LE PRINCIPE DE SIMILITUDE 

ET LES INFLUENCES DE LA LUNE

 Il n’est pas mauvais qu’il y ait une erreur commune qui fixe l’esprit des hommes; par exemple la Lune, à qui l’on attribue les changements de temps, le progrès des maladies, etc…, car quoiqu’il soit faux que la Lune fasse rien à tout cela, cela ne laisse de guérir l’homme de la curiosité inquiète des choses qu’il ne peut savoir, qui est une des maladies de l’esprit humain.  Blaise Pascal.1650.                                                                                                                            

  Lune                                   

 Table des matières

Introduction

Le principe de similitude ou homéopathique

Les mouvements de la lune

Les femmes ont des règles tous les mois

Les femmes accouchent après 9 mois lunaires

La pleine lune, grande accoucheuse

Le temps change avec la lune

Jardiner avec la lune

Jardiner avec le zodiaque

Les lunatiques

La biodynamique

La lune symbolique

La preuve par les marées

 

 INTRODUCTION  

Il est sans doute bon de se souvenir qu’entre 1600 et 1700 apparut parmi certains lettrés vivant en Europe occidentale, un état d’esprit tout nouveau, pour tout dire révolutionnaire. Il s’agissait de ne plus admettre sans discussion l’opinion des anciens et les croyances populaires, mais d’expérimenter de façon contradictoire et d’inventer des relations rendant compte des résultats.

Notre culture scientifique actuelle est l’héritière de cette période. Cependant, au moment même où les sciences et les techniques font des progrès à peine imaginables, on voit réapparaître en force des idées antiques que l’on imaginait éteintes.

C’est ainsi que semble s’établir un culte disons « écologique », une sorte de panthéisme plaçant la nature et sa pureté au centre de toute pensée. Dans son sillage, on remarque un retour à diverses croyances concernant de préférence les influences les plus subtiles.

C’est ainsi que l’on entend parler de cancers provoqués par des « ondes » comme celles des antennes de téléphonie, des fours à micro-ondes, des lignes à haute tension. Des doctrines « magiques », comme le principe de similitude, génèrent actuellement des profits importants (médecine par les plantes « bonnes pour ceci ou cela », remèdes homéopathiques inspirés des ouvrages d’Hahnemann, etc..).

Dans le même temps, réapparaissent aussi des croyances astrologiques anciennes comme l’influence de la lune sur la météo, la croissance des végétaux, la taille de la vigne, le soutirage du vin, le mûrissement des fruits, l’accouchement des femmes, etc. .. 

Notre expérience personnelle nous a montré que toute mise en cause de ces idées reçues dans une discussion courtoise est vouée à l’échec. Nous nous sommes donc efforcé de coucher sur papier les sujets qui fâchent le moins et sont les plus accessibles au raisonnement et à l’expérimentation de chacun, à savoir les influences supposées de la lune.

 Le débat n’est pas nouveau. En 1780, le père jésuite Toaldo Vicentin, professeur d’astronomie à Padoue, exposait déjà clairement le problème. Il suffit de recopier ses propos:

« Le peuple, pour confirmer et appuyer son opinion, allègue et cite, avec les anciens philosophes,différents effets. 

Par exemple, 1°.que les huîtres et les autres crustacés deviennent maigres dans le déclin de la lune et s’engraissent dans son plein.

                   2°.que les bois coupés en lune croissante se pourrissent d’abord et sont plus tôt vermoulus.

Il allègue encore les crises dans les maladies, l’évacuation menstruelle chez les femmes, les retours périodiques de certaines maladies, qui reparaissent avec les phases de la Lune et particulièrement de la tête et de la peau et enfin des marées. 

Les Physiciens, qui sont d’un sentiment opposé, détestant, pour ainsi dire, l’opinion du peuple et fâchés de penser sur aucun objet comme lui, traitent ces faits, ou comme faux et chimériques, ou comme se rencontrant, tantôt par hasard avec la Lune et tantôt provenant, en partie, de quelques autres causes. Ils croient enfin démontrer, sans réplique, que la lune n’a aucune vertu, ni aucune influence sur les effets sub-lunaires  

Notre astronome, en tant que membre de la Compagnie de Jésus, s’opposait fermement aux croyances astrologiques, contraires à la doctrine de l’église catholique. Il était par contre en plein accord avec les croyances populaires.

Ne disait-il pas: « Qui ne sait, par sa propre expérience, combien plus rapidement poussent les ongles et les cheveux, quand, pour les couper, on choisit la Lune croissante au lieu du temps du décours ? » En fait, il s’efforçait de les expliquer grâce à ses connaissance en astronomie et en physique.

En 1854, dans son œuvre l’Astronomie populaire, le physicien français François Arago reprit tous ses calculs et en montra les erreurs de méthodologie. Il fit de même pour toutes les affirmations populaires concernant la lune et cela dans une critique approfondie qui n’a pas été dépassée à ce jour. Il montra entre autres que l’on sous-estimait les aspects psychologiques qui forment la toile de fond des croyances qu’il examinait et dont nous allons dire un mot.

 LE PRINCIPE DE SIMILITUDE

         OU HOMÉOPATHIQUE

 Comme disait en son temps un célèbre folkloriste

 « La tradition orale ne transmet et ne peut transmettre que des idées puériles, faciles à saisir et faciles à retenir. L’esprit traditionaliste est essentiellement un esprit de répétition et d’imitation; il érige les croyances et les « on-dit » des générations passées en vérités, sans même éprouver le besoin de les vérifier, sans même s’étonner des faits qui semblent les contredire. Dans le cas, bien rare, où l’incartade des faits vient à les frapper, la tradition leur fournit des justifications qui les satisfont pleinement»

Parmi les idées simples en question, on trouve en bonne place ce que l’on a nommé le « principe de similitude » ou « principe homéopathique », selon que l’on préfère une étymologie latine ou grecque (similis ou homoios: semblable). Les influences supposées de la lune dérivant clairement de ce principe, il n’est peut être pas inutile d’en donner quelques exemples choisis parmi les plus connus.

La théorie de la signature

Une branche de céleri dépouillée de son feuillage, évoque, pour ceux qui ont l’esprit tourné dans ce sens, un sexe d’homme en érection. Il va de soi, en vertu du principe de similitude, que le céleri est un remède à l’impuissance. Pour la même raison, les chinois vieux et fortunés préfèrent la corne de rhinocéros, plus rare et coûteuse, donc plus efficace.

D’une façon générale, on peut dire que la médecine traditionnelle par les plantes est basée sur le principe de similitude, que l’on nomme alors « théorie de la signature » car des aspects de la plante signalent ou « signent » son utilité.

La plante nommée mandragore, proche parente de la pomme de terre, présente une racine imitant, si l’on y tient, deux jambes de femme ou un homme; on ne s’étonnera pas de son utilisation pour la fabrication de philtres d’amour. Elle est passée de mode et d’ailleurs introuvable.

11 mandragore

 Il n’en est pas de même du ginseng, un lierre chinois. Ce dernier possède une racine pouvant atteindre un mètre de long imitant parfois fort bien la forme d’un homme. Il est utilisé depuis toujours en Chine comme panacée, d’où son nom scientifique de panax ginseng. Il est actuellement fort prisé en occident pour ses vertus vraies et surtout supposées.

   Ginseng extract 

 Le ginkgo biloba ou arbre des pagodes est considéré, à juste titre, comme l’un des arbres les plus anciens; l’utiliser comme remède au vieillissement va de soi. 

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Dans le même ordre d’idée, la gelée royale, élaborée par les abeilles pour leur reine. La longévité de cette dernière étant bien plus élevée que celle des abeilles ouvrières, son emploi comme revigorant pour l’homme semble tout indiqué.

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Le suc jaunâtre de la carotte et du tronc de l’épine-vinette (berberis) étaient bien entendu souverains contre la jaunisse. Des plantes dont les racines s’insinuent dans les fentes des pierres, comme le saxifrage et la pariétaire étaient recommandées contre les « pierres au rein ». La liste est longue, mais n’a rien a voir avec l’action réelle des substances secrétées par les plantes et que l’on utilise de nos jours en pharmacie.

La médecine homéopathique 

Cette soit-disant médecine fait actuellement le bonheur des pharmaciens et, en France, d’un puissant laboratoire spécialisé. Il s’agit ici du principe de similitude ou homéopathique dans toute sa pureté repris en son temps, suite à la lectures d’œuvres anciennes, par le médecin allemand Samuel Hahnemann (1755-1843). Sa devise était Simila similibus curantur: (les semblables sont guéris par les semblables).

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Pour ne pas trahir sa pensée, il suffit de le citer:

Un vieux moissonneur, quelque peu habitué qu’il soit aux liqueurs fortes, ne boit cependant jamais d’eau froide quand l’ardeur du soleil et la fatigue du travail l’ont mis dans un état de fièvre chaude: le danger d’agir ainsi lui est bien connu; il prend un peu d’une liqueur échauffante; il avale une petite gorgée d’eau de vie. L’expérience, source de toute vérité, l’a convaincu des avantages et de l’efficacité de ce procédé homéopathique. La chaleur et la lassitude qu’il éprouvait ne tardent point à diminuer. 

Ce genre de propos, que les médecins homéopathes se gardent d’évoquer, montre bien les idées et le sérieux de leur gourou. L’apport personnel de ce dernier fut essentiellement le « principe de dilution ». Il s’agissait, pour augmenter l’effet des drogues, de les diluer en les secouant rituellement, de telle sorte que le solvant ne contiennent autant dire plus aucune matière active: ne reste qu’une "influence".

Exemple classique: une piqûre d’abeille provoque des symptômes rappelant les effet de certaines allergies. Une abeille entière séchée, réduite en poudre et diluée à l’extrême devient sous le titre « apis mellifera » un remède aux allergies.

Les médicaments homéopathiques étant uniquement basés sur le principe de similitude et ne contenant aucune matière au delà d’une certaine dilution (5 ou 6 CH) ne sont soumises, comme il se doit, à aucun contrôle officiel d’efficacité et ne présentent naturellement aucun danger. Le reste est une affaire de foi personnelle.

Pour lire Ahnemann dans le texte, voir:

http://www.homeoint.org/site/laborier/organon1.htm  

L’astrologie

Depuis toujours, le principe de similitude est la base des croyances des astrologues et des alchimiste. Il est souvent exprimé par la phrase : "Ce qui est en bas, est comme ce qui est en haut & ce qui est en haut, est comme ce qui est en bas, pour faire les miracles d'une seule chose."  

Il existe par exemple pour les adeptes une correspondance entre le déplacement de la lune et des cinq planètes visibles dans la portion du ciel parcourue par le soleil et ce qui se passe sur terre. La lune par ses changements spectaculaires et ses déplacements rapides mérite un traitement particulier.    

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LES MOUVEMENTS DE LA LUNE  

 Les phases de la lune

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La figure ci-dessus, représent les fameuses "phases" de la lune que chacun connaît, mais ne comprend généralement pas. Il s'agit essentiellement, de la nouvelle lune , du premier croissant, du premier quartier, de la pleine lune, du dernier quartier et du dernier croissant. 

Pour comprendre ces phases, il faut se situer dans l'espace:   http://physiquecollege.free.fr/physique_chimie_college_lycee/cinquieme/optique/phases_lune.htm 

 La phase la plus intéressante de la lune et qui est le point de départ de tout raisonnement à son sujet est la nouvelle lune. Ce jour là, cette dernière est exactement dans la direction du soleil, un peu au dessus ou en dessous. Elle suit exactement le mouvement de ce dernier du lever au coucher.  

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                 La nouvelle lune

A la nouvelle lune, cette dernière est parfaitement invisible et cela pour trois raisons dont l'une suffit: sa face éclairée est tournée vers le soleil, elle ne peut se détacher sur le ciel bleu (contrairement à la figure), sans compter que le soleil nous éblouit. Dans les calendriers, c'est la lune noire.

Il est essentiel de noter que l'écart entre la lune et le soleil est variable, pouvant atteindre  5° (tout de même 10 diamètres!)

Le temps qui s'écoule entre deux nouvelles lunes est le mois ou plus précisément la lunaisonCette lunaison vaut en moyenne  29 1/2 jours.

La lunaison n'est en fait qu'une apparence car en réalité la lune fait le tour de la terre en 27 1/3 jours comme on peut s'en rendre compte en observant son retour périodique en face d'une étoile. Cette différence est dû au fait que le soleil, à cause de son mouvement autour de la terre; se déplace par rapport aux étoiles. Ce mois, le mois sidéral, n'intéresse que les astronomes.     

 La lune croît et décroît

La lune, on s’en serait douté, est dite croissante entre la nouvelle lune et la pleine lune; décroissante entre la pleine lune et la nouvelle lune. 

 La lune monte et descend

Bien entendu, pendant une journée ou une nuit, la lune monte et descend dans le ciel, comme le soleil, mais il ne s’agit pas du tout de cela.

Nous avons remarqué qu'à la nouvelle lune cette dernière est un peu au dessous ou au dessus du soleil. Ceci est dû au fait que l’orbite de la lune autour de la terre est légèrement inclinée par rapport à celle de la terre autour du soleil. Il en résulte que, dans le ciel, la route de la lune oscille en un mois autour de celle du soleil. Tantôt la lune est montante, tantôt elle est descendante  par rapport à cette route qu’elle croise deux fois par mois. Ces endroits sont appelés « nœuds de la lune».   

Bien entendu si, vu d’un certain endroit de la terre, le soleil se présente à un de ces nœuds, il y a éclipse (de soleil évidemment). En pensant aux nœuds, les anciens parlaient de la tête et de la queue d’un dragon qui, tapis à cet endroit, essayait de dévorer le soleil.

 La lune se rapproche et s’éloigne  

Il faut aussi noter que la trajectoire de la lune autour de la terre est un cercle très légèrement aplati. Au cours d’un mois, par deux fois, la lune se rapproche (périgée) et s’éloigne (apogée) de la terre. L’écart de distance est très variable et de l’ordre de 10 % en moyenne.

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LES FEMMES ONT DES REGLES TOUS LES MOIS

Les règles des femmes se nomment menstrues, allusion au cycle de la lune ou à la période d'un mois. La durée de ces règles  peu fluctuer en occident entre 20 et 45 jours. Pour 1/3 des femmes, elle correspond à 28 jours mais ce nombre n'a rien d'universel. En effet, aux Indes du Sud cette période moyenne est plus proche de 31 ou même de 32 jours. Cette relative concordance avec le cycle de la lune reste totalement inexpliquée car il est impossible de comparer les menstrues à celles d’autres êtres vivants, excepté les primates dont les menstrues sont en moyenne de 35 à 45 jours.

Bien entendu l’apparition des règles ne correspond nullement aux phases de la lune, comme toute femme peut le constater.      

LES FEMMES ACCOUCHENT APRES NEUF MOIS LUNAIRES.

 On considère actuellement que la durée de la grossesse pour un enfant né à terme est compris entre 259 et 294 jours (37 à 42 semaines). Autrefois, la coutume était de compter 9 mois « lunaires » de 28 jours. On voit que ce décompte (252 jours) est fort inexact; la moyenne correspond bien mieux à 9 lunaisons (265,5 jours).  

Parler de mois « lunaire » n’a aucun sens car tous les mois sont d’origine lunaire. Dans les calendriers juifs et musulmans, on essaye de se rapprocher au mieux de la lunaison  en utilisant des mois alternés de 29 et 30 jours, quitte à faire des corrections. Notre calendrier officiel occidental résulte plutôt du souci de diviser le mouvement apparent du soleil (365,25… jours) en un nombre entier de jours, d’où nos 12 mois « calendrier » alternés de 30 et 31 jours, avec une correction de un jour tous les quatre ans.

Le mois de 28 jours, que personne n'observe dans le ciel et qui est si l'on veut le "vrai" mois lunaire a par contre l’avantage de comporter un nombre de jours constant (4 semaines de 7 jours). Il est de plus en plus utilisé. 

LA PLEINE LUNE: GRANDE ACCOUCHEUSE   

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Le principe de similitude associe clairement la pleine lune à la date de l’accouchement (la femme est « pleine » en même temps que la lune). Ces croyances persistant à notre époque, il n’est pas inutile de s’y attarder d’autant plus que leur réfutation est aisée.

Une amie sage-femme m’a affirmé que les jours de pleine lune, le personnel de sa clinique était débordé! Ce genre de propos est effectivement souvent présent parmi le personnel qui accompagne les accouchements en milieu hospitalier (médecins, sage-femmes, infirmières).

Cet argument d’autorité est fallacieux car ce personnel n’a aucune compétence particulière en ce domaine. En effet, la vérification consiste simplement à comparer le moment de la pleine lune (connu à la seconde près) au moment de l’accouchement (noté à une heure près ou mieux dans des registres parfaitement officiels et consultables).

Autrefois, les femmes accouchaient chez elles. Le moment de la pleine lune était clairement indiqué dans tous les almanach, mais aucune statistique sérieuse sur les dates réelles d’accouchement n’était possible. Étant donné l’évolution actuelle de l’obstétrique (césariennes, accouchements provoqués, horaires influencés par les heures de repos et de congés), de très faibles influences de la lune n’ont en fait aucune chance d’être repérées.

En tout cas, depuis environ 1830, date des premiers relevés fiables, jamais aucune des nombreuses études faites sur le sujet n’a décelé le moindre rapport entre la date de l’accouchement et les phases de la lune. Une étude française, très complète car portant sur près de 6 millions de naissances entre 1968 et 1974, n’a montré que des différences infimes ne dépassant pas le quart de pour cent. Nous sommes bien loin des sage-femmes soit-disant «débordées ».

Une étude simple sur la fréquence au cours d'un mois (cycle synodique) des vélages des vaches et les accouchements donne un résultat édifiant. On remarque le 14 ième jour (pleine lune) une augmentation (non significative statistiquement) des vélages et une légère diminution du nombre d'accouchements.

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  http://theses.vet-alfort.fr/telecharger.php?id=684

 

LES LUNATIQUES

Que quelqu’un qui croit dur comme fer à l’influence de la pleine lune, consulte son almanach et ait du mal à s’endormir cette nuit là, on le croit volontiers. Par contre, contrairement au témoignage de Dracula et de certains pompiers et policiers, les études sur l’influence de la lune sur les personnes disons "fragiles" n’ont donné que des résultats comparables à celui des accouchements. 

Pour les effets de la lune : http://faculty.washington.edu/chudler/moon.html 

Pour une belle étude sur le sujet: http://theses.vet-alfort.fr/telecharger.php?id=684 

  et http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0960982213007549

 

LE TEMPS CHANGE AVEC LA LUNE

Il est bon de se souvenir que si la lune influençait le temps, ce serait vrai simultanément pour toute la terre.    

Les immenses statistiques concernent la météorologie n’ont jamais révélé la moindre coïncidence avec la position de la lune, excepté évidemment celle due indirectement aux marées.

Je suis charmé de vous voir réunis autour de moi » disait un jour Louis XIV recevant une délégation d’astronomes « car vous allez m’expliquer nettement ce que c’est que la lune rousse et son mode d’action sur les récoltes ». La réponse qu’il reçut avait de quoi le satisfaire mais, trois siècles plus tard, l’information n’est pas encore parvenue à tout le monde.

En fait, dans nos pays, on dénomme généralement « lune rousse » la pleine lune apparaissant après Pâques. L’on prétendait que les jeunes bourgeons exposés la nuit à sa lumière avaient tendance à geler puis à roussir, même si la température était supérieure à zéro degrés. Il s’agit effectivement d’un abaissement de la température nocturne à une époque critique, particulièrement lorsque le ciel est pur et par conséquent lorsque la lune est bien visible. La suggestion est telle que certains trouvent alors à la lune un petit air rougeâtre, ce qui est vrai pendant …une éclipse de lune.

Il faut savoir que la surface de la lune, d’une couleur semblable à celle de l’ardoise, ne réfléchit que 7% environ de la lumière solaire qu’elle reçoit. Étant donné son éloignement, la lumière que nous recevons de la pleine lune ne représente qu’un demi-millionième de celle du soleil. Cette pleine lune peut sembler fort lumineuse mais il s’agit d’une illusion d’optique due à l’extrême sensibilité de la rétine aux faibles éclairements.

Souvenons nous que quelle que soient ses phases, lorsque la lune est présente dans le ciel, le disque qu'elle présente est toujours le même, seul change son éclairement et cela par un simple effet de perspective. Vue au télescope, la partie non éclairée par le soleil l'est faiblement par la terre; ce que les astronomes nomment "lumière cendrée".

 

JARDINER AVEC LA LUNE

 « Le bon peuple direz-vous tient à ses habitudes et à ses traditions. Rien de plus vrai, mais n’oublions pas qu’ici la « tradition » lui a été imposée durant des siècles par le clergé, qui la consigna dans ses livres liturgiques et ne manqua pas de s’en faire écho auprès de ses ouailles; par les médecins qui coiffèrent longtemps le chapeau pointu des astrologues, par les propriétaires terriens ou leurs intendants, qui répétèrent à leurs fermiers tous les dits des agronomes de l’antiquité, enfin par les librairies, dont les almanachs enfoncèrent la tradition si avant dans la tête du peuple qu’elle est encore vivante dans des milliers de cervelles.»  

Ces propos écrits en 1937 sont toujours d’actualité. On voit en effet fleurir de nos jours parmi les nombreux bêtisiers qui ornent les gondoles des supermarchés des conseils « éclairés » concernant le jardinage.

Nos jardiniers apprentis astrologues, attachent beaucoup d’importance aux phases de la lune et à la lune qui monte et qui descend sans se rapprocher nettement de la terre, comme nous l’avons vu.

En vertu du principe de similitude, lorsque la lune est « ascendante », la sève monte et il faut s’occuper de ce qui est « aérien » dans la plante: récolte des fleurs, des feuilles et des fruits, semis, taille des arbres et arbustes. Bien entendu, lorsque la lune est descendante, la sève descend et les soins doivent se porter sur ce qui se trouve sous la terre, à savoir les racines: plantations, transplantations, rempotages.

Il faut se méfier, dit-on, de l’époque des nœuds de la lune et éviter les travaux à ce moment car, étant « neutres », ils pourraient être néfastes (principe de précaution..). Nous n’inventons rien: “ Très important. Avez-vous déjà semé des graines qui semblent méditer des jours, voire des semaines avant de parfois germer ? Vous pouvez raisonnablement suspecter d'avoir agi sous l'influence d'un noeud!” Les mêmes propos sont d’application au voisinage de l’apogée et du perigée .

La pire erreur consisterait à croire que ces conseils sont basés sur une expérience réelle. Le cultivateur et le viticulteur ont peu tendance à expérimenter, surtout quand leur revenu de l’année en dépend; on le comprend fort bien.

Par contre, autrefois, lorsque la majorité des gens était analphabètes, ce qui était écrit dans un livre était digne de respect. A la veillée, en l’absence de TV, celui qui savait lire en déversait le contenu dans la tête des membres de la famille et des voisins. Indépendamment des astrologues, ces idées venaient de véritables savants qui, sur la foi de témoignages peu nombreux et mal vérifiés, admettaient les traditions sans beaucoup d’esprit critique et se contentaient d’en donner des explications physiques plus ou moins plausibles. Ils rendirent ainsi un fort mauvais service à ceux qui se fièrent à eux.

Pour l’imprégnation des esprits, les plus néfastes des ouvrages circulant dans les campagnes étaient les almanachs. En France, le plus ancien et le plus célèbre fut L’agriculture et maison rustique de Charles Estienne, paru en 1654 et constamment réédité et traduit jusqu’en 1702. Une véritable mine d’or concernant l’influence des phases de la lune « sur les bêtes, herbes, plantes, fruits et autres choses contenues en ce monde inférieur: mais sera soigneux d’observer quelles puissances ont chacun jour de la lune, non seulement sur les bêtes et plantes, mais aussi sur la disposition et gouvernement de l’homme, pour s’en servir en cas de nécessité, en temps et lieu ».

Fort populaire également, l’almanach de Maître Mathieu Laensberg paru à Liège en 1636 et connu sous le titre de Liègeois ou Laensberg. Il fut réédité jusqu’à ce jour. L’almanach de Liège eut une concurrence suisse dans le Messager boîteux, publié à Bâle. On peut aussi citer l’Almanach du Bon Laboureur, celui des Bergers, le Dieu Soit Béni, certains tirés à plus de 100.000 exemplaires.

Nos guides de jardinage « avec la lune» que l'on trouve sur les gondoles des grandes surfaces sont directement dérivés de cette tradition. Pour plus de détails, voir:

http://www.snhf.org/images/stories/4_Les_publications_de_la_SNHF/jardiner_avec_la_lune_bd.pdf

  

 JARDINER AVEC LE ZODIAQUE

Il existe une mode de l’astrologie "des cocktails ": «  Je suis Scorpion, et vous ? Moi, je suis Vierge. Je m’en serais douté ! » etc.. Cette mode, dégradation extrême de l’astrologie ancienne, présente l’avantage incontestable de fournir un sujet de conversation qui rapproche les gens. Bien entendu, l’absurdité de ces propos est évidente pour qui s’intéresse un tant soit peu à la psychologie. Les publicistes tiennent compte de ces coutumes pour l’attribution des billets de loterie; cela n’engage à rien.

Dans la foulée, les défenseurs des influences astrales indiquent dans leurs almanachs des correspondances entre les travaux de jardinage et les signes du zodiaque, autrement dit le passage du soleil devant un des douze signes inventés par les anciens.

  Jardiner avec la lune semaine du 27 janvier au 2 fevrier 2014 

Un de leurs problèmes est le suivant. Du temps des Babyloniens qui l’ont imaginé, le zodiaque commençait dans la constellation du Bélier car telle était effectivement la position du soleil à l’équinoxe de printemps. La terre ayant une fâcheuse tendance à osciller très lentement autour de son axe comme une toupie, cette position se trouve de nos jours dans la case précédente du zodiaque, à savoir celle des Poissons. Il faut donc choisir: le vieux ou le nouveau zodiaque !

De plus, les signes du zodiaque ne sont que des cases tracées dans le ciel et vaguement centrées sur les constellations du même nom. Depuis longtemps, ces constellations sont déterminées arbitrairement par les astronomes et les constellations du zodiaque ont des formes et des dimensions fort différentes les unes des autres. Certains des almanachs du genre « jardiner avec la lune » utilisent les limites modernes, ce qui constitue le sommet de cette aberration.

En souvenir des quatre éléments des anciens philosophes grecs, il existerait des jours favorisant soit les fleurs, soit les racines, soit le feuillage, soit les fruits. On les obtient aisément en découpant le zodiaque en quatre morceaux de trois signes.

Citons cette littérature: "Les études biodynamiques attestent que quand la lune est dans une constellation 'air'' c'est une période de floraison intense, ''terre'' ce sont les racines qui poussent principalement, ''eau'' la force vitale est concentrée dans la tige et le feuillage, ''feu'' il y a fructification, les fruits sont favorisés ou apparaissent".

Le principe de similitude dans toute sa pureté.

 www.graines-et-plantes.com/index.php?Page=Calendrier-lunaire&lune=plantes  

 

LA BIODYNAMIQUE

Pour en finir avec le principe de similitude, il peut être intéressant de considérer certains des aspects les plus délirants de l’agriculture et de la viticulture dite « biologique».

Il tombe sous le sens qu’il faut cultiver la vigne, comme toute autre plante d’ailleurs, en utilisant le minimum de traitements et de produits chimiques. Les viticulteurs « bio » n’utilisent en principe que des produits traditionnels comme la bouillie bordelaise, mais on peut se demander ce que le sulfate de cuivre et le carbonate de calcium obtenus par l'industrie ont de plus biologique que le glyphosate ou le diuron. Soit.

L’on constate malheureusement dans certains cas un glissement vers des théories ésotérique dans lesquelles dominent non des préoccupations sanitaires mais le principe de similitude (homéopathie, astrologie). Cette attitude est évidemment commerciale quoiqu’une certaine sincérité ne soit pas à exclure. 

Dans ce mode de pensée, le philosophe autrichien Rudolf Steiner (1861-1925), créa en son temps «l’anthroposophie ». Dans les pratiques agricoles dérivant de cette philosophie, Steiner mettait en garde dans les années 20 contre l’excès d’engrais qui peut « tuer la terre, organisme vivant ». Il conseille l’emploi de compost préparé avec certaines substances végétales susceptibles de jouer un rôle de « bio-catalyseur ». Ces idées furent surtout répandues en Europe du Nord par un certain E. Pfeiffer au moment de la grande crise de 1929. Après la guerre 40-45, un certain nombre de fermes appliquant ces principes se créent dans ces régions. Il est à la mode aux États-Unis et tend à s’insinuer en Europe.   

Voir:http://science.howstuffworks.com/environmental/green-science/biodynamic-viticulture.htm     

LA LUNE SYMBOLIQUE 

 Pour les juifs, la fête de Pâques, ancienne fête de l’équinoxe de printemps, fut fixée par Moïse à la pleine lune qui suit l’équinoxe de printemps: « Au premier mois, le quatorzième jour du mois [pleine lune] sur le soir, c’est la Pâque du Seigneur ». Lévitique.XXIII.5.   

C’est cette même date de Pâques qui fut reprise par les chrétiens pour symboliser la résurrection de Jésus-Christ. Elle fut fixée, en se basant sur les évangiles, le lendemain du shabbat, donc le dimanche: « Jésus, étant ressuscité le matin du premier jour de la semaine, apparut d’abord à Marie de Magdala, de laquelle il avait chassé sept démons. » Evangile selon St. Marc.16.9.  

 La pâque chrétienne reste donc aujourd’hui fixée au premier dimanche après la pleine lune qui suit l’équinoxe de printemps.  

 Pour les musulmans, la lune détermine par contre l’ensemble du calendrier: « C’est lui qui a donné le soleil pour éclairer le monde, et la lune pour reflèter sa lumière, qui a déterminé les phases de celle–ci, afin que vous connaissiez le nombre des années et le comput ». Le Coran. Sourate X. Jonas. 5. Traduction Kasimirski. L’apparition au crépuscule du premier croissant de lune constatée par des témoins dignes de foi donne le début de chaque mois. Il y a bien entendu une différence de temps entre la nouvelle lune (la lune et le soleil sont dans la même direction) et la nouvelle lune « visible », qui n’a qu’une valeur rituelle.  

 On voit que dans les trois religions « du livre », la lune associée ou non au soleil, revêt une grande importance pour fixer les rites, mais il n’est jamais question d’une influence directe sur l’homme et la nature.   

 

LA PREUVE PAR LES MAREES

 Pour terminer ces considérations sur l’influence supposée de la lune, il faut bien dire un mot des marées. Que ces dernières soient causées par l’attraction de la lune sur l’eau des océans, cela ne fait aucun doute depuis bien longtemps. Le soleil, bien que fort éloigné, participe pour sa part, ce qui fait que les marées dépendent de la position respective de la lune et du soleil. Cette attraction complexe est maximum au moment de la nouvelle et de la pleine lune, particulièrement aux équinoxes et au périgée de la lune.

 Les adeptes des influences lunaires prétendent que ce qui vaut pour les océans s’applique logiquement à tout ce qui est essentiellement constitué d’eau, à savoir les plantes, les animaux, l’homme et bien entendu le liquide amniotiques. On reconnaîtra au passage l’éternel principe de similitude.

 L’on pourrait faire remarquer que les phénomènes d’attraction sont liés à la masse des objets concernés. Des lacs ou des mers fermées n’ont que des marées négligeables. Les marées de l’atmosphère sont quasi invérifiables car de l’ordre de millièmes de % de la pression atmosphérique. Les variations de la force de gravité exercée par la lune sur une personne ou sur un bébé dans le ventre de sa mère sont totalement indécelable au milieu des autres influences. Un médecin accoucheur exerce sur le bébé à naître une attraction des millions de fois supérieure à celle de la lune. 

 Est-il utile de poursuivre ?

                                                                           

                                                                  NOTES

Toaldo Vicentin. Essai météorologique sur la véritable influence des astres, des saisons et changements de temps. Édition française. Chambéry.1784.

P. Saintyves. L’astrologie populaire, étudiée spécialement dans les doctrines et traditions relatives à l’influence de la lune. Paris.1937.

P.Guillon, J.Lanzac et J.H.Soutoul. Journal de gynécologie, d’obstétrique et de biologie reproductive. 

Pour plus d’info, voir :www.pseudo-sciences.org/spip.php? article701

                                        

 

 

 

  

 

 

 

  

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