orchidées à deux ou trois étamines

Nous venons de voir que les orchidées ne possèdent plus qu’une seule étamine, les cinq autres étant disparues ou « fondues » dans la colonne. Quelques genres ont cependant gardé trois ou deux étamines.  

C’est vers 1820, qu’un médecin-naturaliste découvrit dans les sous-bois de Java une herbe fort banale dont les petites fleurs assez minables groupées en épi évoquaient pourtant celle des orchidées. Il la nomma Neuweia. Dans chaque petite fleur, assez régulière, trois étamines sont encore visibles et fertiles avec un pollen encore pulvérulent autrement dit non encore aggloméré en pollinies. Dans la même région, il existe aussi une dizaine d’espèces d’une petite soeur du Neuweia, l’Apostasia qui n’a déjà plus que deux étamines.    

Il existe une orchidée à deux étamines, que le lecteur peut l’observer assez aisément. Il lui suffit d’acheter dans une bonne jardinerie un Sabot de Vénus,  que les anglophones nomment « Lady’s slipper », chaussure de dame. Pour faire branché, il faut demander un Cypripedium ou un Paphyliopedilum.   

Dans cette fleur, le labelle est effectivement replié en forme de sabot. Pour en savoir plus, il faut décortiquer la fleur. On remarque alors que la colonne, inclinée vers l’avant se termine par un large stigmate dirigé vers le bas et flanqué de deux étamines latérales. La colonne se termine vers l’avant par une sorte de bouclier qui n’est autre qu’une étamine avortée.

 

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Dans les deux étamines, disposées de part et d’autre de la colonne, les grains de pollen sont noyés dans une masse viqueuse. Un insecte visitant la fleur, avec beaucoup de bonne volonté, ne peut que s’enduire de pollen visqueux et en déposer sur le stigmate de la fleur elle-même ou d’un autre plant.   

Pour en terminer, ce texte de Darwin où il exprime sans ambiguité sa théorie de l'évolution.

« Pouvons nous, en vérité, être satisfait d’admettre que chaque Orchidée a été créée, exactement telle que nous la voyons aujourd’hui, d’après un certain « type idéal» et que le tout puissant Créateur, ayant tracé un plan unique pour toute la famille, n’a pas voulu s’écarter de ce plan ?   Qu’ainsi, le Créateur a fait accomplir au même organe diverses fonctions, souvent insignifiantes par rapport à sa fonction primitive, a réduit d’autres organes à de simples rudiments sans usage, et les a tous disposés comme s’ils devaient rester séparés, pour les souder ensuite.    

N’est-il pas plus simple et plus intelligible d’admettre que toutes les Orchidées doivent leurs caractères communs à leur descendance de quelque plante monocotylédone, qui comme tant d’autres plantes de cet embranchement, possédait quinze organes,  disposés trois par trois sur cinq cycles alternes; et que la structure présente de leur fleur, si merveilleusement changée, a été acquise par une longue suite de lentes modifications, chaque modification utile ayant été fixée, pendant le cours des changements incessants auxquels le monde organique et le monde inorganique ont été exposés.»

  


      

LES FLEURS PENTAMÈRES 

Le chiffre cinq (ou ses multiples) est courant dans la nature comme en témoignent autant des structures primitives (comme celle de l'oursin) qu'évoluées comme celle des mains de l'homme.   

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Si l'on examine l'arbre généalogique supposé des fleurs pentamères, on constate ce qui suit. 

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Partant d'un ancètre inconnu commun aux fleurs trimères et pentamères, l'on remarque d'abord la grande famille (ordre) des Ranunculales, soeur de l'ensemble des fleurs pentamètres. Dans cet ordre, comme nous allons le voir, les fleurs  hésitent dans leur structure entre les nombres trois, quatre et cinq.

Ensuite seulement se détachent les fleurs manifestement pentamères que les botanistes ont divisé en Rosidées et Astéridées.

Chez les Rosidées  les fleurs sont généralement régulières. Chez les Astéridées, elles ont tendance  à acquérir une forme particulière.  

Remarquons au passage que les deux fleurs qui ont servi à nommer ces deux branches (la Rose et l’Aster) sont en apparence  fort mal choisies. La rose sauvage, est bien pentamère mais, comme nous le verrons, elle ne l’est nullement au niveau des étamines et des carpelles. Pis encore, l’aster n’est nullement une fleur mais un agglomérat de petites fleurs. Même son nom (aster : étoile) est discutable, car elle comporte un grand nombre de « faux » pétales au lieu des cinq qui, dans notre culture caractérise, l’étoile.    

LES RANUNCULALES  

Comme indiqué, les fleurs classées dans cette grande famille manifestent une très grande instabilité dans le nombre de pièces florales.  

Chez le Berberis et la plupart des membres de sa famille, les fleurs sont trimères.  Pourtant, un ses membres  l'Epimedium possède indiscutablement quatre pétales.

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Chez  le Pavot, la fleur à 4 pétales mais une espèce américaine, le Platystemon est parfaitement trimère.

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 La Renoncule ficaire affiche un nombre variable de pétales, mais la Renoncule des prés se distingue par ses cinq pétales.  

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Proche de la Renoncule, la fleur du Dephinium est non seulement pentamère mais un de ses pétales se prolonge par un éperon.

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L'Ancolie (Aquilegia) possède un éperon à chaque pétale.

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L'Aconit (Aconitum) voit un le pétales supérieur se replier en forme de capuchon.

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On comprendra mieux l'instabilité de ces fleurs lorsque l'on sait que l'on vient de découvrir en Chine un ancètre probable, le Leefructus, datant de 125 millions d'années. 

LES ROSIDÉES

Les Rosidées sont divisées en deux groupes les Fabidées et les Malvidées.

LES FABIDÉES

Ce groupe contient les principales grandes familles (ordres) suivantes: 

  Rosales, Oxalidales, Malpighiales, Fabales et Cucurbitales  

LES ROSALES

 La Rose (rosa) à l'état sauvage c.à.d. l'églantier, est le type de cet ordre avec ses cinq pétales séparés.

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 LES OXALIDALES

La principale fleur de cette famille est l'Oxalis bien connu car on prend souvent ses feuilles pour des trèfles à quatre feuilles.

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  LES MALPIGHIALES   

C’est dans nos jardins abrités que le lecteur trouvera l'étonnante architecture de la Passiflore (Passiflora), une liane américaine tropicale.  

 On y remarque deux fois cinq pétales semblables complètés d'une couronne de très fins pétales. Cinq étamines tournant le dos à un pistil aux trois stigmates bien séparés complètent cette architecture.  

 

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Les religieux qui découvrirent cette fleur unique lors de leur “débarquement” en Amérique estimèrent, dit-on, qu’il s’agissait d’une évocation de la Crucifixion et la nommèrent “fleur de la Passion”. En fait avec beaucoup de bonne volonté, on peut assimiler les trois stigmates aux trois clous, les cinq étamines aux cinq plaies, la couronne à une couronne d’épines et les dix “pétales” aux dix apôtres (Judas et Pierre étant éliminés pour mauvaise conduite)Etamines et pistil sont montés au sommet d’une colonne déjà rencontrée chez les orchidées.    

LES FABALES 
 

Les Fabales sont un groupe aux fleurs pentamères ayant évolué dans des directions fort différentes.

Certaines familles ont vu leurs pétales se très fort réduire au profit d'une foule d'étamines, au point que seules ces dernières sont visibles. C'est le cas pour une plante australienne comme le Mimosa 

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D'autre part, un simple coup d’oeil à la fleur du Pois (Pisum) ou du Haricot (Phaseolus) montre une évolution totalement différente. 

Ces Fabales, que l'on nommait autrefois Légumineuses, voient leur corolle se déformer et deux de leurs pétales se rapprocher, formant une sorte de carène, cette dernière enveloppant le pistil et les étamines. On qualifiait autrefois ce type de fleur de papillionée, bien que la ressemblance avec un papillon soit peu évidente.  

Les étamines forment deux cycles de cinq dont les filets se rapprochent et se soudent à la base. Il est intéressant de noter que chez le pois et bien d’autres, une des étamines échappe systématiquement à cette règle; allez savoir pourquoi.  

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LES CUCURBITALES  

Le melon et ses cousins (courge, potiron, etc) attirent évidemment l'attention par l'énormité de leurs fruits, si familiers. Il s'agit bien entendu de plantes tropicales grimpantes que l'on laisse généralement ramper lamentablement. C'est leur développement extrêmement rapide, de la graine au fruit mûr, qui permet de les cultiver en serre ou à l'extérieur, si le climat n'est pas trop rigoureux.   

Les fleurs pentamères sont habituellement soit mâles soit femelles par avortement et portées par la même plante. Les fleurs femelles se distinguent d'un coup d'oeil gràce à leur ovaire infère gonflé et se confondant avec le pédoncule. 

 

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Il atteindra après fécondation les dimensions considérables que l'on sait. Même un enfant peut constater que les fleurs du melon sont pentamères en observant sur un melon ses dix stries, moins nettes chez ses congénères.     

Les étamines sont bien, comme il se doit, au nombre de cinq mais elles se sont scindées en deux en cours d'évolution. Une transformation ultérieure a soudé les anthères deux à deux, la dernière restant isolée.  

LES MALVIDÉES

Ce groupe comprend essentiellement les Myrtales, les Geraniales, les Malvales, les Sapindales et les Brassicales     

LES MYRTALES 

La tendance aux mutations est manifestement plus élevée dans la grande famille (ordre) des Myrtales, ordre assez archaïque.

La fleur modèle de l’ordre, la Myrte (Myrtus) possède encore cinq pétales.  

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Cependant, un ensemble de fleurs, toutes d’origine américaine n’en ont plus que quatre, comme le célèbre Fuschia, le Gauraet l’Oenothère ou Onagre (Oenothera)   

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               Oenothère 

Cette dernière fleur mérite qu’on s’y arrète. Cette plante envahissante présente des fleurs à quatre pétales souvent si grandes que l’on pourraient les confondre avec celles d’un pavot s’il ne présentait de façon évidente deux fois quatre étamines et même un pistil à quatre stigmates bien visibles. Rappelons que c’est elle qui a permis à Hoto de Vries d’établir en 1900 l’existence des mutations. 

Si elles se promènent au mois de juillet dans le Sud- Ouest de la France, les personnes averties ne pourront qu’être frappées par l’aspect d’un arbuste d’ornement très répandu le Lagerestroemia. Ce dernier porte en abondance des grappes de fleurs qui, de loin, font penser au lilas. Les anglophones disent   crape myrtle (myrte en papier crépon) 

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En s’approchant, on sera surpris d’observer six grands pétales chiffonnés portés par de fin pédoncules.  L’on constate aussi l’existence de six sépales colorés, de six étamines et de nombreuses étamines internes. Il s'agit manifestement d'une resurgence parfaite de la trimérie.

LES GERANIALES

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Contrairement aux Myrtales, les Geraniales sont en général un parfait exemple de la pentamérie (2x 5 pétales, 2x 5 étamines, 5 carpelles.) Le Geranium se distingue par son fruit en forme de bec, d'oû les noms Geranium vient de geranos: grue, Erodium de erodios: héron, Pelargonium de pelargos: cigogne.  La plupart des plantes apparentées sont des arbres tropicaux.  

LES MALVALES   

Nous proposons au lecteur de chercher autour de lui la Mauve (Malva), fort répandue dans nos près où ses fleurs….mauves sont aisément repérables. Si cette fleur s’avère introuvable, on se tournera dans les jardins vers les longues inflorescences en épi de la Rose trémière (Althaea rosea), les buissons de Lavatères (Lavatera) ou les grandes fleurs d'un arbuste, l’Hibiscus, que l’on nommait autrefois ketmie. En désespoir de cause, il faudra mettre la main à la bourse et acheter en pot chez un fleuriste soit un superbe hibiscus exotique ou à défaut un Abutilon, aux fleurs pendantes en forme de cloche   

Si l'on observe l'une des fleurs qui viennent d'être citées, on remarque immédiatement qu’elles possèdent bien les 5 pétales classiques, mais les cinq étamines primitives se sont multipliées formant cinq faisceaux. Une évolution ultérieure a soudé ces étamines par leur filet formant une sorte de tube d’où la nom de columnifères, donné à ce genre de fleur par les anciens botanistes.    

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Le pistil a subit la même évolution  les cinq carpelles primitives se divisant en autant de stigmates. En fait, les styles se développent en coulissant à l'intérieur du tube des étamines et les stigmates ne se déploient que plus tard, lorsque les étamines se fânent. Cette fleur est donc d'abord mâle puis femelle, ce qui favorise la pollinisation croisée.      

LES SAPINDALES

On pourrait imaginer que le programme génétique qui organise l’architecture d'une fleur se trouve contenu dans la graine. C’est bien le cas, mais chez les plantes, le patrimoine héréditaire est apparemment bien plus diffus.  

Par exemple, la Rue (Ruta), cousine du citronnier, nous montre d’une façon extraordinaire comment passer de cinq à quatre pétales sur la même plante!  

 Le lecteur aura malheureusement du mal à l’observer, même si les anciens traités de jardinage nous disent « cultivée dans tous les jardins ». Il s’agit d’un petit buisson au feuillage très ramifié et bleuté de moins d’un mètre de haut. Froissées, ses feuilles dégagent une odeur extraordinairement intense. Impossible de se tromper!   

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Les privilégiés qui trouverons au printemps la plante couverte de boutons auront l’occasion d’observer sa floraison progressive unique en son genre.   

Les premières petites fleurs jaunes qui éclosent à l’extrémité des rameaux présentent toutes 5 pétales incurvés en forme de cuillère et deux cycles de 5 étamines. Le pistil est formé de 5 cinq carpelles soudés mais très visibles. On ne peut faire mieux pour défendre la pentamérie en botanique.   

Par contre, toutes les autres fleurs qui s’épanouissent après elles sur le même rameau sont parfaitement tétramèresquatre pétales, deux cycles de quatre étamines, quatre carpelles ! Cette plante nous indique à sa façon que la fleur tétramère n’est ici qu’une variante de la fleur pentamère. De nombreuses plantes sont dans le cas, mais de façon bien moins spectaculaire.  

Une particularité unique de la rue: les étamines, largement étalées, se déplacent successivement pour toucher le pistil !  

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LES  BRASSICALES  

Depuis toujours les botanistes ont eu l'attention attirée par un vaste ensemble de fleurs présentant quatre pétales de façon systématique; aucune trace de variantes à cinq pétales. Ils les qualifièrent successivement de Tétrapétales, Cruciaciées et enfin de Crucifères, de crucem ferre: porter une croix. Pourtant, leurs collèges contemporains, qui se sont mis en tête de nommer les familles grandes ou petites d'après l'un de leurs membres, se sont tournés vers le Chou (Brassica) qui a donné son nom à l’ordre des Brassicale .   

L'ennui avec les choux et leurs congénères, c'est que leurs fleurs souvent minuscules, se prêtent mal à l'observation; elles ne sont décoratives que par leur multitude. Par exemple, le colza est un chou à petites fleurs jaunes que l’on ne cultive que pour l’huile tirée de ses graines (kool :chou, zaad : graine, en Néerlandais) et pourtant un champ de colza en fleur est une pure merveille.    

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En ouvrant délicatement la fleur, que l’on trouve partout, on observe une disposition particulière, à savoir six étamines, à savoir quatre longues et deux courtes. Linné qui se préoccupait de classer les fleurs d'après leurs étamines les qualifia de "tétradynames" voulant exprimer que la femelle était courtisée par six mâles dont quatre (tetra) plus forts que les autres. L'expression est restée en usage chez les botanistes. 

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Il est difficile de comprendre comment la disposition des pièces florales de ces plantes a pu se produire. Il s'agit d'un casse-tête traditionnel chez les botanistes qui ont avancé plus d’une douzaine de théories dont aucune n’est convainquante.    

LES ASTERIDEES   

Les astéridées comprennent deux groupes, les LAMIIDÉES et les CAMPANULIDÉES. 

Les Campanulidées sont surtout représentées par les Asterales dont nous parlerons à propos des inflorescenses.   

LES CARYOPHYLLALES 

Dans nos champs cultivés, l'on rencontrera immanquablement le Mouron (Anagallis), dont la principale espèce se fait remarquer à ses inimitables petites fleurs rouges briques au coeur violet, bel exemple d'une fleur pentamère considérée comme primitive.  

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Les Oeillets (Dianthus) des fleuristes sont souvent déformés au point de ne pouvoir être observés. Il s’agit pourtant de fleurs pentamères presque parfaites.  

On remarque en observant la corolle des fleurs apparentées que les pétales ont tendance à se fendre en deux  au point que chez certains genres la fleur en vient à ressembler à une étoile (à dix branches) comme chez cette mauvaise herbe omniprésente qu'est le Mouron des Oiseaux justement nommée Stellaire (Stellaria).  

 

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  Ses pétales sont encore séparés, signe d'antiquité dans la famille. Cependant, toute proche, la Primevère (Primula) voit ses pétales soudées en tube à la base. Les étamines se sont fondues dans ces pétales ne laissant plus apparaître que leurs anthères.

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 LES LAMIIDÉES 

 

Les Lamiidées  regroupent essentiellement les GentianalesLamiales  et les Solanales.

LES GENTIANALES 

 

 

LES SOLANALES

Les fleurs de cet ordre sont très évoluées avec leur cinq pétales bien soudées et cinq étamines plaquées sur le pistil

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 Dans les nombreux genres de ces plantes grimpantes que l’on nomme Liseron ou Volubilis (Ipomea, Convulvulus, Calistegia,…), la corolle est complètement soudée; seuls quelques traces colorées évoquent encore les cinq pétales ancestraux. Dans certaines variétés de Petuniales cinq pétales primitifs restent magnifiquement dessinés par un jeu de couleurs.   

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 La Pervenche (Vinca), que l’on trouve dans nos jardins comme couvre-sol, n’est vraiment connue que pour sa couleur bleu...pervenche. Nos ancêtres la nommaient violette des serpents ou des sorciers à cause de sa propagation par stolons et l’appréciait pour ses vertus médicinales, d’où son nom latin vinca (de vaincre .. les maladies) 

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 Examinons avec beaucoup d’attention et de patience l’étonnante architecture de sa fleur. Vue de près, elle présente ses cinq pétales en forme de pales d‘hélice de bateau. Au centre, une mini-corolle supplémentaire dessine un pentagone parfait.  

Si l’on parvient à ouvrir la fleur sans déranger son architecture d’intérieur, ce qui n’est pas évident, on remarque à la loupe que le pistil se termine par un stigmate en forme de plateau circulaire garni de cinq touffes de poils formant aussi un pentagone. Ces poils sont stériles, la partie fertile du stigmate se situant sur la face inférieure du plateau.    

Les cinq étamines, en forme de cuillères tordues ou de cobras, surgissent de la corolle et appliquent leurs anthères aux grains de pollen agglutinés sur la touffe de poils stériles. On retrouve ici, comme chez les Orchidées, une disposition qui rend la pollinisation directe impossible. Seuls les insectes recherchant le nectar à la base de l’ovaire peuvent se faufiler et s’enduire de pollen, permettant la pollinisation croisée.   

LES LAMIALES

Nous en arrivons à deux familles contenant des fleurs très typées. Dans la première, la soudure et la déformation de la corolle est telle que les anciens botaniques les nommèrent personées, pensant au masque de théâtre des grecs ( persona en latin). La seconde famille toute proche regroupe les fleurs dont la corolle se scinde de façon à former deux lèvres, d’ou le nom de labiées.  

LES PERSONEES  

Dans cette famille, la cinquième étamine n’est plus vraiment conservée que chez un genre primitif, le Bouillon ou Molène (Verbascum), haute plante sauvage de chez nous bien reconnaissable à ses feuilles molles et duveteuses et à son long épi de fleurs jaunes.   

Notons qu’une autre fleur, proche de la digitale,au lieu de faire disparaître l’étamine “excédentaire”, l’a transformée en une longue lame stérile. Pour marquer le coup, les botanistes habitués à ne trouver que quatre étamines dans ce genre de fleur l’ont paradoxalement nommée Pentstemon (de penta: cinq : stemon :étamine).  

La fleur de la Digitale(Digitalis), qu’il ne faut pas présenter, est un modèle de soudure des pétales avec sacorolle en forme d’un doigtier, comme son nom l'indique. 

Par contre, une évolution plus débridée de la corolle à transformé cette dernière en un mufle d'animal chez le Muflier ou Gueule de loup(Antirhinum)5de nos jardins mais l’on distingue encore les pétales originels (deux au dessus, trois en dessous).    

A la base de la corolle, on distingue une bosse qui devient un véritable éperon chez la Linaire (Linaria), petite fleur de nos prés parfois cultivée. Dans cet état d’esprit, on essayera d’observer la Diascia, mignonne petite fleurs de jardinière dont deux des pétales sont prolongés par un éperon comme l’indique le nom latin et anglais ( twinspur). 

Sommet de la déformation, une fleur tropicale, la Calcéolaire(Calceolaria) en vient à ressembler à une pantoufle (de calceolarius : petite pantoufle); on ne la cultive que pour ses coloris, à vrai dire fort vifs. 

LES LABIACEES

Dans cette famille très typée, l'évolution de la corolle peut s'observer en partant des fleurs de la Menthe (Mentha), minuscules et agglomérées, mais fort régulières, pour aboutir à celles du Lamier (Lamium) qui forme deux lèvres admirablement dessinées. Tous les intermédiaires possibles existent entre ces deux extrèmes.  

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L’évolution en veut semble-t-il aussi au nombre d’étamines car le Romarin(Rosmarinus) et la Sauge(Salvia) n’en gardent plus que deux au lieu de quatre.   

LA STRATÉGIE DES INFLORESCENCES

Si , comme on vient de le voir, l’évolution s'est obtinée à modeler les fleurs d’une façon considérable, il en est de même de leur façon de se grouper inflorescences.  

LES FLEURS EN « OMBELLES »    

De toutes les inflorescenses, l’ombelle est la plus fascinante car tout se passe comme si la plante désirait présenter ses fleurs sur une surface maximum dirigée vers le haut, un étalage pour insectes en somme.  

 Ombelle                         

La vraie ombelle des botanistes voit les pédoncules des fleurs jaillir toutes d'un même point. la forme la plus achevée  étant bien entendu la sphère.  

En fait, la tendance à former des inflorescenses est la spécialité des fleurs pentamères les plus évoluées mais on en trouve de fort beaux exemples chez certaines fleurs trimères .

Quelques ombelles trimères.

Dans l'ordre  des Asparagales, on remarque les belles ombelles de l'Agapante et de l'Ail, plantes très proches l'une de l'autre.  

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  Agapanthe (Agapantus) 

En matière d’ombelle, l’inflorescences sphérique de l'Ail (Allium) est un véritable modèle.   

 Allium giganteum 

Pour l'observer, l'on peut planter dans son jardin le magnifique Allium giganteum qui présente son ombelle sphérique à hauteur des yeux. A défaut, il suffit de laisser fleurir dans le potager quelques pieds des espèces suivantes connues de tous: l'Ail proprement dit (Allium sativum), l'Oignon (Allium cepa), l'Echalotte (Allium ascalonicum), la Ciboulette (Allium schoenoprasum ) et le Poireau (Allium porum). 

L'ombelle des Apiales    

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Dans la campagne, au bord des chemins, l'attention du lecteur sera irrésistiblement attirée par ces grandes "fleurs" blanches en forme de parapluie ou de bouclier que l'on qualifie instinctivement et depuis toujours d'Ombellifère, mais sans pouvoir leur donner un nom. Ces plantes à fleurs sont classées dans l'ordre des Apiales, au bout de l'évolution des Asteridées. Il s'agit donc de fleurs très évoluées.

Pour examiner  une de ces inflorescenses, nous proposons au lecteur celle de la Carotte (Daucus), qui dans sa version sauvage est extrêmement abondante dans nos prés. Il s'agit si l'on veut d'une « ombelle d'ombelles » constituée de minuscules fleurs blanches pentamères.  

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A la base de chaque ombelle, des feuilles modifées forment elle-même une sorte d’ombelle. Détail intéressant, les fleurs extérieures sont plus grandes que les intérieures. Nous retrouverons cette tendance à propos de la radiation périphérique. Une unique petite fleur rouge sombre et stérile signale souvent le centre de l'ombelle. Beau sujet de réflexion. 

Toujours dans l'ordre des Apiales, notre Lierre (Hedera), plante grimpante archi-connue, est le seul représentant chez nous de divers genres tropicaux. Il faut absolument que le lecteur observe en automne ses inflorescences remarquables qui sont des ombelles quasi sphériques, comparables à celles de l'ail. 

Malgré leur couleur verdâtre, les fleurs attirent en masse les insectes pollinisateurs qui se nourrissent de son nectar et de son pollen. Cette inflorescence s'inscrit en faux contre le préjugé voulant que les fleurs aient des couleurs vives pour attirer les insectes, ici on voit bien que l’odeur suffit. Après maturation, les inflorescences deviennent au printemps, ces sphères constituées de baies noires si appréciées dans les bouquets secs.   

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L'ombelle des Dipsacales 

Cet ordre, très évolué et diversifié, montre clairement la tendance à former des ombelles.

 Chevrefeuille fleur  

Chèvrefeuille (Lonicera)

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Scabieuse                            Chardon à foulon (Dipsacus)

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               Sureau (Sambucus)

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               Viorne (Viburnum)

L’ IRRÉSISTIBLE ASCENSION DES FLEURS "COMPOSÉES

Avec plus de 1500 genres, la famille des “composées” représente de loin la majorité des fleurs pentamères.  

Tout le monde connaît ces « fleurs » familières: il suffit de citer la Marguerite et sa petite soeur la Pâquerette, le Chardon et sa version géante l'Artichaut, l'inévitable Pissenlit, la Chicorée et le Bleuet d'un bleu unique, la variété infinie des Dalias et des Chrysanthèmes, l'énorme Tournesol ou la petite Edelweiss

La plupart de ces genres sont généralement inconnus du profane comme le Seneçon qui compte plus de 3.000 espèces ou le Vernonia qui en compte 1.300. 

D'ou vient cette incroyable diversité. En fait toutes ces fausses fleurs sont construites à peu près sur le même modèle de base, les 1500 genres ne sont donc que des variantes dont le nombre ne dépend au fond que de la méticulosité des botanistes ou de leur état d’esprit. Tout se passe comme si la nature, contente d'avoir enfin trouvé une solution au problème de la multiplication, se contentait de recopier inlassablement des caractéristiques favorables avec toutes les variantes possibles et imaginables.  

Les fleurs composées ont commencé leur expansion il y a seulement une trentaine de millions d'années; elles font donc partie des plantes à fleurs les plus jeunes. Chose certaine, nos chers dinosaures officiellement disparus depuis 65 millions d'années n'ont jamais brouté un chardon comme les ânes ou effeuillé la marguerite comme les amoureux. Séparées par la dérive des continents, les composées eurasiennes et américaines évoluèrent séparément, mais les plus performantes se dépéchèrent de traverser l'atlantique dans les deux sens en compagnie de l'homme pour envahir le monde entier. C’est ainsi qu’un grand nombre d'espèces de chardons, armoises, pissenlits, camomilles, achillées et de seneçons eurasiens firent le trajet Europe-Amérique. Nous verrons que d’autres mauvaises herbes comme le galinsoga et l’artémise firent le trajet inverse. 

La réussite "écologique" des fleurs composées est incroyable, au point que le problème est de s'en débarrasser, comme des chardons par exemple dont la destruction est souvent obligatoire. Nous sommes ici bien loin des orchidées qui, malgré leur extrème diversité, doivent généralement être protégées ou cultivées avec un grand luxe de précautions.  

De l’ombelle au capitule  

Lorsqu’on observe une ombelle, on comprend aisément que le nombre de petites fleurs qu’elle présente est relativement limité, puisque leurs tiges partent d’un même point. Un moyen élégant pour augmenter leur nombre consiste à supprimer les pédicules et à implanter les fleurs côte à côte sur le sommet élargi de la tige, exactement comme les cheveux sont implanés sur notre tête, d’où le nom de capitule donné à cette disposition.

        Capitule  

Les minuscules fleurs, rebaptisées fleurons forment ainsi une "composition", ce qui justifie clairement le nom de "composées" . 

Cependant, il existe dans chacune de ces fleurs minuscules une autre caractéristique qui leur est propre. Il s’agit bien de fleurs pentamères (cinq pétales, cinq étamines et cinq carpelles), mais les étamines qui entourent le pistil sont soudées par leurs anthères, formant une sorte de tube. 

Pour cette raison, les anciens botanistes les qualifiaient de synanthérées. Les botanistes modernes ont abandonné les termes de « composées » et « synanthérées » au profit de « asteracées », prenant l’aster comme modèle de la famille. Ils ont même étendu le terme pour former l'ordre des Asterales.  

Le laminage du pollen  

Il n'est pas question de demander au lecteur d’observer de près les fleurs miniatures d'une composée comme la marguerite pour voir la disposition des étamines. Il existe cependant un moyen indirect de comprendre ce qui se passe. Il faut pour cela se tourner vers une fleur qui n’a nullement l’apparence des composées classiques, à savoir la Campanule (Campanula)

Nous proposons donc au lecteur d’acheter chez le fleuriste ou de dérober dans un jardin une branche de campanule, si possible à grandes fleurs et à divers stades de maturité. Un simple coup d’oeil à une fleur bien épanouie nous montre un pistil  apparemment banal terminé par des stigmates bien étalés.   

Campanule raiponce visoflora 3801 Campanule   

Cependant, on remarque que les cinq étamines sont recroquevillées au fond de la corolle, comme réduits à l’état de squelettes. En regardant de plus près, l’on remarquera que le style est velu et enduit de pollen.  

Tout se passe  dans la fleur en bouton. A ce stade, les stigmates sont appliqués l'un contre l'autre, ils ne peuvent donc capter aucun pollen; par contre, les anthères des cinq étamines sont ouvertes vers l'intérieur et, soudées entre elles, forment un fourreau enserrant le style. L’essentiel est de constater que, pendant la maturation de la fleur, le style s’allonge plus vite que le fourreau. Au fur à mesure que le pollen est libéré, le style ramone le pollen, ensuite les étamines se flétrissent et le style déploie enfin ses stigmates.  

Il y a donc transfer de pollen des étamines au style. Les insectes en butinant peuvent s’enduire de pollen au contact du style et le déposer sur les stigmates déployés d’une fleur complètement mûre. Le ramonage du pollen est généralement la règle chez les composées, mais n’est vraiment observable que chez les campanules. Les plantes imitant cette caractéristique ont d'ailleurs été groupées dan la catégorie des Campanuliidées.

Une inflorescence dans un corset : le Chardon 

Parmi les composées, le Chardon présente une fausse fleur à l’allure relativement primitive ce qui pourrait bien en faire leur ancètre, en tout cas selon certains botanistes. Le qualificatif de « chardon » est à vrai dire plutôt vague et couvre en fait plus d’une dizaine de genres aux feuilles dures et piquantes (Carduus, Cirsium, Cnicus, Silybum, etc..). 

Vue de loin, la "fausse fleur" d’un chardon apparaît comme une touffe de très fines corolles mauves émergeant d’une sorte de corset constitué de bractées dures et piquantes.  

 Chardon      Images 19

En la décortiquant, on constate qu’il s’agit bien d’une inflorescense constituée d’un grand nombre de fleurons en forme de tube, serrés les uns contre les autres et directement implantés sur un réceptacle et murissant du centre vers la périphérie 

Observé à la loupe, chaque fleuron se révèle être une fleur hermaphrodite dont la corolle forme un tube denté où l’on reconnaît encore fort bien la fleur pentamère. Par contre les sépales se sont transformé en poils. Le mécanisme de “ramonage du pollen » est pratiquement le même que celui que nous venons de voir à l’oeuvre chez la campanule. Aspect intéressant, l’ovaire devenu fruit garde ses poils, ce qui aide évidemment à sa dissémination par le vent  

En tous cas, le mécanisme de reproduction du chardon est un succès évident car sa capacité à tout envahir est proverbiale, au point que dans nos pays de nombreux règlements prescrivent sa destruction obligatoire.   

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Notre Artichaut (Cynara) bien connu, n’est autre qu’un chardon à grands capitules violets très décoratifs. Cette superbe “fausse fleur” est difficile à trouver puisque nous la mangeons en bouton! Comme le sait tout amateur d’artichauts, il faut enlever les bractées dont on racle la base molle d’un coup de dent. Le ” foin“ que l’on enlève est bien entendu l’ensemble des jeunes fleurons poilus. Avant de déguster le “fond”, qui n’est autre que le réceptacle de l’inflorescence, observer les marques d’implantation des jeunes ovaires.  

  Images 22   Echinops 

 

L’on trouvera aisément chez un marchand de fleurs séchées la fausse fleur de l'Echinops qui est un chardon évolué. Attention! Chacun des fleurons est en réalité un capitule réduit à une seule fleur comme en témoigne, à la loupe une bractée par fleuron. Pas évident à constater.   

Le capitule à mille langues du pissenlit 

Le Pissenlit (Taraxacum), cette mauvaise herbe envahissante, n’est pas à présenter. En démontant son capitule, on remarque qu’il est entièrement constitué de fleurons ouverts et étalés formant chacun comme une langue. On nomme d’ailleurs ce genre de fleuron ligule, déformation de lingule (de lingula: petite langue). Les pétales pentamères d’origine sont encore tout juste reconnaissables à cinq petites dents.  Comme dans le cas du chardon, les sépales sont transformés en poils, mais pendant le murissement du pistil ce dernier s’allonge pour former ces petits fruits en forme de parachute que les enfants “sèment à tous vent” en soufflant dessus. Le pissenlit est extrèmement variable et se confond avec ses proches cousins (près de 100 genres), presque tous à fleurs jaunes.    

  Images 23      Chardon

De plus, contrairement aux apparences, il n’a nul besoin des insectes car il se reproduit sans pollinisation. 

Chacun sait que le pissenlit est indéracinable. Un genre tout proche, la Piloselle va jusqu’à étendre ses rosettes au point de prendre parfois complètement possession du terrain.    

LA RADIATION PÉRIPHÉRIQUE

 C’est au botaniste Raymond Schnell que nous empruntons le terme un peu technique de radiation périphérique, qui exprime fort bien un phénomène extraordinaire et largement inexpliqué. Il s’agit d’une tendance générale des fleurs à se grouper tout en développant à leur périphérie, suivant des rayons, soit des feuilles plus ou moins colorées (bractées) , soit des fleurs de plus grande taille.  

Il en résulte que ces groupes de fleurs minuscules prennent souvent l’apparence d’une fleur simple car les bractées ou les fleurs périphériques sont prises pour des pétales classiques. Le profane s’y trompe presque toujours et même parfois le botaniste. L’exemple classique est la « fausse fleur » de la marguerite, colonie de minuscules fleurs jaunes entourée de fleurs blanches « imitant » des pétales. Le terme de “superfleur” serait sans doute bien choisi. Les exemples qui suivent ne sont là que pour donner un idée de la diversité du phénomène ce qui laisse supposer une origine génétique extrèmement lointaine qui ressurgit dans des familles très diverses. L’on prétend souvent que la radiation périphérique sert à attirer l’attention des insectes sur les fleurs susceptibles d’être pollinisées. Rien ne permet de l’affirmer, comme nous le verrons.  

DES FEUILLES QUI IMITENT DES PETALES

La tendance à la radiation périphérique, si fréquente chez les fleurs les plus évoluées, est présente tout le long de l’arbre généalogique des plantes à fleurs. Pour s’en convaincre, nous commencerons par jeter un coup d’œil à une des plantes les plus anciennes à savoir l'Houttuynia.   

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Le lecteur trouvera sans peine cette petite plante, originaire de l’Asie de l’Est, au bord de nos pièces d'eau où elle ne demande qu’à se propager. On la repère aisément car lorsque l'on froisse ses jolies feuilles en coeur marbrées de blanc et de rouge, il s'en dégage une odeur forte qui rappelle sa proche parenté avec le poivrier. Impossible de confondre!  Pour l'observateur non averti, sa “fleur” se présente sous la forme de quatre ou cinq “pétales” blancs d'où émerge un épi d'étamines jaunes, une fleur fort banale en somme. Pourtant sous la loupe, elle révèle sa vraie nature: les soit disant “pétales" ne sont que des bractées décolorées et les “étamines” sont en réalité un épi de minuscules fleurs trimères. Sans doute le premier exemple de radiation périphérique !   

Tout le monde connaît la floraison mauve luxuriante de la Bougainvillée (Bougainvillea) 

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Ce magnifique arbuste, originaire du Brésil, fait certes la beauté des jardins du midi, mais, que l’on ne s’y trompe pas, ses fleurs tubulaires groupées par trois sont parfois insignifiantes. Ce que nous prenons pour trois pétales mauves, ne sont en réalité que des bractées colorées à la base desquelles naissent les fleurs.  Pour comprendre ce qui se passe, il suffit de les aplatir.  

Dans l’ordre des Apiales (Ombellifères), il existe une fleur, le Panicaut ou Chardon bleu (Eryngium) qui vit dans nos près et nos dunes et que l’on confond souvent avec de vrais chardons. Ici, les fleurs minuscules sont entassées de façon à former une ombelle sphérique entourée de bractées dures qui dessinent des sortes de pétalesrayonnant. A rechercher chez un marchand de fleurs séchées. 

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LA RADIATION PÉRIPHÉRIQUE CHEZ LES FLEURS COMPOSEES 

Chez les fleurs composées, la radiation périphérie est obtenue à l'aide de fleurons  ou de ligules surdimentionnés.

Le bleuet  

Autrefois compagnon du coquelicot dans les champs de blé, le Bleuet ou Centaurée bleue (Centaurea Cyanus) est en voie d’extermination par les herbicides. Pourtant, cette fleur présente un grand intérêt, car on peut y voir un premier aspect de la radiation périphérique chez les composée. Au centre de l’inflorescence, les fleurons ressemblent à ceux du chardon, mais à la périphérie ils sont plus larges, plus irréguliers et stériles.  

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La Marguerite. 

La Marguerite est en quelque sorte la perle des composées (margarita : perle). On remarque au centre, des fleurons en forme de tube de couleur jaune et à la périphérie des ligules semblables à ceux du pissenlit, mais blancs et à trois petites dents (restes de la fleur à cinq pétales). Ce sont bien entendu ces ligules que l’on prend pour des pétales et que l’on effeuillait (autrefois?) en disant: “Je t’aime un peu, beaucoup, passionnément, pas du tout ”, preuve que leur nombre est variable.    

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De nombreuses fleurs bien connues sont bâties en gros sur le modèle de la marguerite. Il suffit de citer la Pâquerette(Bellis), le Chrysanthème(Chrysanthemum), le Souci (Calendula), le Tournesol ou Soleil (Helianthus), la Verge d’or(Solidago),l’Immortelle(Helichrysum), le Dahlia, le Coreopsis, le Cosmos, le Rudbeckia, le Gazania, la Gaillarde (Gaillardia) et tant d’autres.   

En 1900, le botaniste néerlandais Hugo de Vries, célèbre pour sa découverte des mutations, se mit en tête d’étudier le nombre de ligules d’une marguerite à fleurs jaunes et cela pour essayer de comprendre comment les fleurs tubulaires du centre pouvaient donner naissance aux ligules de la périphérie. 

Il constata d’abord qu’en moyenne les nombres de ligules de cette fleur était de 13, 21, 34 ou 55. Ceci correspondait à des termes de la série de Fibonacci à savoir :1, 2 ,3,5 ,8 ,13 ,21 ,34 ,55 ,89,… En sélectionnant soigneusement ses plants, Otto de Vries réussit aussi à observer l’apparition de ligules parmi les fleurs tubulaires, arrivant même à les multiplier au point de former des fleurs « pleines » composées uniquement de ligules. 

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  L'observation du centre de la fleur banale de la marguerite est fascinant.Les fleurons murissent du centre vers la périphérie en décrivant une double spirale dont l'angle est le nombre d'or issu de la suite de Fibonattci. Les fleurons serrés se rapprochent des cellules exagonales des alvéoles dans la ruche d'abeille.    

Le désordre des composées

 Les différences entre les composées sont souvent fort ténues. Il en résulte ce fait gênant que les botanistes ont souvent fait passer une plante d’un genre à l’autre. La marguerite est ainsi classées par certains dans le genre Chrysanthemum (de chryson: jaune), par d’autres dans le genre Leucanthemum (de leucos blanc). 

Si, chez les composées, nous avons surtout observé le chardon, le pissenlit et la marguerite c’est parce que ces fausses fleurs sont très typées, l’une ne possédant que des fleurons en forme de tube, le second que des ligules, la troisième étant composée des deux. En réalité tous les intermédiaires existent dans la nature sans compter que les composées cultivées sont complètement déboussolées par la sélection horticole. 

Un simple exemple: on peut trouver des pâquerettes cultivées ne possédant que des ligules et d’autres ne possèdant que des fleurons ! En règle générale, les fleurs extérieures sont mûres les premières. De plus, dans chaque fleur, les étamines précédent le pistil ce qui fait qu’à un moment donné on peut observer des fleurs fonctionnellement mâles à l’extérieur et femelles vers l’intérieur, mais il existe de nombreuses variantes.  

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Dans le même ordre d’idées, on entend souvent dire que les ligules servent de signaux pour attirer les insectes. Il s'agit là d'affirmations fort répandues, mais difficile à prouver au cas par cas. Prenons l’exemple de la Matricaire (Matricaria), sorte de petite marguerite de nos régions. On remarquera qu’une espèce, Matricaria chamomilla (une des camomille utilisées en tisanes) possède des ligules blancs. Par contre, la Matricaria discoidea, qui a subit une évolution légèrement différente car originaire d’Amérique, n’en possède aucun. Rien ne permet de dire que cette espèce rencontre plus de difficultés qu’une autre pour se faire polliniser par les insectes et à se reproduire!   

DE FAUSSES FLEURS DEVENUES PENTAMÈRE?  

Effeuiller la marguerite présente une part de hasard car le nombre de "pétales" (ou plutôt de ligules) est important et mal déterminé, même si ce nombre suit en moyenne la suite de Fibonacci. Il se fait que, par une évolution remarquable, un certain nombre de composées ont vu leurs ligules se développer et leur nombre se réduire à 5, le minimum de la suite, formant au fond une fausse fleur pentamère. 

Le Bidens a cinq pétales.

Cette évolution est particulièrement remarquable chez des fleurs décoratives courantes, toutes originaires de l'Amérique du Nord, comme le Cosmos, le Rudbeckia et le Coreopsis. Parmi ce dernier genre, le nombre de ligules se rapproche du nombre fatidique de cinq, ce qui est systématiquement réalisé chez une fleur fort appréciée de nos jours, le Coreopsis ferulifolia. Effectivement, les fleurons centraux tubulaires très serrés évoquent une sorte de pupille brune contrastant avec les cinq ligules jaunes. Cette fleur se vend également sous l'appellation de Bidens (Bidens ferulifolia).   

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 Le misérable Galinsoga  

Cette mauvaise herbe est souvent ignorée, bien qu’elle pousse fréquemment sous nos yeux à l’intérieur des villes, sutout aux endroits oû les chiens font leurs besoins. Il s’agit d’une immigrée clandestine venue d’Amérique centrale et méridionale au siècle passé. Elle a fait le trajet inverse de nos chardons eurasiens qui ont envahi le monde entier.

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Les fleurs de cette plante plutôt petite et laide, sont au fond des petites fleurs de marguerite, mais dont le nombre de ligules s’est réduit à cinq, quoiqu’avec hésitation. Vu de loin, on pourrait imaginer une fleur de fraisier!  

LES DERNIERS AVATARS DES FAUSSES FLEURS COMPOSEES   

L’Achillée (Achillea) est une plante courante dans nos prairies; on la nomme « mille feuille » à cause de ses feuilles extrèmement découpées. La fausse fleur tend vers cinq ligules mais ce qui est extraordinaire, c’est que ses fleurs poursuivent la tendance évolutive en regroupant à nouveau ces fausses fleurs en reconstituant des sortes d’ombelles à la manière des ombellifères avec lesquelles on peut aisément la confondre.  

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 L’Edelweiss,un sommet de l’évolution des composées?  

Nous en arrivons aux ultimes avatars des composées, avatars à vrai dire peu spectaculaires. En Europe, l’Edelweiss (Leontopodium alpinum) n’est pas une fleur, mais un symbole. Tout le monde la connaît, mais personne ne la regarde. Nous conseillons donc au lecteur de l’observer désséchée, mais bien conservée dans une de ces petites compositions florales que les touristes ramène de leurs vacances en montagne.  

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Que voit on? Dans le cas “idéal” un petit capitule occupe le centre, capitule constitué de fleurons tubulaires mâles. Autour de ce capitule, quelques  capitules formés de fleurons femelles. Le nombre de ces capitules varie mais tend manifestement vers le nombre fatidique de cinq. Entourant l’ensemble, la fameuse radiation périphérique réalisée à l’aide de bractées laineuses d’un blanc argenté qui lui ont valu son surnom d’”étoile d’argent”.  Ces bractées sont en nombre et en taille fort variable ce qui semble montrer l’instabilité de cette fausse fleur dont on n’imagine généralement pas la complexité.     

 

L’EUPHORBE  

L’Euphorbe (Euphorbia) nous montre de remarquables exemples de radiation périphérique choisis parmi 300 genres de plantes à fleur de la même famille, essentiellement tropicales.    Aucun rapport de parenté avec les composée 

L’euphorbe splendide    

C’est en 1828 que le botaniste américain Joel Roberts Poinsett remarqua au Mexique un superbe arbuste aux feuilles d’un rouge flamboyant pouvant atteindre trois mètres de haut. Il en introduisit des boutures dans son pays où il eut un succès extraordinaire; il est connu depuis sous le nom de Pointsettia ou Étoile de Noël. Sa renommée n’a jamais fait que s’étendre  Nous ne voyons chez nous que des variétés naines obtenues par un traitement particulier que nos fleuristes vendent à profusion au moment des fètes de nouvel-an.  

Au point de vue de la botanique, il s’agit sans doute du meilleur exemple de radiation périphérique que l’on puisse trouver. Vus de loin, les groupes de 10 à 20 larges bractées d’un rouge éclatant , peuvent faire penser à d’énormes fleurs, mais les vraies, d’un vert jaunâtre, sont toutes petites et groupées au centre. 

 

  Poinsettia  Poinsettiaflower

 Vues de tout près, ces petites fleurs semblent revèches et d'une structure difficile à cerner. En détachant l’une d’elles pour l'observer, on remarquera un latex blanc qui s'écoule de la moindre blessure. Il n'y a pas de doute, nous sommes en présence d'une euphorbe tropicale, l'Euphorbe splendide (Euphorbia pulcherrima); Poinsettia” n’est que son ancien nom abandonné par les botanistes et adopté par les fleuristes. On remarquera qu’il existe une glande à nectar fort visible sous forme de lèvres entr’ouvertes.   

La période communément appelée " floraison " correspond en fait à la période de coloration des bractées qui peut durer plus de quatre mois alors que les vraies fleurs sont de courte durée.    

Des euphorbes bien de chez nous    

On trouve chez nous des euphorbes à profusion parmi les mauvaises herbes de nos plates bandes; une vingtaine d’espèces dans nos pays. La plupart présentent leurs fleurs sur des ombelles plus ou moins compliquées. Nous conseillons donc au lecteur de se munir d’une bonne loupe et de partir à leur recherche. Il les reconnaîtra sans peine à leur port grèle, leur couleur vert clair et surtout au latex blanc qui s’écoule de la moindre de ses blessures. Impossible de ne pas en trouver.   

Nous prendrons ici comme exemple l’Euphorbe peplus (Euphorbia peplus), l’une des plus courantes.     

     Euphorbia peplus flowers   Euphorbia peplus fleur 

Sous la loupe, le lecteur remarquera d’un coup d’oeil, sortant de ce que l’on pourrait appeler une « fleur », verte comme le reste de la plante, un pistil inimitable à trois lobes qui se gonfle de façon presque indécente au fur et à mesure qu’il mûrit, au point de finir par pendre lamentablement. Linné, voyant cette forme d'ovaire chez les euphorbes qu’il connaissait le dénomma "tricoque", terme qui désigna longtemps l’ensemble des euphorbes. Entourant la base de ce pistil, un bon nombre d’étamines vaguement groupées en cinq faisceaux. L’ensemble est entouré d’une amorce de radiation périphérique sous forme de bractées alternant avec des glandes à nectar ressemblant à des croissants.   

 Le grand intérêt d’une fleur d’euphorbe est qu'il ne s'agit en aucune façon d'une « vraie » fleur mais d'une petite inflorescence constituée au centre d’une fleur femelle unique entourée de fleurs mâles réduites chacune à une seule étamine.   

Les botanistes modernes s’en sont rendu compte en observant diverses espèces d’euphorbes. Ils ont ainsi constaté le passage d’une fleur mâle classique aux multiples étamines (possédant pétales et sépales) à la fleur mâle réduite à une seule étamine dont il est question ici.    

L’euphorbe pentamère   

Une fausse fleur d’euphorbe "achevée" bien mieux “réussie”,est l’Euphorbe pétaloïde (Euphorbia corollata) que le lecteur n’aura malheureusement que peu de chances de trouver. Il s’agit d’une petite plante (50 cm à 1 m de haut) qui pousse dans les plaines des États-Unis et se couvre en été d’une multitude de petites fleurs blanches pentamères; les américains la nomment “flowering spurge” (euphorbe fleurie). Les "pétales" sont en fait des bractées colorées entourant l'inflorescence centrale.

 

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LES ANCÊTRES INTROUVABLES

DES PLANTES À FLEURS   

Avant l’apparition des plantes portant des fleurs, il existait sur terre de nombreux végétaux pourvus de cellules sexuelles mais ces dernières étaient largement ouvertes à l’action du vent. Ceci est bien normal pour les organes mâles (étamines) mais beaucoup moins pour les ovules. Ces plantes, les botanistes les nommèrent gymnospermes autrement dit « à ovules nus ». La plupart de ces plantes ont disparues, mais quelques espèces sont encore bien présentes et fort connues de tous sous l’appellation de conifères (sapin, épicea, araucaria, if, etc).

Ces plantes, en général des arbres, ont été repoussée vers les régions les plus froides du globe par les plantes portant des fleurs, ou plus exactement dont les ovules étaient enfermés, d’oû le nom angiospermes. que leur donnent les botanistes 

Bien que très archaïques, les conifères ne sont nullement les ancètres de nos plantes à fleur. Malgré tous les progrès de la génétique, ces derniers restent inconnus. Cependant, certains de leurs cousins sont encore bien vivants et mérites d'être signalés. 

La plus ancienne fleur que l’on peut qualifier de trimère pourrait bien être celle de lacore, plante aquatique fort discrète. D’autre part, chez les fleurs pentamères, un bel arbre comme le magnolia a toujours été considéré comme un ancètre présentable.    

LES « LIS » ARCHAÏQUES     

Après nous être occupé des fleurs trimères les plus grandes et les mieux structurées, il serait dommage de laisser de côté les cousins de leurs ancètres moins spectaculaires mais pleins d’enseignements sur la plasticité des plantes à fleurs. Selon les dernières recherches, ces derniers sont apparus il y a en gros 100 millions d’années, les plus récents, il y a 8 millions d’années seulement, chiffres non garantis. 

Ils ont apparemment survécu jusqu’à nos jours gràce à leur fréquentation assidue des milieux aquatiques ou des forêts équatoriales humides, milieux fort stables. Ces plantes, qui ne comprennent que 160 genres, les botanistes les ont groupées dans l’ordre « antique » des Alismatales. Nous nous contenterons d’examiner deux genres aisés à repérer : l’alisma et l’arum

LES FLEURS TRIMERES PRIMITIVES

 

LES ACORALES 

Bien que cette plante importée d’Asie à une date indéterminée vive ça et là au bord de nos étangs,  l’Acore (Acorus),  le lecteur aura tout intérêt à le chercher en jardinerie au rayon des plantes de bassins. Il ressemble fort à un iris d’eau, mais son feuillage est fort odorant et souvent panaché. Ses fleurs sont décevantes, c’est le moins que l’on puisse dire.  

     Aco        Acore 

Minuscules, vertes, serrées les unes contre les autres à la manière des cellules d’abeilles et formant des spirales, elles apparaissent sous forme d’un épi compact, comme chez l’arum. Pourtant chacune d’elle est bien une fleur trimère (six pétales, six étamines,  pistil en trois parties).    

Après bien des discusiions, les botanistes l’admettent comme la plus ancienne des fleurs trimères encore vivantes. L’espèce que l’on trouve généralement est stérile mais elle se propage par sa tige souterraine (rhizome) profondément enfouie dans la vase.    

LES ALISMATALES  

Bien que l’Alisma fréquente le bord de nos étangs, il est fort difficile à repérer ; aussi conseillons nous au lecteur de se le procurer en jardinerie et de le planter dans n’importe eau calme, il ne sera pas déçu. L’ensemble de la plante présente un aspect que l’on pourrait qualifier de « préhistorique ». Elle tient manifestement à exprimer la trimérie : tige à section presque triangulaire, pétiole des fleurs allant souvent par trois, fruit triangulaire. L’alisma ressemble en fait à un petit arbre squelettique de quelques dizaines de centimètres de haut jaillissant d’une touffe de feuilles ovales qui évoquent celles du plantain (on le nommait autrefois « plantain d’eau »)   

004 alisma plantago aquatica   Alisma

Même à bonne distance, on remarque que les mignonnes petites fleurs blanches, sont à trois pétales, mais les trois autres sont fort petits et verts; il faut retourner la fleur pour les observer. L’on remarque aussi la présence de six étamines. Il s’agit pratiquement de fleurs de lis miniatures !  

On remarquera pourtant que le pistil est constitué de nombreux carpelles non soudés. Ces carpelles et les pétales verts la rapprochent comme nous le verrons des fleurs pentamères les plus primitives. Nous n’insisterons pas sur les autres fleurs de ce groupe de plantes aquatiques car elles sont peu spectaculaires, difficiles à observer et même à approcher.  

Les alismatales montrent à quel point les plantes à fleurs qui ont eu l’occasion d’évoluer les pieds dans l’eau ont tendance à se diversifier à tous points de vue. Les feuilles émergées sont généralent triangulaires (arums) ou se rapprochent de cette forme (alisma) , mais s’arondissent lorsqu‘elles flottent à la surface (lentilles d’eau).

Celle qui restent submergées sont en forme de lanières formant des herbiers même en eau salée. 4 Il est remarquable que les « arums » présentent ainsi à la fois les «fausses  fleurs » les plus grandes et les plus petites qui soient car, si celle de certains arums indonésiens comme l’Amorphophallus peut atteindre plus de deux mètres de haut, les fleurs des lentilles d’eau dépassent à peine le millimètre. Des fleurs comme celles de l’alima produisent en abondance des graines fertiles tandis que d’autres (lentilles d’eau) sont très près de renoncer à la sexualité.    

L’ARUM    

L’Arum des fleuristes  

Nous proposons au lecteur de pousser la porte d'un fleuriste et de lui acheter une fleur à couper courante, l’Arumle « must » des corbeilles de mariage. Cette fleur était totalement inconnue de nos ancêtres, car les naturalistes l’importèrent autrefois de ses marais d’Afrique du Sud. Il s’agit d’une des « fleurs » à la fois les plus belles et les plus grandes qui soient.   

Observons notre arum de très près; nous l’aurons choisi le plus fané possible, ce qui fera l’affaire du fleuriste. 

 

        Arum                        

 L’on remarque un fin cône jaune allongé émergeant d’un cornet d’un blanc immaculé. Ce cornet est à l’évidence une feuille décolorée. En caressant du doigt le cône jaune, on remarque qu’il s’enduit d’une fine poussière blanche onctueuse qui n’est autre que du pollen. Le cône est en réalité un épi contenant un nombre énorme de fleurs mâles serrées les unes contre les autres au point d’être invisibles. En déchirant la base du cornet, l’on découvre, noyées dans les fleurs mâles, un réseau de fleurs femelles réduites chacune à un ovaire et disposées en spirale.    

Les fleurs de l’arum sont rudimentaires, c’est le moins que l’on puisse dire (pas de pétales, une étamine unique ou un ovaire. Ce que l’on observe est une inflorescence constituée de fleurs dégénérées.   

Pour le grand public, un arum est pourtant une fleur à part entière. Les botanistes ne le nient pas et savent qu'il existe une multitude d'inflorescences que l'on peut prendre pour une fleur unique; ils les nomment d'ailleurs pseudanthes, littéralement "fausses fleurs". Certains vont plus loin et prétendent qu'un grande majorité des fleurs se sont formées au cours de l'évolution au départ d'inflorescences, nous y reviendrons.  

Notre arum des fleuristes est une plante tropicale quasi aquatique mais qui s’adapte aux climats moins chauds car elle se multiplie sans problème par son épais rhizome qui reste à l’abri du gel. On en trouve en abondance dans les jardins et les fossés dans le sud de la France.  

Un arum bien de chez nous.   

Pour mieux comprendre l’arum, nous proposons au lecteur de se promener dans nos campagnes. Il rencontrera immanquablement notre arum sauvage dont la structure est bien plus remarquable.     

Au printemps, nous voyons jaillir directement du sol au milieu d’un bouquet de feuilles triangulaires le cornet typique de ces arums qui se déroule incomplètement sans atteindre la blancheur des cousins africains.     

En déchirant la base du cornet, l’on découvre un spectacle étonnant. La majeure partie des fleurs mâles de l’épi a disparu laissant subsister une sorte de massue lisse jaune ou pourpre. Les fleurs mâles et femelles forment maintenant deux manchons bien séparés; certaines étant réduite à de simples poils. Les fleurs femelles se disposent clairement en spirale, signe d’archaïsme. Les ovaires comprimées tendent à prendre une forme hexagonale comme les alvéoles des ruches d’abeilles.   

    Image 4      

Les fleurs femelles sont fécondables bien avant que les fleurs mâles ne les saupoudrent de pollen. Ce sont des mouchettes qui pratiquent la pollinisation croisée en se déplaçant entre des inflorescences à divers états de maturité. Il faut dire que, sauf exception, tous les arums dégagent une odeur de pourriture. Après fécondation, les ovules deviennent de jolies baies rouges disposées en spirale et malheureusement toxiques. Il est à noter que les lentilles d'eau sont des arums complètement dégénérés.    

LES PLUS VIEILLES FLEURS AU MONDE  

 En fait, une série de questions se posent. Comment l’ancètre commun des plantes à fleurs se présentait-il ? Une herbe ou un arbre ? Portait-il des fleurs ridiculement petites comme celles de l’acore ou de grande taille comme chez le magnolia ? Etaient-elles hermaphrodites ou à sexes séparés ? Pollinisées par les insectes ou par le vent ?    

Les toutes dernières analyse génétiques nous montrent à cet égard une diversité stupéfiante. Ces plantes antiques, les botanistes ont pratiquement renoncé à la classer et, lorsqu’ils le font, changent régulièrement d’avis.   

Contentons nous d’une revue de ces genres très anciens, comme dans la visite d’un château l’on jette un coup d’œil aux tableaux représentant les ancêtres (supposés) du propriétaire.      

Ce n’est que tout récemment qu’une majorité de botanistes se sont mis d’accord pour déclarer comme plantes à fleurs les plus anciennes, l’Amborella, une parfaite inconnue du public et le Nénuphar que chacun de nous peut admirer à la surface des étangs. 

L’Amborella (seule espèce de l'ordre des Amborellales) est un arbuste qui ressemble un peu à un laurier et qui vit dans les forêts humides de Nouvelle Calédonie. Aucune chance de l’observer ! Se renseigner cependant au syndicat d’initiative de Noumea. 

 Amborella   

 Par contre, chez le Nénuphar (que les botanistes nomment Nymphea ), la fleur est de très grande dimension et présente manifestement de nombreux pétales et étamines entourant un pistil constitué d’une série de carpelles formant un anneau.    

On remarque que, de la périphérie vers le centre les pétales se transforment progressivement en étamines. Ceci montre bien que dans une fleur les organes mâles ne sont que des pétales transformés. Comme nous l’apprennent les roses, nous savons que la transformation inverse est courante. 

    Nymphea24juin2010002               Nymphea

 

   Image 1 

LES FLEURS PRIMITIVES

Nous suggérons au lecteur de pénétrer au printemps dans un parc ou un jardin et de se diriger vers un arbre, le Magnolia, justement célèbre pour ses fleurs impressionnantes,    

Il constatera, en les comptant, que les grands pétales sont au nombre de six, neuf ou plus, avec parfois des variantes.  

 290px magnolia wieseneriMagnolia

Pourtant, le centre de la fleur est fort particulier. En effet, de nombreux carpelles terminés en crochet s’enroulent en spirale autour d’un réceptacle en forme de cône, disposition très ancienne qui nous rappelle que les carpelles étaient autrefois de simples feuilles repliées. A la base de ces carpelles, une multitude d’étamines plates très éphémères forme une seconde spirale plus serrée.  

Ces aspects font du Magnolia une plante très archaïque. Malgré certains aspects trimères, comme le nombre de pétales, on considére actuellement qu’il s’agit d’un cousin des ancètres disparus des fleurs pentamères.    

DE VIEUX ARBRES ODORANTS ET GOÛTEUX.. 

Nous avons déjà rencontré le magnolia qui nous a servi à introduire les fleurs pentamères. Il se fait que ses « cousins » sont justement célèbres pour secréter des substances odorantes ; on les trouvera plus facilement dans nos cuisines que dans la nature.  

Le Poivrier (Piper), arbuste tropical grimpant, présente ses inflorescences, en forme de "queues de lézard" regroupant une multitude de petites fleurs hermaphrodites disposées en spirale.

   Poivrier       Poivrier 

Ses baies rouges sont évidemment le poivre.    

Le Badianier (Illicium) présente par contre une fleur hermaphrodite rayonnante qui devient en fructifiant la « badiane », surnommée « anis étoilé ».  

Le Laurier ( Laurus) est un arbre bien connu de tous pour la forme et le goût de ses feuilles. Bien qu’il pousse dans les régions abritées de nos pays, personne ne se donne la peine d’examiner à la loupe ses grappe de fleurs mâles et femelles portées sur des pieds séparés.

            Laurier        Laurier

Les fruits sont de petites baies (« bacca laurea )». D’autres  arbres proches du lauriers, les Cinnamomum, sont appréciés pour le goût de leur écorce (Cannellier)  ou la substance extraite de leur bois (Camphrier).   

Le Muscadier (Myristica), tout proche,possède un fruit dont le noyau est notre noix de muscade, Par contre, chez l’Avocat (Persea) on jette le noyau pour consommer la chair, le « beurre du pauvre. » Le Sassafras est connue pour son huile essentielle très odorante base de fabrication de l’extasy. Notons que par une convergence remarquable, des dizaines de millions d’années plus tard, des molécules aboutissant au même gôut furent à nouveau synthétisée par l’Anis (Pimpinella) et autres ombellifères  odorantes.    

INDEX  

A

Acanthe (Acantha) Famille des Acanthacées. Ordre des Lamiales.   

On cultive chez nous, en annuelle, une liane d'Afrique du Sud et de l'Est, le Thunbergia, de la même famille que l’acanthe.   

Acorales  

Acore(Acorus)  Famille des Acoracées. Ordre des Acorales.    

Agapanthe (Agapanthus) Famille des Agapanthacées. Ordre des Asparagales.   

Agave  (Agava) Famille des Agavacées. Ordre des Asparagales.  

Parmi les Agavacées, citons, la Cordyline (Cordylina) et la Langue de belle mère (Sanseveria) connues chez nous comme plantes d’appartement. Elles sont considérées comme plantes vertes car il est difficile de les faire fleurir.   

Ail (Allium) Famille des AlliacéesOrdre des Asparagales

L’on trouve dans les vignobles, un ail très particulier, l’Allium vineale dont l’inflorescence est peu fournie, mais qui porte des bulbilles qui en tombant au sol propagent la plante.     

Alisma (Plantain d’eau) Famille des Alismatacées. Ordre des Alismatales   

Alismatales    

Cet ordre comprend les Alismatacées, les Aracées (Arums) et une douzaine d’autres familles essentiellement aquatiques dont certaines forment des herbiers sous-marins en eau salée.   

Aloes (Aloe) Famille des LiliacéesOrdre des Asparagales.   

Cette plante qui évoque l’agave porte un nombre énorme de petites fleurs en forme de tulipes fermées et groupées en épis allongés.   

Alstroemeria Famille des Alstroemeriacées. Ordre des Liliales 

Amarante  (Amaranthus) Voir Caryophyllales.   

Amaryllis  Famille des Amaryllidacées. Ordre des Asparagales.   

Le terme populaire d'Amaryllis désigne en fait divers genres originaires les uns de l'Amérique du Sud comme l'Hippeastrum, les autres de l'Afrique du Sud et de l'Est comme l'Amaryllis proprement dit, le Crinum, la Nerine et le Clivia, ce dernier souvent cultivé en appartement.   

Ambroisie (Ambrosia) Famille des Astéridées. Ordre des Asterales. Proche de l’Armoise.   

Ancolie    Voir Renoncule   

Anémone Voir Renoncule   

Apiales   

Cet ordre, aux fleurs généralement en ombelles, comprend les Apiacées (anciennement Ombellifères), les Araliacées (les Lierres), les Pittosporacées (Pittosporum) et quatre autres familles.   

Arecales   

Cet ordre ne comprend que la famille des Arecacées, à savoir les Palmiers.   

Armoise (Artemisia) Famille des Astéridées. Ordre des Asterales.   

De nombreuses espèces d'Armoise produisent des substances aromatique très fortes. Il suffit de citer l’Absinthe et le Dragon (ou Estragon ), ce dernier ainsi nommé pour ses racines sinueuses. Les petites fleurs de ce dernier sont habituellement stériles.   

Arum Famille des Aracées. Ordre des Alismatales.   

Les botanistes ont nommé l’Arum décoratif: Richardia, puis Zantedeschia. Certains, plus petits sont qualifiés de Calla; ceci explique que les fleuristes ne s'y retrouvent pas.

Le même genre d’inflorescence se rencontre chez deux fleurs d'appartement très courantes, le Spathiphyllum et l’Anthurium. Chez ces Arums, le cornet est entièrement ouvert ce qui justifie le terme de spathe utilisé par les botanistes (terme tiré du grec spathê: morceau de bois large et plat). Ces deux plantes présentent des spathes étalés l'un blanc, l'autre habituellement rouge et vernissé.    

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Asparagales    

Ce ordre prenant comme type l’Asperge (Asparagus), comprend près de trente familles dont les Amaryllidacées, les Iridacées, les Alliacées et les Orchidacées (Orchidées).  

 

Les Liliales et les Asparagales sont souvent très proche Il suffit de comparer une Liliales comme la Cochique (à 6 étamines) à une Asparagale comme le Crocus ou safran ( à trois étamines). 

 

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Pour une analyse très poussée de cet ordre, voir: http://laurent.penet.free.fr/Asparagales.html

Asperge  (Asparagus) Famille des Asparaginacées. Ordre des Asparagales.   

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Asphodéle (Asphodela) Famille des Asphodelacées. Ordre des Asparagales  

Cette plante surtout italienne et grecque avait chez ces derniers une valeur symbolique.   

Asterales 

Cet ordre regroupe une quinzaine de familles, essentiellement celle des Astéracées (anciennement Composées ou Synanthérées). S’ajoutent les Campanulacées (Campanule, Jasione, Codonopsis, Lobelia,..). Les autres Asterales sont surtout présentes en Australie et dans les îles voisines.

Parmi elles, la Scavolia (famille des Goodenaciée) de plus en plus présente dans les potées fleuries et que l’on reconnaît aisément à ses cinq ligules rejetés de côté comme une main.   

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Le Pissenlit et les plantes qui lui sont très proches sécrète un latex qui donne aux jeunes feuilles une valeur alimentaire comme chez la Laitue (Lactuca) et la Chicorée (Cichorium) aux belles fleurs composées bleues. Il en est de même pour certaines racines comme chez le Salsifi (Trapopogon) et le Scorsonère ou Salsifis noir (Scorzonera).   

Aster Famille des Astéracéees. Ordre des Asterales.   

Aucuba Famille des Aucubacées . Ordre des Garryales  

Badiane (Illicum).Famille des Illiciacées. Non classable dans un ordre. 

Bananier (Musa). Famille des Musacées. Ordre des Zinzibérales. 

L’énorme inflorescence apparaît comme divisée en trois parties. En haut, l'on distingue sans hésitation les bananes déjà constituées, les ovaires fécondés si l’on veut. Ces fleurs sont évidemment femelles. A l'extrémité opposée, l'attention est attirée par une sorte de lampion coloré constitué de rangées de fleurs mâles

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Entre les bananes et le lampion, les fleurs sont généralement restées hermaphrodites. Si l’on examine une de ces dernières, on remarque un périanthe en deux parties où l’on devine avec un petit effort les six pièces d’origine très déformées. Il existe aussi en principe six étamines aux anthères très allongées, mais l’une d’elles avorte habituellement. L’ovaire, la future banane se prolonge par un style et un stigmate à trois lobes; il suffit d’ailleurs d’observer une banane pour reconnaître cette forme vaguement triangulaire et à l’extrémité les vestiges du périanthe. 

Berberis (Epine-vinette) Famille des Berbéridacées. Ordre des Ranunculales   

Le Berberis er le Mahonia sont très proches Le premier voit certaines de ses feuilles se transformer en aiguilles acérées, les feuilles du second sont souvent confondues avec celles du houx. En ouvrant ces fleurs jaunes globuleuses, on remarquera une disposition qui n'est pas sans rappeler celle du lis, mais au périanthe dédoublé, car il possède généralement six sépales, six pétales et six étamines disposition exceptionnelle mais qui évoque un rapprochement avec un ancètre à fleurs trimères.    

Le pistil monolitique est surmonté d'un stigmate en forme de plateau. A maturité, les anthères des étamines s’ouvrent curieusement par deux clapets latéraux, comme chez les lauriers, bien plus primitifs. De plus, les étamines se rabattent sur le pistil au moindre attouchement en se dégageant des glandes à nectar qui entourent leur base.

Il est amusant de serrer légèrement entre deux doigts une de ces fleurs pour observer ce mouvement presque animal, très rare parmi les fleurs. Tout se passe comme si les abeilles qui visitent ces fleurs provoquaient leur autopollinisation! La fleur fécondée se transforme en une petite baie bleue ou rouge, d’où le nom d’Epine-vinette que l’on donnait autrefois au Berberis de nos campagnes.  

Bougainvillée (Bougainvillea). Famille des Nyctaginacées. Ordre des Caryophyllales.  

Brassicales

Ce ordre regroupe une quinzaine de familles de plantes très évoluées et ressemblantes, la principale étant de très loin celle des Brassicacées (ex-crucifères) avec 420 genres. A signaler celle des Resedacées (Reseda) et des Tropeolacées (voir Capucine). 

Les Brassicacées comptent de nombreuses espèces ornementales comme la Julienne (Hesperis, Malcolmia), la Corbeille d’argent ou Arabette (Arabis), l’Aubriète ou Aubriécie (Aubrietia), l’Alyssum, etc. Les fleurs des divers genres de brassicacées sauvages diffèrent peu entre elles. Pour les déterminer l’on se sert de leurs graines plus typées et encore. On trouve à usage culinaire le Radis (Raphanus), le Cresson (Nasturtium ou Lepidiumet le Raifort (Cochlearia), ainsi que les diverses variétés de Choux entre autres le Navet, le Rutabaga, la Moutarde et le Colza, tous du genre Brassica. La couleur dite « pastel » était autrefois extraite de l’Isatis

Les Brassicales forment un groupe de plantes fort homogène car elles élaborent des substances chimiques contenant du soufre (essence de moutarde). Il suffit de goûter de la moutarde ou de respirer l'odeur d'un chou en train de cuire pour s'en rendre compte. On peut aussi froisser les feuilles d'une petite plante sauvage, l'Alliaire (Alliaria) qui, comme son nom l'indique, dégage une odeur d'Ail.   

Il se fait que la fleur préférée des généticiens est justement une petite crucifère sans attrait mais portant le joli nom, d’Arabette des dames (Arabidopsis thaliana). Ils constatèrent en étudiant des exemplaires mutants, que la fleur pouvait prendre acquérir cinq pétales, mais cela ne permet toujours pas d’expliquer la disposition des six étamines.        

Bromelia Famille des Broméliacées. Ordre des Poales   

Bruyère (Erica). Famille des Ericacées. Ordre des Ericales 

Exception parmi les Ericacées, la fleur est tétramère; ce que l'on remarque à quatre petites dents, quatre étamines et un ovaire en quatre parties. Le Calluna est une “Bruyère” sauvage à petites fleurs et la Myrtille (Vaccinium) n’est vraiment connue que pour ses baies (airelles). Les genres Andromède (Pieris) et Kalmia se rencontrent fréquemment dans nos jardins.   Le Cobea, à la corolle en cloche, est une plante grimpante mexicaine parfois cultivée en annuelle dans les jardins.   

C

Cactacées Voir Cactus. 

Cactus  

On dit  "les cactus " comme on dit “les palmiers” ou “les orchidées”, sans pouvoir leur donner un nom. On devrait dire les Cactacées. Cette famille archaïque, de l’ordre des Caryophyllales, est exclusivement originaire du continent américain. La pentamèrie de la fleur ne se manifeste pas encore. Le plus connu des cactus, le Nopal ou Figuier de Barbarie (Opuntia) fut importé du Mexique après la découverte de l’Amérique.  

Dans nos jardins, on rencontre diverses espèces de Ficoïdes (Mesembryanthemum, famille des Aizoacées) originaires des zônes arides d'Afrique du Sud. Leur affreux nom scientifique signifie simplement que la fleur (anthos) s'ouvre généralement au milieu de la journée (mesambria, chez les Grecs). En français, il s’agit d’une allusion à la figue.  

Sa fleur tend vers une forme en étoile à branches multiples comme chez l'Aster et la Pâquerette. Pourtant ces deux dernières fleurs occupent le sommet de l'évolution des plantes à fleurs et sont composées d'un arrangement de nombreuses fleurs minuscule . A l'opposé, une caryophyllale comme la ficoïde c.à.d une plante peu évoluée, est une "vraie" fleur car le centre est constitué d'étamines et de carpelles entouré de vrais pétales. Nous nous trouvons devant un de ces multiples cas de convergences qui rendent la vie si difficile aux botanistes. La pentamérie tend cependant à se manifester au niveau des sépales.

 Certains ficoïdes ont une végétation si réduite que l'on peut les confondre avec des cailloux, jusqu'au moment où les fleurs apparaissent! Pour sa part, la Tétragone ou Épinard de Nouvelle Zélande (Tétragona) fait partie des légumes oubliés   

Contrairement aux apparences, notre Pourpier "indigène" (Portulaca, famille des Portulacacées) est bien une plante des déserts, mais l'espèce que nous connaissons se plaît fort bien chez nous et tend même à tout envahir. Contrairement à ses frères des pays chauds, il ne porte que des fleurs insignifiantes à cinq pétales, mais seulement deux sépales.  

Callistemon. (Rince bouteilles) Famille des Myrtacées. Ordre de Myrtales 

Calochortus.(Mariposa) Famille des Calochortacées. Ordre des Liliales  

Camellia. Famille des Theacées. Ordre des Ericales. 

Campanule. (Campanula). Famille des Campanulacées. Ordre des Asterales.  

Les étymomogies sont parfois trompeuses. S’il est vrai qu’une fleur de campanule ressemble souvent à une cloche (du latin campanula: petite cloche), pas mal d’espèces, aux pétales à peine soudés, sont de superbes petites étoiles à cinq branches. De même, si la corolle du Lobelia, sa proche parente, présente clairement trois lobes inférieurs étalés, son nom vient de Mathias de Lobel, médecin du roi d’Angleterre Jacques I. 

Canellales  

Cet ordre ne renferme que la famille des Canellacées dont la Canelle (Cinnamomum)  

Canna. Famille des Cannacées. Ordre des Zinziberales 

Citons, très proches du Canna, le Maranta et le Calathea, plantes d’appartement appréciées pour leur feuillage décoratif. Sous les tropiques, on cultive le Curcuma et le Galanga (Alpinia) pour leurs rhizomes, ainsi que l'Amome (Amomum ou Elettaria) pour ses graines aromatiques connues sous le titre de cardamome. 

Cannabis (Chanvre, Marijuana) Famille des Cannabinacées. Ordre des Rosales.  

Câprier  (Capparis). Famille des Capparacées. Ordre des Brassicales.

 Ce petit arbuste épineux méditerranéen porte de grandes fleurs décoratives blanc rosé à quatre sépales et quatre pétales, s’ouvrant essentiellement la nuit. De longues étamines et un pistil monté sur une sorte de présentoir jaillissent de la corolle.   

Capucine (Tropeolum) Famille des Tropéolacées. Ordre des Brassicales

On s’est longtemps demandé où placer cette fleur bizarre dans l'arbre généalogique des plantes à fleurs? Une forte ressemblance avec notre Geranium des balcons (Pelargonium) l’avait fait autrefois ranger parmi les Geraniales (Rosidées). Mais son originalité a fini par la faire classer dans la mini-famille des Tropaeolacées, toujours membre des Geraniales. Elle s’y trouvait toute seule en compagnie de la Magallana, fleur quasi inconnue vivant en …Patagonie. 

Et pourtant, les toutes dernières analyses génétiques viennent de montrer qu'elle n'a rien du tout à voir avec le Geranium et que ses vrais cousins ne sont autres que le chou, la moutarde, le caprier et le cresson, autrement dit les  Brassicales (Crucifères).   

En fait la fleur a réussi à tromper tous les botanistes, qui savaient pourtant que cette plante contenait de l'huile de moutarde. Tout le monde s'en doutait, car il suffit de machonner la fleur, la feuille ou le fruit de la capucine pour reconnaître un goût de cresson révélateur, d’ailleurs les Anglo-saxons s’en servent pour parfumer les salades. On utilisait autrefois chez nous les boutons et fruits immatures confites comme des câpres, son autre cousine; les meilleurs câpres étaient d'ailleurs dénommées "capucine". Bien mieux, en anglais courant, la capucine se dit Nasturtium, nom latin du cresson ( qu’ils nomment cress)! 

Carline (Carlina).Famille des Asteracées. Ordre des Asterales   

Caryophyllales 

C’est tout récemment que les botanistes ont regroupé dans cet ordre 15 familles de plantes à fleurs fort hétéroclites et relativement primitives. Ce terme un peu obscur nous vient simplement de Caryophyllus, ancien nom latin de l'Oeillet, le membre le plus célèbre. Quelques plantes de cet ordre, dont les fleurs insignifiantes sont justement ignorées quoique pleines d’enseignements. Pour s’en tenir aux plus connues, citons l’Oseille (Rumex), la Rhubarbe(Rheum) et la Renouée (Polygonum), de la famille des Polygonacées ; l’Épinard(Spinacia), la Bette (Beta). 

L’on remarque par exemple le passage de la fleur trimère réputée primitive à la fleur pentamère en comparant la fleur de l’Oseille et celle de la Betterave. 

L'Amarante (Amaranthus), de la famille des Amaranthacées, porte des inflorescences en "Queue de renard ", généralement d'un rouge ..amarante et comportant des grappes de fleurs pollinisées par le vent. On utilise comme plante décorative sa soeur la Célosie (Celosia), native des tropiques qui dispose parfois son inflorescence en crètes de coq.  

L’ovaire plus conservateur reste bien entendu trimère; d’ailleurs il devient un fruit à trois côtes très marquées d’ou le nom de Polygonacées donné à leur famille (du grec polus : nombreux et gonia angles). L’antiquité de toutes ces fleurs est attestée par le colorant rougeâtre des fleurs, des bétalaïnes, substance particulière unique que l’évolution n’a généralement pas retenu. 

Chanvre.Voir Cannabis. 

Chardon. Famille des Astéracées. Ordre des Asterales

Ce que l’on nomme Cardon et dont on mange parfois les “cotes” est effectivement un chardon ou plus précisément un artichautDe même pour la Bardane (Lappa) qui s’accroche aux vêtements. Des fleurs cultivées comme la Tanaisie (Tanacetum) et la Santoline (Santolina) ont la même structure. Le Chardon à foulon ou Cardère (Dipsacus) est une scabieuse dont les capitules mûr très épineux et durs, montés sur un morceau de bois, servait autrefois à carder la laine ou le coton.  

Ciste (Cistus). Famille des Cistacée. Ordre des Malvales 

Cette fleur typique du bassin méditerranéen est surtout représentée chez nous par le Ciste hélianthème (Helianthemum) ou l’Halimium , plantes que l’on trouve cultivées ou à l’état sauvage. Ses nombreuses étamines se groupent en cinq faisceaux mais c'est ici le calice qui semble encore hésiter entre la pentamèrie et la trimèrie.   

Citronnier Famille des Rutacées .Ordre des Sapindales  

Cyclamen.Famille des Primulacées .Ordre des Ericales   

Clématite Voir Renoncule 

Cleome Famille des Brassicacées .Ordre des Brassicales     

Colchique(Colchicum). Famille des Colchicacées. Ordre des Liliales   

La plus belle ou en tout cas la plus étrange des “colchiques”, est une plante grimpante native d’Afrique du Sud, le Gloriosa. 

Commelina. Famille des Commélinacées. Ordre des Commelinales 

Les botanistes considèrent actuellement le commelina comme le modèle et peut-être la souche d’une immense lignée qu’ils nomment Commelinoïdes. Cette dénomination englobe les ordres des Commelinales, Zingiberales, Arecales, et Poales car l'analyse chimique trouve dans leurs parois une même substance (acide ferrulique), ce qui fait penser à un ancètre commun. 

Commelinales 

Cet ordre évolué des monocotylées comprend les Commelidacées (Commelina, Tradescantia) les Haemodoracées, les Phylidracées et les Pontederiacées. Dans cette dernière famille, la Jacinthe d’eau (Eichhornia ) est bien connue, ne fut-ce que de nom, comme plante envahissante des rivières tropicales.   

Cornales  

Cet ordre comprend cinq familles dont les Cornacées (Cornouiller,..) et les Hydrangeacées. Outre l’Hydrangea, cette dernière famille comprend le Seringa (Philadelphus) et le Deutzia. Le Cornouiller(Cornus), qui a donné son nom à la famille et à l’ordre porte des petites fleurs hermaphrodite et tétramères. Chez certaines espèces (Cornus florida, par ex), l'inflorescence est présentée devant quatre bractées blanches ou colorées, formant une fausse fleur.  

Cornifle (Ceratophyllum) Genre unique. Famille des Ceratophyllacées, toute seule dans l’ordre des Ceratophyllales

Cornus (Cornouiller) Famille des Cornacées. Ordre des Cornales.  

Crocus  Famille des Amaryllidacées. Ordre des Asparagales. 

Notons que les longs stigmates du crocus fournissent ce colorant parfumé qu’est le safran, tandis que la colchique est la plante la plus dangereuse de nos régions.  

Crucifères Voir Brassicales  

Cucurbitales   

Dans cet ordre tropical très évolué, on rencontre les Cucurbitacées (Courge, ..), les Begoniacées (Begonia). et cinq autres familles.  

Citons autre la courge, la Citrouille, le Potiron, et le Pâtisson tous du genre Cucurbita, qui a donné son nom à la famille et à l’ordre. Encore plus courants, mais du genre Cucumis, le Melon, le Concombre et Cornichon. N'oublions pas la Pastèque et la Coloquinte (du genre Citrullus) et la Gourde ou Callebasse ( du genre Lagenaria)

La seule Cucurbitacée sauvage qui ait réussi à s'adapter à nos régions est la Bryone(Bryonia). On suppose qu'elle fut importée un jour chez nous pour ses vertus médicinales. Sa résistance aux rigueurs de notre climat est dû à son énorme racine, nommée autrefois "racine du Diable". Contrairement aux autres Cucurbitacées, ses fruits rouges ressemblent à des groseilles et sont très toxiques. Chez l'espèce courante, Bryona dioïca les fleurs se présentent sur des pieds différents, comme son nom l'indique 

Comme les Cucurbitacées, leurs cousines, les Bégonias présentent des fleurs mâles et femelles séparées. Cependant, l'évolution n'a laissé subsister qu'un périanthe à cinq pièces (des sépales colorés); chez les fleurs mâles, il n'en reste plus que quatre ou deux; le lecteur les repérera à ses nombreuses étamines. Quant aux fleurs femelles, trois stigmates imitent des cornes et forment une masse compacte; leur ovaire est garni de trois ailes colorées. Le lecteur n'aura aucun mal à repérer en été des Bégonias en fleur. Tout doute sera levé en observant ses feuilles grasses et asymétriques car, ne l'oublions pas, certaines espèces ne sont cultivées que pour la beauté de leurs feuilles.

  

D

 

Dattier.Voir Palmiers.   

Dicentra (Coeur de Marie) Famille des Fumariacées Ordre des Ranunculales

Ses petites fleurs rose et blanc pendent le long de tiges arquées. Cette fleur, d'origine chinoise, évoque un coeur assez bizarre qui a fait passer sur les botanistes un vent de folie car ils l'ont nommé, ensemble ou successivement, Dactylicapnos, Diélytre, Diclytre, Bicucullée; cela ne s'invente pas. Ils ont fini par se mettre d'accord sur Dicentra, nom botanique qui lui est resté. 

Si l'on décortique cette fleur, on remarque avec un peu de chance deux sépales minuscules qui tombent rapidement comme chez les autres pavots. En ce qui concerne la corolle, les deux pétales externes ressemblent à des sacs; les deux pétales internes sont longs et appliqués l'un contre l'autre. A la base de chaque pétale extérieur, trois étamines soudées à la base. Nous nous trouvons ici en quelque sorte au bout de l'évolution des Pavots une combinaison curieuse de bimèrie et de trimèrie qui marque une sorte d'impasse. 

On trouve occasionnelement, à l'état sauvage ou cultivées, deux petites plantes proches du Dicentra, le Corydalis et le Fumeterre (Fumaria). 

Dioscoreales 

Cet ordre comprend quelques familles tropicales aux petites fleurs trimères. On trouve chez nous le Tamier (Tamus) dont les feuilles ressemblent à celles du Liseron. 

 Tmsco tamus communis t

Dipsacales 

Cet ordre comprend les Dipsacacées (Scabieuse, Cardère,..), les Caprifoliacées (Chèvrefeuille) , les Valerianacées (Valériane) et trois autres familles. 

Le mot "Valériane" évoque un calmant un peu rétro que l’on extrayait de sa racine; de plus en séchant, elle dégage une odeur qui attire les chats d’ou son nom d’herbes aux chats. Toute proche, la Mâche ou Doucette (Valerianella) aux fleurs minuscules et dont les jeunes feuilles constituent une salade d’hiver appréciée. On remarquera au passage chez les dipsacales une tendance à l’avortement des étamines. Sur les cinq au départ, n’en reste que quatre inégales chez le kolkwitzia et la scabieuse, trois chez la valériane et une seule chez le centranthe. Ce n’est pas fort important, mais on ne peut aller plus loin dans cette voie. 

Parmi les Caprifoliacées, on trouve le Chèvrefeuille (Lonicera), l’Abelia, le Weigelia, et le Kolkwitzia . Ces superbes arbustes de nos jardins portent des fleurs pentamères très régulières et relativement grandes mais c’est leur groupement en petites ombelles qui nous intéresse ici. Notons que la fleur du chèvrefeuille est elle fort irrègulières car quatre pétales sur cinq sont soudé. Tout proche, la Symphorine (Symphoricarpos) surtout connue non pour ses fleurs mais pour sesbaies blanches que les enfants font éclater entre leurs doigts.  

Dragonnier(Dracaena). Famille des Ruscacées. Ordre des Asparagales

 

E

 Erable(Acer) Famille des Sapindacée, ordre des Sapindales 

Cet arbre joue l'original avec ses petites grappes de fleurs “en principe” pentamères, mais dont le nombre de pétales et d'étamines varie en réalité de quatre à dix. Cependant la fleur d'érable modèle possède 8 ou 10 pétales et 8 étamines, ce qui fait fort désordre. 

Eremurus  Famille des Asphodelacées, ordre des Asparagales 

Ericales

Cet ordre très diversifié comprend 23 familles essentiellement tropicales. Les plus connues sont les Ericacées (Bruyères), les Primulacées (Primevère), les Théacées (Thé) , les Balsaminacées (Impatience) et les Polemoniacées (Phlox). 

Le Théier ou Camellia présente de grandes fleurs presque pentamères aux étamines nombreuses. 

Erodium. Voir Geranium.   

Euphorbes. Famille des Euphorbiacées. Ordre des  Malpighiales. (Rosidées) 

La Mercuriale(Mercurialis), est une des principales mauvaise herbes de nos jardins. Ici, les fleurs mâles et femelles sont portées sur des pieds différents et elle ne produit pas de latex. Son grand frère, le Ricin (Ricinus) se cultive parfois dans nos jardins pour la beauté de ses feuilles; ses fleurs unisexuées sont réunies superposées dans un même épi, les femelles au dessus, les mâles en dessous, ce qui est inabituel. Le Manioc (Manihot) est bien connu pour son tubercule comestible après cuisson; sa fécule traitée donne le Tapioca  

 

Fabales (anciennement Légumineuses). 

Cet ordre comprend quatre familles dont essentiellement les Fabacées, famille extrêmement diversifiée avec environ 600 genres divisées en 10.000 espèces. Cette diversité et certaines différences importantes a obligé les botanistes à les subdiviser en trois sous-familles: les Mimosoidées (mimosa, acacia,..), les Caesalpinoidées (cassia,..) et les Papillionoidées ( pois, trèble, robinier, …).   

Le Pois, le Haricot et la Fève ont un fruit que nous nommons gousse et que l’on trouve aisément chez n’importe quel légumier. En l’ouvrant, le lecteur remarquera immédiatement qu'il s'agit d'un carpelle unique agrandi. Les graines encore attaché à ce dernier rappelle la façon dont étaient nourries les ovules avant la fécondation. En ouvrant une des graines, il pourra observer les deux cotylédons, albumen transformé en feuilles grasses. Au vu de ce fruit les anciens botanistes parlaient de "légumes", d'ou le terme général de légumineuses qualifiant ce groupe de plantes. Dans le langage populaire, le terme de "légume" (de legere: cueillir) est bien entendu plus étendu. 

Les Légumineuses proches du Pois sont des plantes irremplacables. Il suffit de citer le Pois chiche (Cicer), la Lentille (Lens) et le Soja. Certaines sont ornementales comme le Genêt (Genista), le Pois de senteur ou Gesse (Lathyrus), le Lupin(Lupinus), la Pluie d'or ou Cytise (Cytisus laburnum), la Glycine (Wistaria) et l’ Arbre de Judée (Cercis). 

Nous demandons au lecteur de se recueillir la prochaine fois qu'il décortiquera une gousse de Cacahuètes (peanut, pinda, arachide) en prenant l'apéritif, car la légumineuse brésilienne dont elle provient est presque unique en son genre. L' Arachide (Arachis, famille des Fabacées) ou plus précisément l'espèce qui nous intéresse, l' Arachis hypogea est une petite plante annuelle dont les fleurs ressemblent à celles du pois, mais de couleur jaune. Ces fleurs s'enfoncent dans le sol meuble pour mûrir leurs fruits; il peut même arriver qu’elle se développe sous terre. Elle se pollinise de toutes facon elle même sans égard pour les insectes. 

Les profanes et les spécialistes semblent s'être mis d'accord pour semer la confusion dans la terminologie. Pour les botanistes, notre mimosa est un Acacia, genre qui renferme un nombre énorme d'arbres tropicaux et le vrai Mimosa est la Sensitive (Mimosa pudica) aux fleurs roses, dont les feuilles se referment au moindre attouchement. Le bel arbre que l'on nomme Acacia dans le langage populaire est le Robinier aux fleurs grandes et irrégulières. On cultive également de petits arbustes , les Cassias proches de ce dernier. Ce qui compte c'est de comprendre qu'il s'agit toujours de légumineuses ou de fabales, comme on veut!

Assez bizarement, les Légumineuses ont pas mal de caractéristiques communes avec les orchidées. D'abord leur variabilité, plus facile à évaluer que chez ces dernières. principale famille des dicots. La structure du fruit est apparemment fort proche, évoquant la gousse de la vanille mais avec des graines bien plus grosses. La forme du périanthe est basé sur le même modèle chez les fleurs évoluées.  

Leur façon de vivre en symbiose avec des organismes élémentaires (champignon chez l'orchidée, bactéries chez les légumineuses). En effet, au contact de certaines bactéries du sol, les légumineuses développent au niveau de leurs racines des ‘’nodosités’’ dans lesquels ces bactéries prolifèrent, synthétisant des produits azotés en utilisant l’azote atmosphérique. En échange la plante leur fournit les sucres qui lui sont nécessaires. Il en résulte un apport d'azote très important provoquant la secrétion de protéines en quantité rendant ces plantes extrèmement importantes au point de vue nutritif. Lorsque la plante disparaît, le sol en est enrichi (engrais vert). 

Fagales 

Les membres de cet ordre très évolué des Rosidées sont très caractéristique, étant des arbres et arbustes tous pollinisés le vent. Il comprend huit familles dont les Fagacées, les Bétulacées, les Juglandées et cinq familles tropicales  

Si l’on demande à quelqu’un de citer les arbres familiers de nos bois et campagnes, il répondra sans doute: le Hêtre (Fagus), le Chêne (Quercus), le Châtaignier(Castanea), le Noisetier (Corylus), le Noyer (Juglans), etc.. L’on connaît aussi le nom des fruits de certains d’entre eux comme la faîne, le gland, la chataigne, la noix, la noisette,.. Quand aux fleurs, il n’en est pas question; on parlera tout au plus de leurs chatons. Autrefois les botanistes disaient la même chose en latin en parlant d’Amentifères (amentus : châton)On pense de nos jours que ces plantes dérivent par simplification d’ancêtres dont les fleurs étaient hermaphrodites. On trouve apparemment une étape intermédiaire de l'évolution avec le Chataîgnier (Castanea),car il s’agit d’un arbre assez primitif à cet égard. En effet, ses fleurs dégagent un parfum et sont encore pollinisées par les insectes; le miel de châtaignier est d’ailleurs le seul que les abeilles puissent élaborer grâce aux “fleurs” des arbres à châtons de nos bois.  Les botanistes ont classé ces arbres dans l’ordre des Fagales, en l’honneur du hètre. En fait, tous les autres arbres sont pollinisés uniquement par le vent et les fleurs portées par le même arbre..     

Fibonnaci  

Les fleurs et les fruits, comme nous l’avons vu, ont adopté une structure rayonnante. Certaines ont préféré la spirale, apparement archaïque mais que l’on retrouve chez les fleurs les plus évoluées. Dans le “faux fruit” de l’anana, on en compte en général 8 dans un sens, 13 dans l’autre et cela avec une grande régularité. 

Le célèbre mathématicien Leonardo da Pisa, alias Fibonacci (1170-1250) n'avait jamais entendu parler d’un ananas dont on eut connaissance trois siècles après sa mort. Cela n'empèche, il réfléchissait, entre autres choses, à la croissance des population et proposa en 1202, dans son « Liber Abaci », le problème suivant: "Possédant au départ un couple de lapins, combien de couples de lapins obtient-on en douze mois si chaque couple engendre tous les mois un nouveau couple à compter du second mois de son existence ? » 

Un raisonnement "très simple" donne la série de couples de lapins suivante: 

Janvier: 1- Février: 1 - Mars :2 (1+1) - Avril: 3 (2+1)- Mai: 5 (3+2) - Juin: 8 (5+3) -Juillet: 13 (8+5) - Août 21 (13+8) -Septembre: 34 (21+13) - Octobre: 55 (34+13) - Novembre: 89 (55+34) - Décembre: 144 (89+55) etc... 

Les amateurs de maths ou de "divines proportions" n'ignorent pas que le rapport de deux chiffres successifs de cette suite tend, après quelques hésitations, vers le nombre d'or. (1,618...).Le décalage angulaire entre deux pousses successives tend vers une limite: 137,5°, qui est l'angle d'or. 

L’ananas répond ainsi à sa manière à une question existentielle: comment doit-je disposer mes fleurs autour de l’axe pour qu’ils grandissent continuellement et évitent d'empiéter les uns sur les autres? Les fleurs ne sont pas mathématiciennes et ne font que se plier à la nature des choses comme les abeilles font des cellules hexagonales. 

En réalité les fleurs, comme l'avait fait remarquer Goethe en son temps, ne sont que l'extrémité d'un rameau feuillu. Elles ne font au fond que reproduire à leur manière la spirale décrite par la plupart des feuilles qui elles se disposent de façon à capter un maximum de lumière. L'angle entre deux noeuds successifs correspond, on s'en serait douté à la suite de notre Fibollaci.  

Ficaire . Voir Renoncule  

Ficus. Voir Figuier  

Figuier. (Ficus). Famille des Moracées. Ordre des Rosales 

Des 600 à 1200 espèces de figuiers (cela varie d'un botaniste à l'autre), seules deux sont véritablement cultivées pour leurs fruits, les autres n'ayant qu'une faible valeur alimentaire. Il s'agit du Figuier de Carie (Ficus carica), notre figuier classique, apparemment natif du Yemen et le Figuier sycomore (Ficus sycomorus), arbre sacré des anciens égyptiens. On remarquera que "sycomore" est la contraction de sycos: figue et moros: mûre, indiquant leur étroite parenté. Sous les climats froids, les guèpes qui pollinisent le figuier ne peuvent survivre. Pourtant, il existe des espèces dont les fleurs femelles se transforment en graines sans aucune intervention de pollen. Ce sont bien entendu ces variétés de figuiers que que l'on a sélectionné au fil des temps dans nos pays et que l'on trouve fournissant des fruits parfaits et fertiles une ou deux fois par an.  

Il est difficile de faire admettre que le figuier porte des fleurs. A vrai dire, ses minuscules fleurs mâles et femelles sont disposées côte à côte et encloses dans une sorte de poche, que nous nommons figue, ce qui rend la pollinisation quasi impossible car un mécanisme génétique s'oppose à la pollinisation directe.  

L’arbre ne subsiste que gràce à l’intervention d’une petite guèpe qui parvient à se faufiler par une ouverture laissée béante à la partie inférieure de la “figue” et à transférer le pollen des fleurs mâles (placées près de la sortie) aux femelles. En rèalité, la relation entre l’arbre et l’insecte est d’une extrème complexité; nous ne pénétrerons pas dans ce dédale. 

Il est à noter qu’un arbre tout proche du Figuier, le Mûrier(Morus) a pris un tout autre parti. Il a disposé ses petites fleurs unisexuées mâles et femelles par petites touffes et a laissé au vent le soin de répartir le pollen.  

Fragon (Ruscus). Famille des Ruscacées. Ordre des Asparagales.    

Proche de l’asperge, le Fragon (Ruscus) , petite plante de nos bois chez lequel les fleurs semblent surgir de feuilles plates et piquantes .  

Freesia Famille des Iridacées. Ordre des Asparagales. Voir Iris 

Fritillaire (Fritillaria). Famille des Liliacées. Ordre des Liliales.  

Fusain (Euonymus)Famille des Célastracée. Ordre des Celastrales 

Les petites fleurs sont tétramères.  

Fuschia Famille des Onagracées . Ordre des Myrtales  

 

G

 Gentianales 

Ce ordre comprend cinq familles : les Gentianacées (Gentiane,..), les Apocynacées (Pervenche, Laurier-rose, Dipladenia), les Rubiacées (Gaillets, Coffea (Caféier), Gardenia), Quinquina(Cinchona) ), les Gesmeriacées et les Loganiacées 

Le terme de Rubiacée, vient de Rubia (Garance) à cause de ses racines rouges utilisées autrefois comme colorant. Il s’agit de cette herbe grimpante de nos pays qui s’accroche aux vêtements et porte de petites fleurs pentamères, mais sa tige a la particularité d’être de section carrée et porte des feuilles en croix (généralement quatre feuilles, mais parfois cinq).

En fait, cette fleur fait exception car les autres membres de sa famille des rubiacées sont tétramères (quatre pétales, quatre étamines), comme si le chiffre quatre évoqué par la tige et les feuilles en croix se transmettait à la fleur ! De plus, si toutes les Gentianales ont des feuille opposées, ici les groupes de fleurs jaillisent à l’aisselle de feuilles disposées en étoile pardeux, six ou huit, mais souvent quatre. 

Il est à remarquer que le laurier rose est extrèmement toxique (comme la pervenche d’ailleurs) et une des rares plantes vraiment dangereuse de nos pays. Un sommet est atteint chez certains cousins tropicaux comme le Strophantus ou le Strychnos (loganiacées) qui servaient à préparer des curares. La racine et les graines du strychnos contiennent évidemment de la strychnine, bénédiction pour les empoisonneurs. 

Geraniales 

Ordre situé tout à la base des Rosidées. Comprend les Géraniacées et six autres familles .   

Geranium. Voir Pelargonium.

 

Glaïeul (Gladiolus) Famille des Iridacées. Ordre des Asparagales 

Gingembre(Gingiber). Famille des Zingibéracées. Ordre des Zingiberales 

Gloriosa Famille des Liliacées. Ordre des Liliales

Gloxinia Famille des Gesneriacées. Ordre des Lamiales. 

Les nombreux Gloxinias hybrides commercialisés par les fleuristes appartiennent en fait au genre Sinningia. La violette du Cap (Saintpaulia) est plutôt celle d'Usambara, région montagneuse de Tanzanie dont elle est originaire   

Guttifères 

Le terme de Guttifère est actuellement remplacé par Clusiacée, de Clusia une plante tropicale sans intérêt pour nous.   

H

 Hemerocallis .Famille des Hemerocallidacées. Ordre des Asparagales. 

Les fleurs de ce “lis” japonais sont éphémères et s’ouvrent successivement d’où son nom français (Lis d'un jour) et grec ( hemeros: jour et callis: beauté). Cela explique leur présence dans nos jardins, mais jamais chez le fleuriste.  

 Hemerocallis spectacular visoflora 57910 

Hermaphrodisme 

Houblon (Humulus) Familles des Cannabinacés. Ordre des Urticales 

Houx (Ilex) Seul genre de la famille des Aquifoliacées. Ordre des Aquifoliales, contenant deux autres familles. 

Les fleurs sont au départ pentamères mais peuvent être aussi bien posséder six pièces que quatre. Elles se transforment aussi en mâles ou femelles par avortement, mais dans ce cas le sexe opposé reste toujours visible. De plus, ces fleurs unisexuées se présentent parfois sur des arbres différents. Au fond, n’importe quoi ! Comme les branches sont appréciées pour leurs baies, il est normal de trouver surtout des arbres femelles. Un houx d’Amérique du Sud (Ilex paraguanensis) donne le Maté ou thé du Paraguay.  

Hosta (Funkia) Famille des Agavacées. Ordre des Asparagales. Nommé aussi Lis à feuilles de Plantain 

Houblon(Humulus) Famille des Cannabinacées. Ordre des Rosales 

Le houblon est au fond un chanvre se présentant sous la forme d'une liane pouvant atteindre six mètres de long. Il est d'ailleurs génétiquement si proche du chanvre qu'il peut s' hybrider avec ce dernier. Comme chez le chanvre, le cannabis si l'on préfère, les fleurs femelles laissent suiter une résine euphorisante et amère, nommée lupuline (l'équivalent du hashish). Ses fleurs femelles réunies en inflorescences coniques furent occasionnellement fumées à la place du tabac, mais servent en pratique à parfumer la bière comme chacun sait. Comme on ne cultive que des plants femelles, les mâles sont difficile à observer.  

Houttuynia Famille des Saururacées, ordre des Piperale 

Hymenocallis Famille des Liliacées. Ordre des Asparagales.   Aussi nommée Ismene  ou Pancrace (Pancratium) .

Impatience (Impatiens) ou Balsamine est ainsi nommée car ses fruits mûrs projettent leurs graines au moindre attouchement. Ici la fleur est fort originale car les pétales se soudent deux par deux, le cinquième restant isolé mais élargi. Fait assez exceptionnel, il ne reste que trois sépales dont l’un est est transformé en un éperon creux qui peut atteindre une grande longueur chez nos hybrides cultivés natifs des tropiques.   

Igname ou Yam (Dioscorea) . Famille des Dioscoreacées. Ordre des Dioscorales  

Il s’agit d’une liane des régions tropicales dont l’énorme tubercule constitue, après cuisson, une nourriture essentielle pour les populations qui les cultivent. Une espèce des régions tempérées de la Chine et du Japon, le Dioscorea batatas, fut autrefois cultivée en France sous le nom de patate mais le lecteur n’a plus aucune chance d’observer sa fleur.  

Iris Famille des Iridacées. Ordre des Asparagales

Très proches de l’iris, du glaïeul et du crocus, le Freesia et Montbretia (Crocosmia) que l'on trouve aisément le premier chez le fleuriste, le second dans nos jardins.    

Notons que la fameuse " fleur de Lis",  utilisée en héraldique, est peut être une fleur d’iris sauvage stylisée  

Ixia. Famille des Iridacées. Ordre des Asparagales 

 

J

 Jacinthe. Famille des Amaryllidacées. Ordre des Asparagales. 

D’autres « jacinthes » sont moins connues, mais on en trouve en abondance dans les bois et les jardins (Scilla, Endymion, Ornithogallum, Chinodoxa). L’Eucomis, natif d’Afrique du Sud, présente une grappe de fleurs terminée par un toupet de feuilles ce qui évoque irrisistiblement l’ananas.   La tendance à la soudure des pétales est fort poussée chez la jacinthe « musquée » ou Muscari

Jasmin (Jasminum) Famille des Oleacées. Ordre des Lamiales 

Peu connu sauf pour son parfum, est archaïque car il possède encore cinq pétales. Par contre,son cousin le Frêne(Fraxinus) a perdu les siens et est pollinisés par le vent.   

Joncs Famille des Juncacées. Ordre des Poales. Seulement six genres, dont chez nous Luzula et Juncus 

 

K

  

Kniphofia.(Tritoma) Famille des Asphodelacées. Ordre des Asparagales.  

L

 Lagerstroemia Famille des Myrtacées. Ordre des Myrthales 

Notons, tout proche, la Salicaire(Lythrum) et l’Epilobe (Epiloba) que l’on rencontre en abondance dans nos fossés humides. qui ont la même particularité que le lagerstroemia, mais bien moins visible. L’herbe aux sorcières ou Circée (Circea) a réduit sa fleur à deux sépales, deux pétales et deux étamines. 

Lamiales.

Cet ordre comprend 22 familles dont les Bignoniacées (Bignonia, Catalpa), Acanthacées; (Acantha, Thunbergia), Gesneriacées (Sinningia ou gloxinia), Verbenacées (Verbena, Lillia, Lantana)   

Dans ce même l’ordre des Lamiales, tous les membres de la famille de l’Olivier (Oléacées) sont tétramères mais au lieu de quatre étamines, il n’en existe plus que deux. Dans cette famille et bien connus dans nos jardins, le Lilas (Syringa), le Troène (Ligustrum),le Ceanothe et le Forsytia. 

On peut ajouter le Buddleja ou arbre à papillons (famille des Buddlejacées). Cette famille comprend aussi le Jasmin(Jasminum). Ce dernier est apparemment le plus ancien d’entre eux. On y trouve un ou plusieurs cycles de pétales de 4 à 12. Le Frène(Fraxinus) possède des fleurs complètement dégénérée.  

Les personées  

C’est délibérément que nous avons utilisé ce terme ancien. Il se fait que les botanistes n’utilisent plus depuis longtemps le terme de personées, pourtant si parlant. Après beaucoup de recherches, il ont démembré cette antique famille en diverses familles aux contours aux formes mouvantes. Scrofularinacées( (Scrofularia,Verbascum, Budlleia), Plantaginacées (Anthirrhinum ou Gueule de loup, Digitalis, Veronica, Plantago (plantain). Ils hésitent encore à inventer une famille particulière pour des fleurs comme le mimulus et la calcéolaire.  

Les labiées   

Les labiées sont simplement devenues lamiacées, de lamium leur chef de file, mais l’étymologie reste inchangée.  

Il suffit de citer les lamiacées les plus connues pour sentir le lien de parenté qui les unit à travers les substances aromatiques qu’ils contiennent. Ce sont: la Lavande (Lavandula), la Marjolaine et l’Origan (Origanum), la Mélisse(Melissa), la Menthe (Mentha), le Thym et le Serpolet (Thymus), la Sarriette (Satureia), le Basilic (Ocymum) et d'autres. Deux essences bien connues sont extraites de Lamiales tropicales : le Patchouli du Pogostemon patchouli 

La Véronique(Veronica) est dans nos prés une petite fleur bleue à la délicatesse inimitable. Elle a réussi le prodige de se transformer tout en gardant une apparence de régularité car les deux pétales supérieurs soudés donnent l’impression d’une fleur à quatre pétales. Il ne reste plus que deux étamines opposées, une rareté. 

   Images 52 

Possède aussi quatre pétales, le Buddleja originaire de Chine aux inflorescences lilas et compactes, en forme de pain de sucre. La profondeur du tube de la corolle est telle que les abeilles laissent le champ libre aux papillons équipés d'une longue trompe, d’ou son surnom “d’arbre à papillons”.  

Lantana Voir Verveine. 

Laurales

 Ordre comprenant, outre les Lauracées, six familles archaïques tropicales.  

Laurier (Laurus). Famille des Lauracées. Ordre des Laurales.  

Ne pas confondre notre laurier, arbre archaïque avec le Laurier-cerise (Prunus cerasus) qui n’est autre qu’un prunier aux baies dangereuses et surtout le Laurier-rose (Nerium oleander), proche parent de la pervenche, dont toutes les parties sont très toxiques. Voir Rosales.  

Laurier-rose. Voir Oleander 

Légumineuses  

Le terme de légumineuse est actuellement remplacé par Fabale qui nous vient de Faba, la Fève. Autre inconvénient de cette terminologie, il est possible de confondre avec l’ordre des Fagales.  

Lentille d’eau Famille des Lemnacées. Ordre des Alismatales 

Cette dénomination englobe quatre genres présents dans le monde entier (Lemna, , Spirodela, Wolfia, Wolffiella ). 

Lierre(Hedera) Famille des Apiacées (ou Araliacées). Ordre des Apiales.  

L’Aralia, qui a donné son nom à la famille des Araliacées et que l’on nomme parfois Fatsia, est souvent utilisé comme plante d’appartement. La racine d’un Lierre chinois, l’Aralia Giseng est actuellement à la mode pour ses vertus supposées. Dans les parties abritées de nos régions l’on rencontre fréquemment sous forme de haies persistantes ce bel arbuste très vert que les Japonais nomment « tobera », les anglophones « lemonwood » et les botanistes Pittosporum tobira à cause de leurs graines couvertes de résine. Il porte en fin de printemps des mini-ombelles de fleurs blanches sentant l’oranger.  

Lilas. Famille des Oléacées, ordre des Lamiales  

Liliales  

Cet ordre comprend 9 ou 10 familles dont les Liliacées et les Smilacacées (Salsepareille (Smilax

Lin(Linum) Famille des Linacées. Ordre des Malpighiales. 

On trouve en Amérique du Sud un arbuste tropical très proche du Lin, le Cocaïer (Erythroxylum coca, famille des Erythroxylacées) bien connu pour ses feuilles que l'on consomme traditionnellement comme coupe-faim, excitant et pour se protéger des effets de l’altitude. Bien entendu, on en extrait la cocaïne 

Lis (Lilium). Famille des Liliacées. Ordre des Liliales. Voir Liliales  

Notons, proches du lis : la Fritillaire (Fritillaria), 

Liseron(Convolvulus). Famille des Convolvulacées . Ordre des Solanales.

On cultive dans nos jardins comme plante annuelle un liseron grimpant tropical, le Volubilis ou Ipomée (Ipomoea) et un autre, non grimpant, connu sous le nom de Belle de Jour (Convulvulus tricolor). Un autre liseron, la Batate (Ipomoea batata) possède des tubercules connus sous le nom déformé de patate (douce). 

Lobelia Famille des Campanulacées. Ordre des Asterales.  

Le lobelia présente une forme irrégulière avec trois lobes inférieurs étalés. Son nom vient de Mathias de Lobel, médecin d’un roi d’Angleterre. 

Lythrum. Famille des Lythracées. Ordre des Myrthales.    

Un arbrisseau fort semblable nommé Lawsonia, aux grappes de fleurs blanches et parfumées, est renommé dans tout l’Orient car ses feuilles donnent le “henné”. 

Tout proche, le Grenadier (Punica) existe sous forme de plante d'appartement, mais pousse fort bien chez nous dans les endroits abrités. Sa fleur rouge en forme de cloche possède des sépales colorés. Son fruit, la Grenade contient un nombre considérable de graines (granatum malum: pomme à grains).  

M

 Magnolia Famille des Magnoliacées. Ordre des Magnoliales 

Magnoliales. Cet ordre renferme six familles dont les Magnoliacées, les Annonacées et les Myrticacées. L’Anone(Annona) est en quelque sorte un magnolia tropical qui n’est connu chez nous que pour ses fruits qui ressemblent à ceux de ce dernier, mais sont juteux et sucrés (Corossol, Pomme cannelle, Sugar apple). Il existe des magnolias qui fleurissent en été, mais ils sont généralement de grande taille ce qui rend la fleur peu accessible.

Malpighiales

Cet ordre d’une trentaine de familles est, parmi les rosidées, un véritable fourre-tout. De plus, la tête de file, le Malpighia est parfaitement inconnu chez nous. Les principales familles sont les Violacées (Violettes), les Linacées (Lin), les Euphorbiacées (Euphorbes, ricin), les Clusiacées (anciennement Guttifères) avec le millepertuis, ainsi que les Salicacées (saule, peuplier) et les Passifloracées (passifore).   

Malvales

 Cet ordre comprend, outre les Malvacées, un dizaine de familles tropicales.   

Marronnier (Aesculus). Familles des Sapindacées. Ordre des Sapindales.

Les grandes inflorescences du maronnier sont constituées de fleurs normalement pentamères possédant  deux cycles de cinq d’étamines, mais en général trois d’entre elles avortent ce qui donne une fleur à sept étamines, cas tout à fait exceptionnel.

En général le pistil. se développe le premier suivi des étamines; la fleur est donc d’abord femelle puis mâle. Pendant cette évolution les taches que portent les pétales changent de couleur. L'ovaire devient ce fruit épineux bien connu qui s'ouvre en trois dévoilant d'énormes graines, les marrons. Certains arbres tropicaux proches du Marronnier sont bien connus pour leurs fruits, comme le ainsi que le Litchi et le Ramboutan (Nephelium).    

Mauve (Malva) Famille des Malvacées. Ordre des Malvales.  

Notons au passage que le terme de "mauve" nous vient du grec malacos: mou, allusion aux vertus anti-inflammatoires de la plupart des mauves; de même pour sa soeur la Guimauve (Althaea officinalis, de altein: guérir). L'importance économique des malvacées tropicales est considérable. Le Cotonnier (Gossypium) voit ses graines oléagineuses se prolonger par des poils minces, le coton. Les fleurs du Cacaoyier (Theobroma, littéralement « nourriture des dieux ») poussent directement sur le tronc ; ses fèves constituent évidemment le cacao. D’autres fibres sont fournies par le Corchorus (Jute), le Bombax (Kapok) ; autres fruits : le Cola (Coca), le Durio ( Durian) et l’Abelmoschus (Okra). De la même famille, l’impressionnant Adansoni (Baobab) et l’Ochroma (Balsa).  

Millepertuis (Hypericum) Famille des Clusiacéess. Ordre des Malpighiales   

Le millepetruis est l’”herbe à mille trous" car chez les espèces sauvages de nos régions, les feuilles vues par transparence semble ponctuées de trous (pertuis). Il s'agit en réalité de gouttelettes d'huiles essentielles, d'oû le nom de Guttifères attribué autrefois à leur famille. En réalité, la majorité de ces plantes sont tropicales et la gomme suinte de leur tronc. 

Mimosa  Famille des Nyctaginacées. Ordre des Caryophyllales

Le printemps nous apporte les jolis pompons jaunes et parfumés du mimosa. En y regardant de près, on se rend bien compte que ce ne sont pas des fleur, mais de petites inflorescence extrèmement contractée constituées de fleurs minuscules. Il est illusoire d’essayer de les observer, car elles dépassent à peine 1 mm de diamètre. Et pourtant, chacune d’elles est une fleurs pentamère régulière aux nombreuses étamines, les moins évoluées des légumineuses. Ce que nous apercevont n’est autre que l’ensemble des anthères jaunes placées côte à côte. Cette ombelle est cependant très visible chez l'acasia de Jérusalem ou arbre à soie (albizzia) de la même famille.   

Mirabilis, Belle de Nuit ou Nyctage Famille des Nyctaginacées. Ordre des Caryophyllales

Comme son nom le suggère, ses cinq pétales soudés en forme de trompette restent hermétiquement fermés le jour et ne s'ouvre que la nuit. Ses couleurs éclatantes montrent clairement que les fleurs ne sont pas nécessairement colorées pour attirer les insectes diurnes comme on le prétend toujours; leur parfum est suffisant pour attirer les insectes nocturnes qui la pollinisent  

Montbretia (Crocosmia) Famille des Iridacées. Ordre des Asparagales. Voir Iris  

Mouron (Anagallis) Famille des Primulacées. Ordre des Ericales.   

Muguet (Convallaria) Famille des Ruscacées.  Ordre des Asparagales 

Tout proche, le Lis à feuilles de Plantain(Hosta ou Funkia).  

Mûrier (Morus) Famille des Moracées. Ordre des Rosales  

Il est à noter que les fleurs femelles fécondées du murier voient leurs ovaires devenus juteux se juxtaposer pour former ce que l’on nomme la mûre 

Ne pas confondre cette “mûre” avec le fruit de la ronce, omniprésent chez nous mais qui est un fruit simple, dont les carpelles sont juteux. On remarque ici même dans le fruit à quel point peut être ténue la différence  entre une fleur et une inflorescence. 

MuscariFamille des Amaryllidacées. Ordre des Asparagales.  

Myrtales.

Cet ordre essentiellement tropical d’environ 260 genres englobe les Myrtacées, les Onagracées, les Lythacées et une douzaine de petites familles.  

La fleur d’une myrtacée tropicale comme le Giroflier (Caryophyllus ou Sysingium) se retrouve aisément dans nos cuisines au rayon des condiments car ce sont ses boutons sèchés qui sont connus sous le nom de "clous de girofle". Ce qui frappe immédiatement, c'est le calice momifié à quatre sépales. Quatre pétales durcis sont encore visibles mais de justesse. En ouvrant la tête du clou, de nombreuses étamines apparaissent à la loupe, ainsi que le pistil. Ne quittons pas la cuisine sans jeter un coup d'oeil à la forme à quatre pans d'une “noix du Brésil”, graine du Bertholletia, autre myrtacée de grande taille mais d'Amérique du Sud. 

Incidemment, les myrtacées se distinguent aussi par leur différence de taille car s'il en existe ne dépassant pas la taille du thym tandis que leur cousin australien, l’Eucalyptus, est la plante à fleurs atteignant la plus grande hauteur (il en existe de plus de 100 mètres) 

Parmi les Onagracées, notons l’Onagre (Oenothera), le Gaura d'Amérique du Nord, le Clarkia ou Godetia de Californie et le Fuschia d’Amérique centrale et du sud.      

Myosotis (Ne m’oubliez pas) Famille des Borraginacées. Ordre des Solanales). 

Il existe une famille de plantes sauvages de nos régions, les Borraginacées aux caractèristiques un peu particulières. On ne les trouve généralement pas dans nos jardins. 

La petite fleur bleue du Ne m’oubliez-pas est symbole de confiance et de fidélité et porte ce même nom populaire dans toutes les langues européennes; son nom latin attire l’attention sur ses feuilles en forme d’oreilles (otis) de souris (muos). 

L’Héliotrope (Heliotropium) est un grand myosotis tropical de jardin surtout apprécié pour son odeur. Des cousins du myosotis, de plus grande taille et aux poils rudes, sont des vedettes de notre ancienne pharmacopée à tel point qu’il suffit de prononcer leur nom pour savoir quel était leur usage. La Consoude (Symphytum) consolidait (cicatrisait) les plaies, la Pulmonaire (Pulmonaria) dont les feuilles sensées ressembler à des poumons de tuberculeux était indiquée pour les maladies respiratoires ; la Vipérine (Echium, de ekhis : vipère en grec) guérissait les morsures de serpent à cause de la forme triangulaire de son fruit, évoquant la tête de la Vipère. Quant à la Bourrache(Borrago), elle était utilisée comme plante potagère, diurétique et sudorifique (en arabe Bou rach : père de la Sueur).  

Myrte(Myrtus). Famille des Myrtacées. Ordre des Myrtales.  

Chez cette fleur pentamère l'évolution a multiplié le nombre de ses étamines.  

N

    

Narcisse (Narcissus). Famille des Amaryllidacées. Ordre des Asparagales     

Nelumbo (Nelumbium).Famille des Nelumboacées. Ordre des Proteales   

Nénuphar  Voir Paleoherbes   

Nerine. Famille des Amaryllidacées. Ordre des Asparagales  

Nymphea . Famille des Nympheacées, non classé dans un ordre. Voir Paleoherbes

On nomme Nupharun nymphea à petites fleurs jaunes que l'on trouve parfois chez nous à l’état sauvage. Le Lotus que l'on retrouve partout dans l’Egypte ancienne, y compris sur le chapiteau des colonnes et dans les sarcophages, est aussi un nymphea. Par contre, le lotus asiatique, siège symbolique de Bouddha, est un Nelumbo *

  

O

   

Œillet (Dianthus). Famille des Caryophyllacées. Ordre des Caryophyllales.  

Les boutons d'oeillet ressemblent un peu aux clous de Girofle que les grecs nommaient Karuophullon (de karuon: noix et phullon: feuille). Caryophyllus est le nom scientifique actuel du Giroflier.  

Oleander ou laurier-rose Famille des Apocynacées. Ordre des Gentianales   

Ombellifères. Voir Apiales. 

Les remarquables ombelles des « ombellifères » échappent souvent à la vue car ces dernières sont cultivées pour le gôut de :  

Leurs racines : Carotte(Daucus), Panais (Pastinaca) .  

Leurs tiges et feuilles: Persil(Petroselinum)Cerfeuil(Chaerophyllum, Anthriscus), Angélique (Angelica), Celeri (Apium), Fenouil (Foeniculum), Coriandre(Coriandrum) 

Leurs graines: Anis(Pimpinella), Cumin (Cuminum, Carum), Aneth (Anethum, Peucedanum).  

Non cultivées car toxique, les Cigües(Aethusa, Conium, Cicuta)     

Oranger Famille des Rutacées .Ordre des Sapindales  

Orchidées Ordre des Asparagales. Autrefois Orchidales.  

Ornithogalle (Ornithogallum) Famille des Liliacées. Ordre des Liliales 

Orobanche (Orobanchia) Famille des Orobanchacées. Ordre des Lamiales. 

L'Orobanche et la Clandestine (Lathrea) vivent en parasites sur les racines des arbres. N'ayant pas besoin de chlorophylle, leurs feuilles sont réduites à des écailles brunâtres. 

Orpin(Sedum) Famille des Crassulacées. Ordre des Saxifragales  

L'Orpin(Sedum) et la Joubarbe(Sempervivum) sont des plantes de l'hémisphère nord habitués des toits et des murs secs. La Joubarbe, avec ses grosses feuilles en rosette et dont la tige est tige invisible en fait presque trop avec ses quinze pétales (en moyenne); 

Ortie (Urtica). Famille des Urticacées. Ordre des Urticales.  

 Oxalidales. 

Cet ordre à, la base des Rosidées , comprend essentiellement les Oxalidacées et cinq petites familles tropicales.    

Oxalis. Famille des Oxalidacées. Ordre des Oxalidales.

   

P

 Palmiers 

Les botanistes ont rebaptisé les Palmiers du doux nom d’Arecacées seule famille de l’ordre des Arecales et cela en prenant pour référence l’Arec (Areca) dont la noix de l’espèce Areca catechu entre dans la confection du bétel. En appartement, outre certaines espèces de Cocotiers, Dattiers et Arecs, on cultive les genres Caryota, Chamaedoria, Howeia, Trachycarpus et Washingtonia. Ils n'atteignent pas une grande taille et ne fleurissent pratiquement jamais. Le Chamaerops est un palmier plus ou moins rustique dans nos pays.  

On sera peut-être étonné d’entendre parler ici des Palmiers comme lis évolués ou en tout cas comme descendants d’un ancètre commun. Il est vrai que les palmiers ne sont pas renommés pour la beauté de leurs fleurs mais si l'on observe l'inflorescence du Cocotier (Cocos nucifera), qu’il est bien difficile d’atteindre sans risquer de se casser le cou, l'on remarque, sortant d'une longue feuille dure en forme de canot, des grappes de fleurs unisexuées comprenant plusieurs milliers de fleurs mâles et à la base quelques dizaines de fleurs femelles.  

Chaque inflorescence produit ainsi de l'ordre d'une demi douzaine de noix de coco qui sont des graines d’une énorme dimension. On remarquera sur n’importe quelle noix de coco, la place un peu ramollie que l’on perfore pour boire le jus; elle indique la position des trois carpelles. 

Mâles ou femelles, ces fleurs dérivent clairement de fleurs hermaphrodites rappelant une fois de plus celles du lis avec ses six pétales, six étamines et trois carpelles. Cette origine ancestrales n'est pas douteuse car il existe quelques rares espèces de palmiers portant encore ce genre de fleur.   

Chez le Dattier (Phoenix dactylifera), les fleurs mâles et femelles sont habituellement portées par des "arbres " séparés. Il existe une tradition immémoriale qui consiste à améliorer la production de dattes en secouant une inflorescence mâles sur les inflorescences femelles. En général, il suffit de garder pour cet usage un arbre "mâle" pour une dizaine de "femelles". Autrefois, à l’occasion de guerres tribales, il suffisait de couper les quelques arbres mâles pour affamer un village. 

Pancrace (Pancratium) Famille des Amaryllidacées. Ordre des Asparagales.  

Passiflore (Passiflora). Famille des Passifloracées. Ordre des Malpighiales.  

Pavot (Papaver). Famille des Papaveracées. Ordre des Ranuncunales.  

A défaut de coqueliquot, le moindre terrain vague nous permettra de découvrir les jolies fleurs jaunes de ce « pavot » courant autant qu'envahissant qu'est la Chélidoine (Chelidonium). Son latex jaune vif (qui est un moyen infaillible de reconnaître cette plante en toute saison) servait autrefois à brûler les verrues. Une sorte de Chélidoine d'Amérique du Nord, la Sanguinaire (Sanguinaria), fournit un latex rouge utilisé comme peinture de visages par les Indiens. Un pavot californien, le Pavot d’or (Eschscholtzia), très courant dans nos jardins, est apprécié pour ses fleurs d’un jaune-orange éclatant. 

Perce–neige (Galanthus)

Ces fleurs blanches tachées et striées de vert sont les plus précoces des bulbeuses de nos pays. Très proche, la Nivéole(Leucojum) à la corolle plus régulière.   

Peuplier Voir Saule 

Pelargonium

Le fameux pelagonium, notre géranium des balcons, est un arbuste à feuilles grasses dérivant de diverses espèces d'Afrique du Sud et de l'Inde. Ceux que l’on achète généralement sont à ce point déformés par la culture (fleurs doubles, fleur asymétrique, perte d'étamines) qu’ils ne sont pas utilisables. Les plus intéressants pour l’observation des fleurs sont les pelargoniums dits "odorants", véritable curiosité car leurs feuilles froissées évoquent sans ambiguité le citron, la citronelle, l'ananas, la menthe, etc.. 

Pervenche (Vinca) Famille des Apocynées. Ordre des Gentianales.   

Si l'on ne trouve pas de Pervenche, on peut se tourner vers son grand frère l'Oleander (Nerium), mieux connu sous le nom de Laurier rose et courant sous les climats doux. Malheureusement, sa fleur est encore plus compliquée car chaque étamine se prolonge par un plumet, les cinq plumets s'entortillant en spirale au dessus du pistil ! Un vrai casse–tête, surtout pour les insectes qui tiennent beaucoup à insinuer leur trompe pour pomper le nectar. Il en est de même pour le Dipladenia.   

Certaines espèces de Gaillets (Gallium, Cruciata) furent utilisées autrefois pour cailler le lait (caille-lait) et l'Aspérule odorante sert encore à parfumer le vin blanc (meitrank, meibowle) au Luxembourg.  

Phlox . Famille des Polémiacée. Classe des Solanales

Les phlox sont originaires essentiellement de la côte pacifique de l'Amérique du Nord. Leurs hybrides multicolores font merveille dans les plate bandes et dans les rocailles. La base de la corolle n'est plus qu'un tube très mince.  

Le frère du phlox, le Polémonium qui a donné son nom à la famille est bien moins courant quoique encore cultivé. Le Cobea, à la corolle en cloche, est une plante grimpante mexicaine parfois cultivée en annuelle dans les jardins.  

Peuplier Voir Saule 

Piperales 

L'ordre des Piperales comprend 4 familles tropicales à savoir les Piperacées, Saururacées (dont le Houttunia), Lactoridacées et Aristolochiacées. Parmi ces dernières, les Aristoloches sont des plantes grimpantes dont l’inflorescence évoque un peu celle de l'Arum.  

Pittosporum Famille des Pittosporacées, ordre des Apiales.  

Pivoine (Paeoni) Famille des Paeoniacées. Ordre des Saxifragales  

Chez cet arbuste de jardin bien connu, le périanthe tend à la pentamérie avec ses cinq ou dix pièces de même couleur. Malheureusement les nombreuses étamines tendent à se transformer en pétales comme chez les roses, ce qui embrouille la structure de la fleur. Le pistil comprend aussi trois carpelles encore séparés. 

Plantain (Plantago) Famille des Plantaginacées. Ordre des Lamiales

Les fleurs du Plantain (Plantago) sont à vrai dire peu engageante et cette mauvaise herbe, la malédiction des gazons anglais, ne se distingue que par ses feuilles en rosette qui évoquent une plante de pieds avec un peu de bonne volonté, ainsi que ses épis garnis de longues étamines. 

Les fleurs minuscules, tassées les une contre les autres, sont fort difficiles à observer, même à la loupe. Elles sont régulières, mais les pétales brunâtre tombent très vite. Cette fleur dérive sans doute de l'une ou l'autre lamiale inconnue car elle en est génétiquement fort proche. Le nombre énorme de graines compris dans l'épi et leur long pouvoir germinatif explique que cette plante d'Eurasie se soit propagée dans le monde entier. On la trouve souvent dans des endroits piétinées au point que l'on prétend qu'elle aime cela et que les graines collent aux semelles. Ce n'est qu'a maturité que les étamines dépassent très largement la corolle égayant un peu le sinistre épi.  

Platane(Platanus) Famille des Platanacée. Ordre des Proteales

Les fleurs de cet arbre bien connu pour son écorce se détachant par plaques sont réunies en petites inflorescences sphériques. Chaque fleur est réduite soit à une étamine soit à un carpelle; du périanthe disparu ne subsiste qu’une écaille ou des poils (ces derniers provoquant des allergies). Les petits fruits réunis en touffes globuleuses sont fort bien visibles en hiver après la chute des feuilles  

Plumbago Famille des Plumbaginacées. Ordre des Caryophyllales.  

La racine très caustique du Plumbago servait autrefois à soigner les maux de dents, d’où son nom populaire de "Dentelaire"; le terme Plumbago rappelle les traces couleur de plomb que cette racine laissait sur les mains.  

Poales  

Cet ordre comprend seize familles dont les principales sont les Poacées et les Cypéracées, toutes deux très diversifiées avec respectivement (9000 et 4500 espèces), ainsi que les Joncacées et les Thyphacées

1. les Poacée. Ce sont ces plantes que nous nommons couramment graminées ou herbe, selon que leur grain nous intéresse ou non.  

2. les Juncacées, autrement dit les joncs de nos prés humides  

3. les Cypéracées, bien reconnaissables à leur tige triangulaire et dont le Papyrus est le mieux connu 

4. les Typhacée, autrement dit les roseaux dont le principal est le Typha 

Toutes ces familles se sont diversifiées au point que les botanistes, qui aiment les menus détails ont réussi à en déceler de l’ordre de 650 genres. 

Il en est de même chez ces poacées géantes que nous nommons bambous. Le lecteur devra ici nous croire sur parole car même sous les tropiques, leur habitat habituel, les bambous ne fleurissent que très rarement; cela va d’une floraison par an à une tous les 60 ans; il existe même des espèces dont les botanistes n’ont jamais vu les fleurs ! Tout se passe comme si les bambous essayaient de se passer de la reproduction sexuée car ils se propagent parfaitement par rhizomes. 

Poivrier(Piper). Famille des Piperacées. Ordre des Piperales.  

On trouve couramment chez nous comme plantes d’appartement, le Peperoromia dont les inflorescence semblables à celles du Poivrier n'ont pas grand espoir de fructifier.  

Polygonum. Voir Renouée  

Primevère. .Famille des Primulacées. Ordre des Ericales.  

Le Cyclamen est, en quelque sorte, une primevère orientale (Liban, Turquie, Perse) qui doit son aspect étrange à sa corolle partiellement retroussée 

Polyanthes. Voir Tubéreuse. 

Polygonum. Voir Renouée    

ProteaFamille des Protéacées. Ordre des Proteales. Voir Proteales.  

Proteales  

Le dieu grec Protée était, dit-on, capable de changer de forme à volonté. Le nom de "Protéale" semble bien choisi pour trois plantes réputées primitives. Elles sont de fait aussi dissemblables que possible. L’une est une énorme fleur des déserts africains pouvant dépasser 20 cm de diamètre que l’on nomme Protea. Il s'agit semble- t-il d'un premier essai d'une disposition que nous retrouverons chez les fleurs les plus évoluées comme l'artichaut et le chardon.

La seconde est ce que l’on nomme le "Lotus Asiatique" (le lotus bleu de Tintin) à savoir le Nelumbo (Nelumbium). Cette fleur,extrèmement populaire en Extrême Orient, sert d’offrande dans les temples; il n’existe pas de statistiques, mais il s’agit peut être de la fleur la plus cultivée au monde avec l’oeillet d’Inde. Sa fleur stylisée est siège habituel de Bouddha 

Le nelumbo, qui est fort peu rustique dans nos pièces d’eau, ressemble apparemment au nymphea, mais ses étamines sont bien séparées et les carpelles sont curieusement noyés dans un réceptacle formant une sorte de plateau qui, à maturité, ressemble à une pomme d’arrosoir  

La troisième un arbre redouté des automobilistes...le Platane

Il y a quelques années aucun botaniste n'aurait considéré comme cousine ces trois plantes, mais l'analyse génétique vient de révélée cette parenté cachée au plus profond de la cellule.   

Prunus. Famille des Rosacées. Ordre des Rosales. 

Les prunus les plus connus sont : Prunellierprunus spinosa , Merisier: prunus avium. Nombreuses espèces cultivées: Prunier: prunus domestica,  Cerisier: prunus cerasus , Laurier-cerise: prunus laurocerasus, Pêcher: prunus persica , Abricotier: prunus armeniaca, Amandier: prunus dulcis . 

 

Q

  

 

Rafflesia. Famille des Rafflesiacées. Inclassable dans un ordre. 

Aucune fleurs ne viennent à la cheville du Rafflesia que le lecteur n'a aucune chance de voir, sauf avec beaucoup de chance comme touriste dans la forêt tropicale de Sumatra et quelques îles proches. La plante ne possède ni tige ni feuilles et sa fleur naît directement d'un suçoir implanté dans la racine d'une vigne tropicale.  

Wi rafflesia 1

Cette fleur, à cinq ou six pétales, atteint pas loin de un mètre de diamètre (record du monde). Elle répand une odeur pestilentielle qui attire les mouches se chargeant de la polliniser. Son centre est garni soit d'étamines, soit d'un pistil, car cette fleur est unisexuée. Elle est défendue par des épines évoquant une gueule ouverte.  

Ranunculales  

Cet ordre regroupe sept familles.

Le modèle des principales la Renoncule (famille des Renonculacées), le Berberis (famille des Berbéridacées) et le Pavot (famille des Papavéracées).   

Même une renoncule comme la Ficaire (Ficaria) a souvent 8 pétales et trois sépales, tandis que l’Anémone (Anemone) possède 5 pétales ou plus et une liane célèbre comme la Clématite (Clematis) se contente souvent de quatre. Le Pied d’alouette (Delphinium) courant dans nos jardins pour voir le périanthe terminé par un long éperon. L’Aconit (Aconitum) replie son sépale supérieur en chapeau de moine.   

Rhus (Sumac) Famille des Anacardiacées . Ordre des Sapindales   

Renoncule (Ranunculus) de Ranuncula: petite grenouille. Famille des Renonculacées. Ordre des Ranunculales.   

Renouée.( Polygonum). Famille des Polygonacées. Ordre des Caryophyllales 

Les renouées existent chez nous à l’état sauvage sous forme de petites herbes discrètes, mais chacun connaît les espèces grimpantes natives du Turkestan ou de la Chine qui couvrent nos pergolas en un temps record. Leurs petites fleurs blanches trimères sont parfois devenues pentamères suite à la soudure de deux pétales. En nombre incroyable, elles forment ce que l’on nomme très justement le “voile de mariée”.

Le Sarrasin ou Blé noir (Polygonum Fagopyrum) est une Renouée d’une grande importance économique. Citons aussi dans la même famille la Bette et la Betterave(Beta), l’Epinard (Spinacia), la Rhubarbe(Rheum) et la Salicorne (Salicornia). 

Rosales   

Ordre comprenant une dizaine de familles dont les Rosacées, les Urticacées, les Cannabinacées, les Moracées, les Ulmacées et les Elaegnacées (fusain).  

Chez la Ronce (Rubus) et sa variété connue sous le nom de Framboisier, le réceptacle reste sec mais ce sont les carpelles qui deviennent charnus et donnent l’aspect "mûre " à leur fruits.   A un autre point de vue, en observant divers arbres bien connu, l’on remarquera sans peine que le Sorbier(Sorbus) ne possèdent plus que trois carpelles et le Prunier (Prunus) un seul.   

Le Céanothe (Ceanothus) aux grappes de petites fleurs bleues et le Jujubier (Zizyphus) arbre épineux cultivé dans le midi pour ses fruits, tous deux de la famille des  Rhamnacées (de rhamnus : nerpun ou bourdaine), proche des Rosacées.  

Rue(Ruta) Famille des Rutacées. Classe des Sapindales.  

Sa soeur chinoise le Zanthoxylum piperitum est un petit arbuste au feuillage odorant au moindre contact et aux petites fleurs jaunes est piquant et parfumé. Il s’agit de cette épice à la mode connue sous le nom de poivre du Sichuan.  

Le Choisia est un arbuste couramment cultivé dans nos jardins pour ses jolies fleurs blanches. On le nomme aussi “oranger du Mexique” ce qui indique clairement son origine et sa très proche parenté avec le Citrus (citronnier, oranger, mandarinier, pamplemoussier, cedratier, bergamote). Ici pas de danger, mais toutes les fleurs sont restées sagement pentamères quoique l’évolution ait augmenté le nombre d’étamines et de carpelles . 

S

 Sanseveria(Langue de belle mère) Famille des Ruscacées. Ordre des Asparagales 

Sanvitalia Famille des Asteracées. Ordre des Asterales. 

Cette mignonne petite fleur mexicaine indique une tendance à la pentamérie par son calicule à 5 pièces et éventuellement 5 pétales. Voir. Zinnia.  

Saule( Salix )Famille des Salicacées. Ordre des Malphigiales. 

Le cas du Saule (Salix) est très particulier car il porte des glandes à nectar de formation récente semble-il. Il est pollinisé en partie par les insectes, en partie par le vent. Sa diversité est énorme car on trouve des saules de toutes tailles, du saule arctique de quelques centimètre à l’impressionnant saule pleureur sans compter que ces espèces s‘hybrident facilement. Le Peuplier (Populus), tout proche, mais qui compte dix fois moins d’espèces n’est quant à lui pollinisé que par le vent. Ces deux arbres, génétiquement très différents des autres, ont été récemment classés dans l’ordre fourre-tout des Malpighiales.    

Sapindales  

Cet ordre comprend environ 450 genres groupés en une dizaine de familles dont les Rutacées (rue, citronnier); les Sapindacées (erable, marronnier, sapindus) et les Anacardiacées. A part quelques exceptions tous les membres de cet ordre sont extrèmement aromatiques. 

 Ce que nous nommons  « noix de Cajou » est l’amande du fruit d’un Anacardium, type de la famille. Dans nos jardins, le Sumac de Virginie (Rhutyphina) est bien connu pour son magnifique feuillage d’automne, de même le Skimmia qui ressemble à un petit laurier et fleurit en hiver. Toujours de la même famille, le Pistachier (Pistacia) et le Mangier(Mangifera). D’autres genres tropicaux fournissent le Myrrhe (Commiphora) et l’Encens oliban(Boswelia) et la Laque (Rhus vernicifera).   

Saxifragales. 

Cet ordre regroupe des plantes à fleurs fort primitives comme les Saxifragacées (Saxifrages), les Crassulacées (Sedum), les Paeoniacées (Pivoine), les Grossuraliacées (Groseiller) et une dizaine d’autres familles. 

Le est une fleur pentamère modèle  mais il faut savoir que certaines de ses espèces sont tout autant un modèle de tétramérie. Il en est de même pour des genres très proches comme le Kalenchoe, que l’on trouve partout comme plante d’intérieur.  

Saxifrage (Saxifraga) Famille des Saxifragacées. Ordre des Saxifragales

De tout temps, nos ancêtres ont eu l'attention attirée par des plantes qui installaient leurs petites rosettes de feuilles dans la moindre fissure de rocher, d'ou leur nom de "perce-pierre" A leur suite les botanistes les nommèrent, en grec évidemment, Saxifrages (de saxos: pierre et fagos: manger). On l'imagine, ces plantes , originaires des montagnes, se contentent de peu de chose et se plaisent sans problème dans les rocailles où leurs fleurs font merveille. Parfois ces fleurs sont si minuscules et nombreuses que l'on utilise le qualificatif de "désespoir du peintre". Omniprésentes dans les jardins, le Saxifrage d’hiver (Bergenia) dont la résistance rappelle son origine sibérienne. 

Scabieuse (Knautia ou Scabiosa) Famille des Dipscacées.Ordre des Dipsacales 

Le mot "scabieuse" vient de scabies: gale, allusion aux écailles à la base du capitule, imitant les croûtes galeuses.  

Sedum.  Famille des Crassulacées. Ordre des Saxifragales 

Solanales 

Cet ordre comprend les Solanacées (solanum,..), les Convolvulacées ( liseron) et trois familles tropicales. Une caractéristique bien familiale des Solanacées est leur propension à fabriquer des substances dangereuses, connues depuis longtemps pour leurs vertus médicinales ou gustatives. Il suffit de citer le Tabac (Nicotiana), la plus dangereuse des plantes cultivées, le Piment ou Chili (Capsicum). (Poivre de Cayenne, Poivron, Paprika), le Pétunia, le Datura aux fruits piquants (pomme épineuse), la Jusquiame (Hyoscyamus), la Belladone (Atropa) et la Mandragore (Mandragora). 

Pour les observer, rien de tel que d’arpenter un potager. Il nous fournira les fleurs de deux espèces exotiques célèbres de Solanum à savoir, la Pomme de terre ( Solanum tuberosum), autrefois nommée "morelle tubéreuse" et la Tomate ( Solanum lycopersicum), peut-être aussi de l’Aubergine ou Mélongère (Solanum melongera).  

 Strelitzia(Oiseau de Paradis). Famille des Musacées. Ordre des Zinziberales.  

T .

   

Tamier(Tamus) Famille des Dioscoracées. Ordre des Dioscorales 

Le cousin tropical du tamier n’est autre que l’Igname (Dioscorea) dont l’énorme tubercule constitue, après cuisson, une nourriture essentielle pour de nombreuses populations. Un igname des régions tempérées de la Chine et du Japon, le Dioscorea batatas, fut autrefois cultivée en Europe sous le nom de patate, mais le lecteur n’a plus aucune chance d’observer sa fleur 

Tetramérie Citons aussi, comme rosales tétramères, le Céanothe (Ceanothus) aux grappes de petites fleurs bleues et le Jujubier (Zizyphus) arbre épineux cultivé dans le midi pour ses fruits, tous deux de la famille des  Rhamnacées . 

Dans les prairies sèches, le Chlore (Chlora), reconnaissable à ses feuilles vert-bleu auxquelles elle doit son nom, a dédoublé ce nombre (huit pétales et huit étamines), ce qui est vraiment exceptionnel. 

Tigridia (Oeil de paon). Famille des Iridacées. Ordre des Asparagales.  

Tradescantia. Famille des Commélinacées. Ordre des Commelinales   

Tulipe (Tulipa).Famille des Liliacées. Ordre des Liliales 

Tricyrtis. Famille des Liliacées. Ordre des Liliales 

Trillium (Wake robin) Famille des Melanthiacées. Ordre des Liliales. 

Il est intéressant de noter qu’il existe des espèces de trillium tétramères (quatre feuilles; quatre pétales, etc..) et même pentamères, voire plus ! De son temps, Linné en connaissait une espèce tétramère qui vit dans nos bois. Sans doute pour éviter le ridicule de nommer « trillium » une plante où tout va par quatre, il la nomma Paris . En fait, il ne s’agit que de variantes de la même plante.  

Tritoma Voir Knikophia.  

Tamaris (Tamarix). Famille des Tamaricacées, ordre des Caryophyllales  

Les minuscules fleurs roses du Tamaris qui forment des grappes d'une extraordinaire légèreté. 

Thumbergia Famille des Acanthacées. Ordre des Lamiales. 

On cultive chez nous, en annuelle, cette liane d'Afrique du Sud et de l'Est. L'espèce la plus courante se reconnait aisément à la tâche d'un noir profond qui orne son centre et lui a valu le sobriquet de "Suzanne aux yeux noirs". L'intérieur de la fleur, très difficile à observer, évoque celle du bignonia. 

Trichyrtis Famille des Colchicacées. Ordre des Liliales.  

Tubéreuse(Polyanthes).Famille des Agavacées. Ordre des Asparagales. 

Il n’y a pas de doute, le mot « tubéreuse » n’évoque que la parfumerie. Cette fleur, probablement la plus parfumée qui soit, était cultivée depuis toujours par les Aztèques (on ne la connaît pas à l’état sauvage). Elle fut, grâce à son parfum, très vite acclimatée en Europe et fut longtemps à la mode à Versailles. 

Il s’agit d’une agave, mais dont l’épi de fleurs « de lis » évoquant les glaïeuls, ne dépasse que rarement le mètre de haut. Certains auteurs la nomment Agave polianthes, pour exprimer le nombre de ses fleurs par épi (poli: nombreux ; anthos: fleur). Carl von Linné la nomma Polianthes tuberosa pour attirer l’attention sur ses tubercules car, comme les grandes agaves, elle ne fleurit qu’une fois et se propage par ces rhizomes. On n’en trouve plus que très difficilement dans nos pays, mais dans le monde et particulièrement aux Indes, elle est fort cultivée pour la parfumerie. On en retrouvera l’odeur, entre autres, dans Poison (Christian Dior); Chloé (Parfums Chloé) ; Byzance( Rochas) et …Tubéreuse criminelle, (Serge Lutens). 

Typha ( Massette) Famille des Typhacées. Ordre des Poales.  

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 En se promenant en été au bord d'un étang, le lecteur reconnaîtra sans hésitation possible un roseau bien connu que les botanistes nomment Typha. Son nom populaire de “massette” ou “quenouille” est fort parlant car l'inflorescence est constituée de deux colonnes superposées, l'une jaunâtre et éphémère constituée de fleurs mâles à trois étamines, l'autre rassemblant les fleurs femelles en un long cigare couleur cacao, le tout est souvent gainé à la base d’un rudiment de spathe. A maturité, l'épi femelle se transforment en masses duveteuses constituées de fruits à aigrettes que le vent emporte. Pour ces raisons et bien d'autres, les botanistes avaient classé le typha parmi les fleurs primitives. Pourtant, les dernières recherches tendent à les considérer comme très évoluées. 

U

 Urticales 

Trois urticales, à savoir le Chanvre (Cannabis), le Houblon (Humulus) et l’Ortie (Urtica), sont fort bien connues, surtout pour les substances chimiques qu’elles élaborent. Ces plantes ont réduit leurs étamines à un seul cycle, sont devenues mâles ou femelles par avortement et ces fleurs unixexuées poussent le plus souvent sur des pieds différents. Dans le cas du chanvre, les mâles ne conservent plus que cinq sépales et cinq étamines tandis que les femelles se contentent d’un pistil fourchu.   

 V  

Valériane 

Le mot "Valériane" évoque un calmant un peu rétro que l’on extrayait de sa racine; de plus en séchant, elle dégage une odeur qui attire les chats d’ou son nom d’herbes aux chats. Toute proche, la Mâche ou Doucette (Valerianella) aux fleurs minuscules et dont les jeunes feuilles constituent une salade d’hiver appréciée. 

Verveine(Verbena) Famille des Verbenacées. Ordre des Lamiales 

La Verveine et les autres membres de sa familles sont en somme des lamiacées aux fleurs presques régulières. La Verveine de nos pays (Verbena officinalis) est une herbe minable que nous foulons aux pieds sans la voir; ses minuscules fleurs roses en épis sont trop discrètes pour pouvoir être observées. C'est une verveine américaine , le Lippia citriodora qui est utilisée comme tisane et fournit l’essence de citronnelle. Les verveines hybrides d’Amérique du Sud sont en ombelles comme celles du Lantana 

Viburnum Voir Viorne 

Vigne (Vitis). Famille des Vitacées. Ordre des Vitales. Les vignes sont des lianes des forêts qui rampe au sol, puis s'élève le long des arbres ou des rochers à la manière du lierre. Les Cissus et Ampelopsis sont tropicales et décorent parfois nos appartement; les Parthenocissus, que l’ondéclare “ vierges” sous prétexte que leurs raisins sont petits et immangeables, décorent nos facades, enfin la “vraie” vigne (Vitis) fournit des raisins comestibles.  

Violette   On nomme habituellement Pensées, des espèces de Violettes aux coloris variés et aux pétales étalés. Elles ne sont pas cléistogames. 

Viorne(Viburnum) Famille des Cornacées . Ordre des Cornales.  

 

  

Y

 Yucca Famille des Agavacées. Ordre des Asparagales 

  

Zinziberales 

Il suffit de prononcer ce mot curieux pour entendre "Gingembre"(Zingiber) et pour se rappeler le goût inimitable de son rhizôme. Les anciens botanistes, sans doute gastronomes, qualifiaient d'ailleurs toutes les plantes qui lui sont apparentées (curcuma, bananier, etc..) de Scitaminales(du latin scitamina: mets choisis). Cet ordre rassemble 8 familles dont les Zinzibéracées et les Musacées (bananiers).


 

Autres notes à incorporer

 Charles Darwin. Des effets de la fécondation croisée et de la fécondation directe dans le règne végétal. 1876  

1 Rapport de l'Angiosperm Phylogeny Group par K.Bremer (Université d'Uppsala. Suède) , M.W.Chase (Royal Botanic Garden. Kew .England) et P.F. Stevens (Harvard University Herbaria . USA).1998. http://www.systbot.uu.se.   

3 Les boutons d'oeillet ressemblent un peu aux clous de Girofle que les grecs nommaient Karuophullon (de karuon: noix et phullon: feuille). Caryophyllus est le nom scientifique actuel du Giroflier.

 4 Les graines du Polygonum phagopyrum (sarrasin ou blé noir) sont d’une importance économique considérable 

5 Nommée bette, blette, poirée lorsqu’elle est cultivée pour ses feuilles et bette-rave lorsqu’elle l’est pour sa racine. 

6 Les bétalaïnes contiennent de l’azote, contrairement aux colorants utilisés dans toutes les autres fleurs , à savoir essentiellement les anthocyanes ( littéralement « bleu des fleurs ») et les carotènes . 

7 Ne pas confondre avec la patate douce (Ipomoea batata) qui est lui une sorte de liseron.(page XXX).  

8 Il faut excepter le chataigner et quelques genres proches.  

9 Ils disaient aussi Cupulifères allusion au support des fruits, surtout bien marqué chez le gland (cupula : petite coupe 

10 Cela n'empèche pas les abeilles de se ravitailler dans les arbres, mais en récolant la secrétion sucrée des pucerons (miellat)  

11 Les anglosaxons ne parlent jamais d'albumen mais d'endosperme ( de endon : à l’intériur et sperma : graine) . 

12 Chez les Conifères, la double fécondation n’existe pas. Chez les plantes archaïques comme le Ginkgo et le Cyca, les spermatozoïdes sont à flagelles et ne développent pas de tube pollinique. 

13 Cette période “graine” est très variable, pouvant aller de quelques heures à plusieurs années et même jusqu’à un siècle pour certaines légumineuses. Bien entendu, l’on n’a jamais réussi à faire germer les grains de céréales trouvés dans les tombeaux égyptien; il s’agit d’une pure légende. 

14 Ne pas confondre avec la patate douce (Ipomoea batata) qui est lui une sorte de Liseron.(page XXX). 

15 Ce dernier est très diversifié et peut presenter plus de quatre pétales. 

16 Mentionnons cependant qu’une de ses espèces, le Malpighia.glabra n’est autre que l’acerola dont le fruit (cerise de la Barbade) est réputé au Brésil . Il contient de 50 à 100 plus de vitamine C que l’orange. 17 Il existe un fushia arborescent natif de Nouvelle Zélande. 18 De poa, le paturin, l’herbe la plus commune dans nos pays. 

19 Ne pas confondre avec la patate douce (Ipomoea batata) qui est lui une sorte de Liseron.(page XXX). 

20 Il s’agit ici de Pâris le héros mythologique grec. Le fruit du Paris est une sorte de petite cerise noire toxique; cette l’allusion à la pomme (de discorde) qui déclencha la guerre de Troie est un peu tirée par les cheveux. Autre propriété remarquable: le trillum possède les plus grands chromosomes du règne végétal ( l’équivalent de la mouche drosophile dans le règne animal). 

21 Notons toutefois le Maientémum, autre fleur des sous bois, proche du muguet mais possédant quatre pétales, quatre sépales et huit étamines. 

22 Voir. Index. Il s’agit pour le cannabis du hashish, pour le houblon de la lupuline , qui sert à aromatiser la bière et pour l’ortie de l’acide formique qui irrite la peau.  

23 Les dernières classifications ont supprimé l’ordre des vitales laissant la famille des vitacées isoléé près de la base des magniopsia.  

24 Les vignes américaines, extrèmement résistantes aux parasites, ne sont pas cultivées à cause du parfum excessif, nommé fox, des raisins et du vin que l’on en tire. Cependant, le cépage de Vitis labrusca nommé concord est largement cultivé dans l’Est des États-Unis.   

1 Rapport de l'Angiosperm Phylogeny Group par K.Bremer (Université d'Uppsala. Suède) , M.W.Chase (Royal Botanic Garden. Kew .England) et P.F. Stevens (Harvard University Herbaria . USA).1998. http://www.systbot.uu.se.   

2 Le terme “marishuana”, mot slang mexicain, a été introduit dans les années 30 aux Etats -Unis lors d’une campagne de dénigrement.   

3 Les boutons d'oeillet ressemblent un peu aux clous de Girofle que les grecs nommaient Karuophullon (de karuon: noix et phullon: feuille). Caryophyllus est le nom scientifique actuel du Giroflier.  

4 Les graines du Polygonum phagopyrum (sarrasin ou blé noir) sont d’une importance économique considérable     

6 Les bétalaïnes contiennent de l’azote, contrairement aux colorants utilisés dans toutes les autres fleurs, à savoir essentiellement les anthocyanes ( littéralement« bleu des fleurs ») et les carotènes .  

 7 Ne pas confondre avec la patate douce (Ipomoea batata) qui est lui une sorte de liseron.(page XXX).   

9 Ils disaient aussi Cupulifères allusion au support des fruits, surtout bien marqué chez le gland (cupula : petite coupe     .  

18 De poa, le paturin, l’herbe la plus commune dans nos pays.   

20 Il s’agit ici de Pâris le héros mythologique grec. Le fruit du Paris est une sorte de petite cerise noire toxique; cette l’allusion à la pomme (de discorde) qui déclencha la guerre de Troie est un peu tirée par les cheveux. Autre propriété remarquable: le trillum possède les plus grands chromosomes du règne végétal ( l’équivalent de la mouche drosophile dans le règne animal).   

21 Notons toutefois le Maientémum, autre fleur des sous bois, proche du muguet mais possédant quatre pétales, quatre sépales et huit étamines.  

23 Les dernières classifications ont supprimé l’ordre des vitales laissant la famille des vitacées isoléé près de la base des magniopsia.   

24 Les vignes américaines, extrèmement résistantes aux parasites, ne sont pas cultivées à cause du parfum excessif, nommé fox, des raisins et du vin que l’on en tire. Cependant, le cépage de Vitis labrusca nommé concord est largement cultivé dans l’Est des États-Unis.    

1 Lettre au botaniste Asa Gray.

2 A cause de ses deux tubercules arrondis et inégaux qui évoquent des testicules (orchis, en grec).

3 Comme la colonne est un organe mixte, les botanistes l’ont nommée gynostème ( de gynos: femelle et stemma: étamine)  

4 Orchis anthropophorum : orchis « homme pendu »

5 On la nomme aussi Orchis vanille car elle répend la même odeur que la gousse de sa grande sœur tropicale.

6 La fleur du Cypripedium caudatum, la plus grande des orchidées, peut atteindre 90 cm de long.

7 De l’ordre de quelques milliers pour nos orchidées européennes, mais de quelques centaines de milliers pour les exotiques, on parle même d’un ou deux millions de graines par fleur. 

9 Il existe une farine, le salep, obtenue au Moyen Orient à base de tubercules d'orchis.  

1L’arum maculatum et l’arum italicum et leurs hybrides.

2 Ce dernier est d’ailleurs nommé « faux acore ».

 4 La Sagittaire (Sagitaria) présente à la fois les trois formes. 

7 Charles Darwin. Des différentes formes de fleurs dans les plantes de la même espèce. 1877.  

 1 Plante épiphytes pour les botanistes. 

 4 La soeur du tradescantia, le Commelina, plus rare chez nous, est aussi d’un grand intérêt car trois de ses six étamines sont avortées. 

 5 Les botanistes disent staminodes. 

1 Les stratégies végétales. Essai de morphologie évolutive. Ed.Masson. 1994.

 2 Les pétales de ces fleurs pentamères sont soudés en forme de tube ne laissant subsister que cinq ou dix petites dents 

3 Nommé autrefois Thalpic ou Téraspic  

4 Marguerite dorée ou des moissons ( Chrysanthemum segetum) 

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